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Session 2 / 11 - 12 février / Paris

Les nouvelles figures du système productif

Coordination scientifique : Pierre Veltz  

Jeudi 11 & vendredi 12 février 2016
Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie - UIMM
56 avenue de Wagram, 75017 Paris
M° Ternes ligne 2 ou Charles de Gaulle Etoile RER A, lignes 1,6

Les nouvelles figures du système productif
Ces deux jours de session abordent trois dimensions des nouvelles figures du système productif et des relations entreprises et territoires. Un premier temps consacré à une lecture globale des évolutions, pour planter le décor : qu’est-ce que la mondialisation et comment fonctionne le système productif aujourd’hui, quelles sont les hypothèses d’évolution ? Un deuxième temps consacré, sous forme de débat, à l’évolution des relations et de la démocratie sociale au sein des entreprises : évolution du droit du travail, multiplication des formes d’implication des salariés, présence des collectivités territoriales, mais aussi nouvelles exigences et quête du sens du travail. Un troisième temps consacré à trois récit d’entreprises, chacun reflétant une dimension de la relation au territoire : un groupe coopératif dans une ville sinistrée, une coopérative d’activités dans la métropole parisienne, une entreprise industrielle performante dans un vieux bassin industriel. La dernière partie de la session sera consacrée à une réflexion collective à partir des apports des intervenants.

Jeudi 11 février
Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie - 56, avenue de Wagram – 75017 Paris


9 :15 – 10 :00
Jean-Pierre Fine  

Les entreprises industrielles, les territoires et l’UIMM

L’industrie très présente dans les territoires, est diverse, composée de grands groupes, d’ETI et de nombreuses PMI, donc l’activité est souvent interdépendante. Elle a devant elle de nombreux défis à relever : la mondialisation des échanges, la transition numérique, l’amélioration de l’attractivité des métiers industriels, l’enjeu des compétences, la transformation de l’environnement social qui doit être un atout et non un frein. Nouvelles organisations productives, nouvelles formes de dialogue social, quel est le rôle et l’action de l’UIMM dans ces transformations ?


10 :00 – 11 :15
Antoine Frémont  
La mondialisation passe par la mer

Notre économie est très matérielle. Nous n’avons jamais autant échangé de marchandises. Les ports et leurs réseaux jouent un rôle déterminant dans l’organisation du système productif et la structuration des territoires. Les métropoles sont, de plus en plus, des nœuds de communication et d’échanges, façonnés par leurs ports et/ou leurs aéroports. Ce qui soulève deux questions : comment se négocient la double insertion des grandes portes d’entrées, à la fois dans les réseaux mondiaux et dans les territoires ? Les États ont-ils encore un rôle à jouer entre les opérateurs de flux mondialisés et les métropoles portuaires et aéroportuaires ?


11 :30 – 12 :45
Pierre Veltz  
La société hyper industrielle et ses territoires

Naguère, nous pensions évoluer vers un monde tertiaire et immatériel, dans lequel l’industrie n’occuperait qu’une place marginale. Et si c’était l’inverse ? En effet, les modes d’organisation et de production industrielle ont peu à peu conquis tous les domaines de l’activité humaine. La vieille distinction services/industrie est devenue caduque. Comment ce monde « hyper industriel » fonctionne-t-il et quelles en sont les incidences territoriales ?


14 :15 – 16 :30
Clara Deletraz  , Denis Boissard  , Danièle Kaisergruber, Laurent Tertrais  
Démocratie sociale, entreprises et territoires

Plusieurs rapports (Combrexelle, Terra Nova et Institut Montaigne) sont récemment venus questionner la place du législateur dans la régulation des rapports de travail, en préconisant de privilégier une régulation par une démocratie sociale au plus près du terrain : la négociation sociale dans l’entreprise, et, à défaut, dans la branche. Des responsables politiques de premier plan, y compris au sein du gouvernement, préconisent même le recours au référendum – forme ultime de la démocratie – en cas de blocage de la négociation dans l’entreprise. Au-delà, quelle place accorder au dialogue social territorial ? Et quelle régulation des rapports de travail face à la transition numérique de l’économie et au développement du travail indépendant ?


16 :45 -17 :15

Martin Lanoux, Benjamin Muselet, Manon Rivet, Léna Saffon
Présentation de la mission d’études aux Pays-Bas

Les contraintes du territoire peuvent-elle fonder un consensus démocratique ?


