Institut des hautes études en développement et aménagement et des territoires en Europe




Accueil > Cycle de formation > Cycles 2007-2016 > Cycle 2012 > Séminaires Banlieues, villes, territoires > 21-22 juin 2012 Les politiques urbaines en France et ailleurs


21-22 juin 2012 Les politiques urbaines en France et ailleurs

Les politiques urbaines en France et ailleurs

Coordination scientifique

Thomas Kirszbaum  

Jeudi 21 et vendredi 22 juin 2012
Comité Interministériel des Villes


Jeudi 21 juin

Comité interministériel des villes
Auditorium
Carrefour Pleyel
5, Rue Pleyel – 93 283 Saint Denis cedex
Métro Carrefour Pleyel (ligne 13)

Regards comparés sur la politique de la ville

De nombreux pays en Europe et en Amérique du Nord ont mis en place des politiques en faveur des zones urbaines défavorisées. Les convergences et les divergences sont-elles le reflet des cultures nationales ou de situations différentes ? Les objectifs, les acteurs et les modes d’action des politiques sont-ils de même nature ? Quels bilans et évaluations des politiques menées dans différents pays ?

9:00 - Accueil

9:30 – 09:45 - Thomas Kirszbaum  

Introduction au séminaire


09 :45 – 11 :00 -Brigitte Guigou et Anne Claire Davy

La ségrégation socio-spatiale en Île-de-France et dans quatre métropoles européennes (Barcelone, Berlin, Londres, Milan)

Dans les grandes métropoles européennes la spatialisation de la pauvreté est un problème structurel, alimenté par d’importants mécanismes de ségrégation socio-spatiale. Pour comprendre les processus à l’oeuvre, l’Iaurif a réalisé en 2005 une étude comparative sur la ségrégation sociale et urbaine dans cinq métropoles européennes. L’intervention reviendra sur les principaux résultats de cette étude et posera la question de son actualité.


11:15-12:45 - Thomas Kirszbaum  

Quelles stratégies de déségrégation ? Les leçons américaines

Depuis la fin des années 1960, les États-Unis ont juxtaposé plusieurs stratégies potentiellement contradictoires pour tenter de démanteler le ghetto noir : l’encouragement de la mobilité résidentielle, le développement communautaire et la gentrification volontaire. L’un des défis actuels est de parvenir à articuler ces différentes orientations. Les enseignements de l’expérience américaine seront tirés pour la politique de la ville française.


14:00-15 :30 - Laura Colini

L’approche du développement urbain intégré en Europe

Pour la mise en œuvre des programmes Feder, l’Union européenne recommande une approche intégrée, participative et durable, au titre de sa politique de cohésion sociale. Un regard transversal sur douze études de cas en Europe permet d’apprécier la distance entre les intentions et la pratique. Si la notion de développement urbain intégré est consensuelle, ses fondements idéologiques sont hétérogènes, tout comme son interprétation locale.


15 :45-17 :15 - Élise Roche

Les usages de la participation dans les quartiers populaires : l’expérience de Reggio Emilia, Berlin et Saint-Denis

Cette intervention s’attachera à comparer les usages de la participation des habitants dans trois quartiers populaires européens, à Reggio Emilia (Italie), Berlin (Allemagne) et Saint-Denis (France). Par une approche micro-locale, il s’agira d’identifier des similitudes et divergences du point de vue de l’héritage historique des pratiques de participation, des objets soumis au débat et des contextes institutionnels d’émergence des expériences participatives.

Vendredi 22 juin

8:30 - Accueil


9:00-10 :30 - Stephen Hall  

Quelle place pour les mécanismes du marché en Angleterre ?

Après avoir retracé les principales évolutions des politiques urbaines britanniques depuis les années 1980, et la place attribuée aux mécanismes du marché et aux acteurs privés, la présentation sera centrée sur la réactivation, depuis 2010, des Enterprise Zones en Angleterre. Les fondements idéologiques de ce programme, son mode opératoire et ses premiers résultats seront examinés, à la lumière notamment des nombreuses critiques dont il est l’objet.


10 :45-12:45 - Gideon Bolt  

La politique de la ville après le multiculturalisme : le cas des Pays-Bas

La politique urbaine néerlandaise a connu des transformations substantielles avec l’abandon de l’approche multiculturaliste, dominante jusqu’à la fin des années 1990. La présentation insistera particulièrement sur les tendances actuelles en matière de lutte contre la ségrégation résidentielle et la conception de la mixité sociale qui inspire ces politiques.


14 :00 – 15 :30 - Maurice Blanc

L’Allemagne, de la « rénovation douce » au programme « Soziale Stadt »

Le programme expérimental des « villes sociales » (Soziale Stadt) se situe dans le prolongement des premières expériences de « rénovation douce » engagées dès les années 1960 en Allemagne. L’intervention retracera la genèse du programme Soziale Stadt, reviendra sur ses objectifs et éclairera les spécificités culturelles des politiques allemandes et françaises d’aménagement urbain.


15h30 -17 :00 - Renaud Epstein  

Évaluer les politiques de la ville au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en France

En France, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas, la politique de la ville a fait l’objet de réformes néo-managériales au cours des années 2000, qui devaient en améliorer tout à la fois la performance et l’évaluabilité. Quelles convergences se dessinent entre ces trois pays sur le plan des instruments de pilotage et d’évaluation ? Quels enseignements tirer des évaluations réalisées, s’agissant de l’efficacité des politiques menées ?


