Institut des hautes études en développement et aménagement et des territoires en Europe




Accueil > Cycle de formation > Cycles 2007-2016 > Cycle 2015 > Mission d’étude / 30 mars-3 avril


Mission d’étude / 30 mars-3 avril

Italie


Florence / Bologne / Trévise

30 mars au 3 avril 2015

Au fil des étapes, ce voyage propose trois figures de la relation entre territoires, entreprises et marchés mondiaux. À Florence, nous verrons comment se joue la mondialisation des districts industriels par l’immigration, notamment chinoise. À Bologne, nous verrons comment la tradition coopérative se prolonge à travers un pôle de compétitivité issu du terrain. À Trévise et en Vénétie, nous verrons comment des grands groupes ont prospéré, sur le tissu districal, anticipant la division mondiale du travail. À chaque étape, se posera aussi la question politique : celle de l’intégration des entrepreneurs chinois à Florence, celle du renouveau de l’histoire coopérative à Bologne, celle de la revendication fédérale, voire autonomiste à Trévise. Entreprises et territoires, c’est toute une histoire !


Lundi 30 mars Institut Français de Florence - Piazza Ognissanti, 2

Gabi dei Ottati
Les districts dans la mondialisation

La performance des districts repose sur trois piliers : la spécialisation des entreprises dans un domaine d’activité qui permet de faire « masse » ; la logique de concurrence/coopération qui permet de construire des alliances compétitives ; la logique d’une communauté apprenante qui permet la diffusion de l’innovation. Mais le district repose sur l’observance d’un code districal, à la fois culture commune et éthique de conduite. Face à la concurrence croissante, les entreprises sont tentées de se soustraire à l’éthique districale. Cette culture entrepreneuriale est-elle suffisamment robuste pour résister à ces échappées ?


Emanuele Fabbri
Une politique régionale de soutien aux districts ?

Si les districts procèdent de l’imbrication des entreprises et des forces sociales et politiques territoriales, ils ne sont pas pour autant le produit de politiques publiques. Un district se constate, il ne se crée pas par la pure volonté politique. Quel peut-être alors le rôle spécifique des autorités publiques, et particulièrement de la région toscane : quelle valeur ajoutée, entre la liberté d’entreprendre et la planification économique ?


Stefano Giovannelli
La promotion du territoire et des entreprises toscanes

Un des points majeurs de la coopération entre les institutions publiques et les entreprises privées se situe sans doute dans la promotion du territoire et du Made in Italy (ou Made in Tuscany). Toscane Promozione assure cette fonction, à mettre en regard de celle qu’assument les agences de développement économique en France.


Mardi 31 mars Institut Français de Florence

Antonella Ceccagno,
Dongbo Wang

Immigration chinoise et districts : quels enjeux à Prato ?

Bastion de l’industrie textile, le district de Prato, dans la banlieue de Florence, est aujourd’hui connu pour le rôle économique de sa communauté chinoise, travaillant majoritairement dans l’industrie du « pronto moda ». Un dynamisme économique non sans conséquences pour le tissu local : médias et entrepreneurs locaux sont nombreux à s’interroger sur l’envers de ce fast fashion à l’italienne. Le nouveau Prato est-il une menace ou la promesse d’une renaissance pour le district textile ? Dongbo Wang, entrepreneur italo-chinois et Antonella Ceccagno, de l’université de Bologne, exposeront les différentes facettes de cette “énigme chinoise” (Becattini, 2001), de ses succès économiques comme de ses défis en termes d’intégration.


Discussion générale


Luigi Burroni
La troisième Italie : une question urbaine

La troisième Italie ne peut se comprendre sans une analyse proprement urbaine. La littérature sur les districts italiens insiste toujours sur la structuration du territoire autour d’une ville moyenne et de son umland productif. Qu’en est-il à l’heure d’une industrie mondialisée qui semble s’affranchir du territoire ?


Stefano Casini
Toscana 2020 : perspectives économiques

À l’issue de ces deux journées à Florence, un détour par les perspectives économiques de la Toscane s’impose. Région prospère ayant compris très tôt les ressources du marketing territorial, la Toscane se fait l’ambassadrice d’un « Made in Italy » qui séduit les investisseurs depuis de nombreuses années. Stefano Benvenuti Casini reviendra sur le rapport Toscana 2020 dans lequel il expose sa vision de l’avenir économique de la région.