Vendredi 12 février
Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie
56, avenue de Wagram – 75017 Paris


9 :15 – 10 :15

Christophe Chevalier  
Coopération économique et développement territorial

L’économie sociale et solidaire est-elle un levier de développement territorial ? Au moment où l’on ne parle que de compétitivité et d’innovation, les acteurs ancrés dans des territoires disposent-ils des ressources (humaines, financières, techniques et organisationnelles) pour conduire des stratégies de développement ? Illustration à partir de l’histoire du groupe Archer, à Romans dans la Drôme.

>> La vidéo de l’intervention de Christophe Chevalier


10 :30-11 :30
Stéphane Veyer  
Coopaname : enjeux territoriaux des nouvelles formes de travail

Dans les très grandes villes, la part des salariés dans l’emploi recule au profit des indépendants. Fruit d’un désir d’autonomie et de mutations dans l’organisation du travail, cette évolution permet certes une émancipation des individus, mais s’accompagne aussi d’une précarité croissante. Peut-on concilier l’indépendance et la sécurité ? C’est le pari de Coopaname, mutuelle de travail.

>> La vidéo de l’intervention de Stéphane Veyer


11 :30-12 :30
Georges Jobard  
Clextral, un champion caché ?

Il existe, en France, de nombreuses PME et ETI industrielles, bien implantées dans leur territoire, qui se développent grâce à l’innovation et à l’exportation, tout en pratiquant des relations sociales constructives avec leurs salariés. C’est le cas de l’entreprise Clextral, implantée à Firminy dans la Loire, leader mondial de l’extrusion bivis, utilisée pour produire des matières plastiques, des produits alimentaires ou de la pâte à papier. Récit par son dirigeant fraîchement retraité.


14:00-16 :30
Discussion générale

Les auditeurs sont invités à réfléchir, en petit groupe, à partir de trois questions :
- L’approche territoriale du dialogue social vous paraît-elle une évolution souhaitable ?
- Comment intégrer la démocratie sociale dans les stratégies économiques des nouvelles régions ?
- Quelle politique d’aménagement et de développement territorial face aux demandes d’autonomie et à la multiplication des travailleurs indépendants ?
Chaque groupe fait un rapport en séance plénière (10’), suivi d’une discussion générale.


Les intervenants

Jean-Pierre Fine  , 53 ans, occupe depuis 2006 la fonction de Secrétaire général de l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM). Diplômé d’Economie appliquée (1984, Paris IX Dauphine) et de Ressources humaines (1987, Toulouse), Jean-Pierre Fine   entre dès 1986 à l’UIMM comme responsable de la communication et des études économiques et sociales. En 1994, Jean-Pierre Fine   devient Secrétaire général de l’Association pour l’Emploi des Cadres (APEC). Il définit et met en place une nouvelle stratégie d’action en renouvelant l’offre de services proposés aux entreprises et aux cadres. C’est en janvier 2006 que Jean-Pierre Fine   retrouve l’UIMM dont il devient le secrétaire général. Il est alors chargé des relations avec les pouvoirs publics et les partenaires sociaux, et représente l’UIMM auprès des instances patronales et paritaires interprofessionnelles. Après le changement de direction survenu en 2007, il participe activement à la réorganisation de l’institution. Il impulsera notamment une réforme du fonctionnement de l’UIMM, et la mise en place d’initiatives de long terme au service des entreprises de la branche. Il anime au quotidien les services de l’UIMM et son réseau de terrain.


Pierre Veltz   est ingénieur des Ponts et Chaussées et docteur en sociologie, ancien directeur de l’ENPC et de l’IHEDATE. Il a enseigné à l’École des Ponts et à Sciences Po. Après avoir dirigé la mission région capitale auprès du Secrétariat d’Etat à la région capitale, il a été de 2010 à 2015 président directeur général de l’Etablissement public de Paris-Saclay, en charge de concevoir et de mettre en œuvre le projet de cluster. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur les rapports entre système productif et territoires. Dernières publications : Petite ensaclaypédie, La Découverte, 2015 -L’industrie notre avenir ( co dir T Weil) Eyrolles 2015- Paris, France, Monde. Repenser l’économie par le territoire, Éditions de l’aube, 2012 - Mondialisation, villes et territoires, une économie d’archipel, PUF 1996 (rééd. 2014) - La grande transition, Editions du Seuil, 2008 - Le nouveau monde industriel, Gallimard, 2000 (rééd. 2008) Pierre Veltz   est président du conseil scientifique de l’Ihedate.