17 : 00-17:30 - Discussion générale


Intervenants

Thomas Kirszbaum   est sociologue, chercheur associé à l’Institut des Sciences sociales du Politique (ENS Cachan-CNRS). Ses recherches portent sur les politiques urbaines d’intégration des minorités ethniques notamment étudiées dans le cadre d’une comparaison de la politique de la ville en France et aux Etats-Unis. Il a publié, Rénovation urbaine. Les leçons américaines, PUF, coll. « La ville en débat », 2009 ; Mixité sociale dans l’habitat. Revue de la littérature dans une perspective comparative, HALDE, Etudes & Recherches, Paris, La documentation française, 2008.

Brigitte Guigou est sociologue urbaniste à l’IAU. Elle est chargée d’études et chef de projet dans le département « démographie, habitat, équipements et gestion locale ». Elle a mené des études et interventions en France et en Europe dans le champ des politiques de l’habitat et des politiques publiques à destination des quartiers, principalement sur la thématique des inégalités et de la cohésion sociale et territoriale. Elle est également professeure associée temporaire à l’Institut français d’urbanisme de l’université Paris Est-Marne-la-Vallée, et coresponsable de la spécialité de master « Stratégies métropolitaines ».

Anne-Claire Davy est sociologue urbaniste à l’IAU Ile-de-France depuis 2001 et a, auparavant, exercé dans un bureau d’études privé spécialiste de l’habitat. A l’IAU, elle a pris en charge la thématique du logement dans le cadre de l’élaboration du SDRIF et travaille plus particulièrement sur les thématiques du logement privé et du logement indigne.

Laura Colini est chercheuse associée au département de Régénération urbaine du Leibniz Institute for Regional Development and Structural Planning de Berlin. Elle est docteure du département de Planification urbaine et territoriale de l’université de Florence. Depuis 2005, elle travaille également comme chercheur indépendant dans des projets de la Commission européenne et d’URBACT. Elle travaille occasionnellement avec des militants et des associations.

Elise Roche est géographe, maître de conférences en aménagement et urbanisme à l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon. Au sein du laboratoire Environnement, Ville et Sociétés, dans sa composante Ingénierie, technique, urbanisation et société, elle s’intéresse à une géographie des quartiers en marge et développe ainsi plusieurs axes de recherches : la participation des habitants dans les quartiers en marge européens, le logement collectif spécifique et transitoire, et les espaces intermédiaires en milieu urbain. Sa thèse soutenue à l’EHESS (CRH) en 2010 s’intitule : Territoires institutionnels et vécus de la participation en Europe. La démocratie en questions à travers trois expériences (Berlin, Reggio Emilia et Saint-Denis).

Stephen Hall   est professeur en aménagement du territoire à l’université de West of England (UWE), à Bristol. Il a effectué une thèse sur la politique économique locale à l’université de Birmingham en 1993. Ses axes principaux de recherches sont l’aménagement du territoire, la politique de régénération urbaine et le développement économique local en Angleterre et en Europe. Il est de plus en plus impliqué dans des recherches comparatives, notamment à travers des projets de l’Union européenne (LEONARDO), la British Academy, le British Council, le PUCA et le CNRS. Il a notamment publié “Birmingham : Whose Urban Renaissance ? Regeneration as a response to economic restructuring” in Policy Studies, 2008.

Gideon Bolt   est professeur adjoint de géographie urbaine à l’université d’Utretch, aux Pays-Bas. Il est également rédacteur en chef du « Journal of Housing and the Built Environment ». Ses recherches portent sur les politiques urbaines et la ségrégation résidentielle. Il a notamment publié “Ethnic segregation and residential mobility : Relocations of minority ethnic groups in the Netherlands” in Journal of Ethnic and Migration Studies, 2010 ; “Social cohesion, social mix, and urban policies in the Netherlands” in Journal of Housing and the Built Environment, 2009

Maurice Blanc est professeur émérite de sociologie à l’institut d’urbanisme et d’aménagement régional de l’université de Strasbourg. Ses recherches portent sur la rénovation du logement social en Europe, la citoyenneté active et la démocratie locale, les relations interethniques et interculturelles, ainsi que sur les métiers de la politique de la ville. Il est rédacteur en chef de Espaces et Sociétés, revue interdisciplinaire de sciences humaines et sociales sur les rapports des sociétés à leurs espaces. Il est membre de la rédaction de Housing Studies et a coordonné, avec Josiane Stoessel-Ritz et Nicole Mathieu, l’ouvrage collectif « Développement durable, communautés et sociétés », Bruxelles, juin 2012.

Renaud Epstein   est docteur en sociologie de l’ENS Cachan. Il est maitre de conférences en sciences politiques à l’université de Nantes, enseignant à SciencesPo et membre du laboratoire Droit et changement social. Ses recherches portent sur la gestion publique des territoires, les politiques urbaines et les réformes néo managériales de l’Etat. Il a notamment publié « Les politiques territoriales post-contractuelles : le cas de la rénovation urbaine » in Politiques et Management Public, 2005.

Renseignements
IHEDATE, Maison des Ponts
15, rue de la Fontaine au Roi
75127 Paris Cedex 11
tél. : 01 44 58 24 40/43