Discussion générale


Mercredi 1er avril Area della Ricerca di Bologna

Du district au pôle de compétitivité : HI MECH et ASTER
Berceau de la Troisième Italie, l’Emilie Romagne se démarque aujourd’hui par le dynamisme de son district de la mécanique, Hi Mech. Fort d’une quinzaine de laboratoires de recherche et de centres d’innovation, Hi Mech s’affiche comme un leader national en matière de haute technologie. À travers Aster, il s’agira d’étudier la montée en compétences du tissu économique local par la recherche et l’innovation, garantes de son rayonnement international. La matinée sera consacrée à la visite d’Aster, entreprise porteuse du district créé conjointement par l’Etat, la Région Emilie-Romagne, l’Université et le Conseil national de la recherche italien. Ce pôle de compétitivité à l’italienne illustre la force du lien entre entreprises et territoire.


Leda Bologni
Des districts industriels aux clusters technologiques

Présentation du Réseau Haute Technologie et de la "Smart Specialization" en Emilie- Romagne


Jeudi 2 avril Montebelluna Sportsystem

Le district du Sportsystem

Le district spécialisé de la chaussure de sport, qui comprend 1766 entreprises avec un bassin d’environ 15000 emplois, fonde ses capacités d’innovation sur une dynamique très performante de sharing (partage) et learning (apprentissage) ainsi que sur une répartition des tâches et une décomposition du processus productif très avancées. La visite du Musée de la Chaussure de Sport en compagnie d’Antonio Lauro, son directeur, permettra de découvrir les racines du district dans l’histoire du territoire à partir de la Seconde guerre mondiale, quand le front italo-autrichien passait par Montebelluna, pour en parcourir les succès les plus importants tels que les brevets de la chaussure de ski et la Moonboot.


Après un mot d’accueil d’Antonio Lauro, Président de Technica Group, l’association et les activités Sportsystem seront présentées.


Visites du Musée de la Chaussure (3 groupes, 20 minutes par visite)


Andrea Tomat
Produit pensé, produit fabriqué ; des nouveaux paradigmes pour le district

Parmi les quelques 1700 entreprises du district de Montebelluna, la grande majorité emploie moins de 49 employés. Cela trace une ligne de séparation assez nette entre les entreprises qui sont restées depuis leur début « locales », et les grands noms qui, comme Lotto, ont emprunté depuis une vingtaine d’années la voie de la délocalisation pour garder sur place uniquement les activités de conception. Andrea Tomat, PDG de Lotto, reviendra avec nous sur l’histoire du groupe et sur ses perspectives économiques.


Antonio Lauro
Visite des locaux de Tecnica Group

Le groupe Tecnica rassemble certaines des marques parmi les plus connues dans le domaine des sports de montagne. En qualité de directeur des activités industrielles, Antonio Lauro nous accompagnera une nouvelle fois durant la visite du centre de recherche du groupe, qui a choisi de garder sa production sur site.


Vendredi 3 avril Chambre de Commerce de Trévise


De l’entreprise au territoire : quels liens politiques ?

Organisée conjointement avec la Fondazione Nord Est, la matinée permettra de mieux comprendre la dimension politique et sociale des liens des entreprises et du territoire en Vénétie, à la veille d’élections régionales.


Stefano Micelli
Existe-t-il un modèle Vénète d’entreprise ?

Les entreprises vénètes témoignent d’une identité particulière, qui engendre un modèle économique particulier. Décodage des fondamentaux sociaux, culturels et politiques par le président de la Fondazione Nord-Est.


Francesco Jori
La Vénétie : situation sociale et politique

Le dynamisme de l’économie vénète s’accompagne de revendications particularistes, voire autonomistes, en tension avec l’État italien. Quelles sont les bases sociales et économiques de cette demande de fédéralisme ?


Témoignages d’entrepreneurs

Roberto Zuccato, président des industriels de la région, insistera sur la singularité de l’entreprenariat vénitien. Dans une époque de profonds changements du paysage politique italien, il évoquera le succès du discours fédéraliste de la Ligue du Nord (la Lega Nord) auprès des entrepreneurs dans les années 80 et ce que réclame aujourd’hui le patronat face au pouvoir central. Enfin, Alessandro Vardanega, président d’Unindustria Treviso, parlera de l’apparente contradiction entre le localisme croissant et le rôle de plus en plus important de l’internationalisation du "Made in Veneto".