Antoine Frémont   est géographe. Il a été chargé de mission à RFF et assure désormais la direction scientifique adjointe à l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTAR). Ses travaux de recherche porte sur l’industrie du transport maritime en lien avec la mondialisation. Derniers ouvrages parus : « Le transport maritime à la croisée des enjeux économiques et environnementaux », in Pierre Jacquet, Rajendra Kumar Pachauri, Laurence Tubiana (Editeurs), Océans, la nouvelle frontière, Rapport annuel sur le développement durable, Paris, Armand Colin, 2011. « L’avenir des ports maritimes », Futuribles, n°358, décembre 2008 ; « Le Havre, l’axe Paris-Seine et les routes maritimes mondiales », Esprit, La mondialisation par la mer, Juin 2013.


Danielle Kaisergruber   est normalienne et diplômée de l’École des hautes études en sciences sociales. Après une carrière dans la fonction publique, elle a rejoint le groupe Bernard Brunhes consultants comme directeur des études, puis directeur général adjoint, et enfin présidente du directoire. Aujourd’hui directrice de DKRC et expert auprès de la Commission européenne, elle poursuit une activité de conseil en organisation et management, restructuration, développement territorial auprès de groupes industriels, financiers et de services, de départements ministériels ou de collectivités territoriales et réalise des enquêtes et études, notamment pour la Commission européenne. Elle préside le Conseil national de la formation professionnelle tout au long de la vie (CNFPTLV).


Denis Boissard   est titulaire d’un DEA de droit social. Il a commencé en 1982 comme journaliste à « Liaisons sociales ». Devenu en 1991 responsable de rubrique au Nouvel Économiste, il est nommé en 1996 rédacteur en chef adjoint, chargé de la politique et de l’économie. Appelé en 1997 en tant que rédacteur en chef de « Liaisons sociales », il a assuré également la responsabilité de titres de presse professionnelle de Wolters Kluwer France. Il entre à l’UIMM en 2009 comme directeur de projets et développe deux fondations, l’une consacrée au renforcement des liens entre industrie et enseignement supérieur, l’autre destinée à favoriser l’emploi et la formation des adultes et des jeunes sans qualification.


Laurent Tertrais   est ancien élève de l’IEP de Strasbourg (1992) et titulaire d’une maîtrise de sciences politiques (1998). Il est membre du conseil scientifique de l’Observatoire des Cadres. Il a été chargé d’études au service d’information du gouvernement, journaliste social à la CFTC, chargé de la communication à la CFDT Cadres. Il a publié La Promesse syndicale, Michalon, 2012.


Diplômée d’école de commerce, Clara Deletraz   s’est impliquée dans le projet du grand Paris, notamment à l’établissement public de Paris Saclay où elle a été chargée de mission. Elle devient directrice adjointe de la French Tech puis crée Switch Collective écosystème, composé de programmes et de services de réorientation professionnelle, permettant aux personnes en quête de sens, de découvrir et s’engager dans une voie professionnelle qui leur est propre.


Educateur et titulaire d’une maîtrise de gestion, Christophe Chevalier   rejoint dès sa création l’association intermédiaire « Archer » située à Romans dans la Drôme, dont il se voit proposer la direction en 1991. Sa stratégie : adjoindre à des activités d’insertion une action de développement économique en s’appuyant sur les savoirs-faire de ce bassin industriel. Archer intervient pour reprendre des entreprises, propose des relocalisations aux industriels locaux, se lance dans la fabrication de chaussures et transforme son siège social en Pôle territorial de coopération économique, regroupant une vingtaine d’acteurs économiques, politiques et sociaux. Le groupe Archer rassemble 82 actionnaires et salarie plus de 310 équivalents temps plein à travers ses diverses activités.


Stéphane Veyer   est diplômé de droit et de sciences politiques. Il vient du monde des études et des sondages. Après quelques années passées chez McKinsey&Company, il a rejoint Coopaname à sa création pour y pratiquer l’activité d’aiguiseur de plumes. Il est depuis l’une des chevilles ouvrières de cette coopérative de travail originale, qui rassemble 600 personnes.


Ingénieur de SUPAERO‚ Georges Jobard   dirige Clextral depuis 1993‚ après une carrière industrielle dans le nucléaire. Conseiller du commerce extérieur‚ puis vice-président de la Fédération des Industries Mécaniques‚ il préside depuis 2010 le Fonds pour l’innovation dans l’industrie (F2I).


Éléments de bibliographie

Pierre Veltz  
http://www.scienceshumaines.com/une-economie-d-archipel-entretien-avec-pierre-veltz_fr_14286.html
http://www.latribune.fr/blogs/la-tribune-du-grand-paris/20140328trib000822511/le-potentiel-de-recherche-de-l-ile-de-france-est-aussi-important-que-celui-de-la-silicon-valley-pierre-veltz.html

Antoine Frémont  
http://www.cairn.info/publications-de-Fr%C3%A9mont-Antoine—2885.htm