Débat général
En présence de M. Tomat, PDG de Lotto


Bilan du voyage
Giuseppe Bettoni animera en français une séance conclusive qui sera l’occasion d’un échange avec la promotion de l‘IHEDATE. La discussion tentera d’apporter des réponses aux interrogations suscitées par les conférences et les visites de la semaine.


Débriefing général

Les intervenants

Professeure associée à l’università degli studi de Florence (département d’économie et d’affaires), Gabi dei Ottati a publié un grand nombre d’articles et d’ouvrages sur les districts, les impacts de la mondialisation sur le tissu industriel italien et le développement local toscan, entre autres « From Industrial district to local development : an itinerary of research » en collaboration avec M. Bellandi, F. Sforzi et G. Becattini (2003).

Emanuele Fabbri travaille au sein du secteur « Recherche industrielle, innovation et transfert technologique » de la région Toscane.

Stefano Giovannelli est directeur de l’agence publique Toscana Promozione depuis 2001. De 1994 à 2009, il a été en poste au sein de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel. Il a enseigné à la Faculté d’économie de l’université Ferrara de 2001 à 2008.

Antonella Ceccagno est professeure associée au département de langues, lettres et cultures modernes à l’université de Bologne et spécialiste de l’Asie orientale. Elle est l’auteure de nombreuses publications sur la communauté chinoise de Prato et sur le fait migratoire chinois en Italie.

Dongbo Wang
est ingénieur de formation, diplômé de l’université Beida de Pékin et responsable régional d’AssoCina, réseau d’entrepreneurs italo-chinois.

Luigi Burroni est professeur associé au département de sciences politiques et sociales à l’università degli studi de Florence. Ses recherches portent sur la gouvernance territoriale et le développement local en Italie. Il est notamment l’auteur avec L. Ramella et F. Piselli de Governare Città (Donzelli, 2012).

Stefano Benvenuti Casini est le directeur de l’Institut régional pour la programmation économique de la Toscane (IRPET), après y avoir travaillé près de trente ans comme chercheur et directeur de recherches en économie régionale et des structures productives. Il a enseigné l’économie macro-économique à l’université de Pise et il est l’auteur du rapport Toscana 2020 paru en 2014.

Leda Bologni
est responsable du Réseau de Haute Technologie et des plateformes de technologie régionale à ASTER. Valeria Bandini a en charge la gestion des informations et opportunités de développement et Lucie Sanchez est chef de projet.

Maria Cristina Gherpelli est présidente directrice générale de la Srl Ghepi.

Marco Bianconi est responsable scientifique du laboratoire de recherche industrielle et de transfert de haute technologie du Réseau de l’Emilie-Romagne.

Andrea Tomat, président directeur général de Lotto, est le principal acteur de la relance de l’image de Lotto, à travers des collaborations avec des athlètes de renommée internationale. En 1999, il est le chef du comité d’entrepreneurs locaux qui rachètent la marque. Il a été président du think tank italien Fondazione Nord Est et représente l’Italie au sein de la Chambre de commerce internationale.

Antonio Lauro est directeur du Group Tecnica, et président de la fondation du musée de la chaussure.

Stefano Micelli est professeur d’économie et de gestion à l’université Ca’ Foscari de Venise et directeur scientifique de Fondazione Nord Est. Il est spécialiste des Petites et Moyennes entreprises et des districts industriels.

Francesco Jori est journaliste pour le groupe Repubblica-L’Espresso et professeur de communication à l’université de Padova. Il est notamment l’auteur de Prigioneri del Nord Est (2005), Dalla Liga alla Lega (2009) et Il Sud del Nord : Il Triveneto 1866-1922 (2012).

Roberto Zuccato est président de Confindustria Vénétie (union des industriels de la région). Il est également entrepreneur dans le secteur immobilier et assume la fonction de conseiller auprès de la Fondazione Nord Est.

Issu du milieu du bâtiment, Alessandro Vardanega a été pendant longtemps président de Unindustria Treviso qui regroupe les Chambres de commerce de la région. Il s’est notamment distingué pour avoir entretenu de bonnes relations avec les syndicats lors de sa mandature.

Giuseppe Bettoni est professeur de géographie politique à l’université Tor Vergata de Rome et à l’Ecole supérieure de l’économie et des finances (SSEF). En parallèle à ses activités de consultant (pour le Conseil de l’Europe), Giuseppe Bettoni conduit depuis de nombreuses années des travaux portant sur le développement territorial, tant en Italie qu’à l’étranger.