Institut des hautes études en développement et aménagement et des territoires en Europe




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Session 4 / 19 - 20 mai / Paris

Que gouvernent les autorités politiques ?

Coordination scientifique
Patrick Le Galès  


Jeudi 19 & vendredi 20 mai 2016
Sciences Po

L’incertitude règne sur la « présence réelle » des citoyens dans la politique : une part importante affiche son retrait de la vie démocratique traditionnelle, nombreux sont ceux qui, pour des raisons de mobilité, s’évadent des maillages institutionnels et en même temps, les mobilisations ponctuelles et inédites semblent se multiplier. Symétriquement, on peut aussi se demander ce que gouvernent réellement les autorités politiques ? La question n’est plus seulement « qui gouverne ? » Mais aussi, et de plus en plus, « qui est gouverné ? » Face à ces transformations des formes de la participation politique, les autorités ont développé de très nombreuses techniques de concertation, consultations, débats publics, etc., particulièrement dans le champ de l’aménagement et du développement des territoires. Quels bilans peut-on faire de ces nouvelles techniques ? Comment se situe la France par rapport à d’autres pays ?


Patrick Le Galès  
9:30 – 12:30
L’État, quel numéro de téléphone ?
L’État a mis trois cents ans à s’imposer comme forme dominante de l’exercice du pouvoir politique, en Europe d’abord, dans le monde ensuite. C’est son efficacité, dans la guerre d’abord, dans la production des conditions de la croissance et du bien-être ensuite qui lui a donné cette suprématie. Cette hégémonie est-elle aujourd’hui contestée ? La mondialisation, les mobilités des hommes, des marchandises et des capitaux, les nouveaux aléas géopolitiques et environnementaux rendent-ils cette forme politique obsolète ? Quelles sont les formes politiques nouvelles qui émergent ? Peut-on parler d’une période post-étatique ?


Marco Cremaschi  
14:00 – 15 :30
Démocratie et aménagement : études de cas
Nombreuses sont les villes qui ont déployé des dispositifs d’implication de leur population dans la conception et la mise en œuvre de projets urbains, avec des méthodes, des objectifs et des succès divers. Tour d’horizon d’expériences italiennes.


Patrick Le Lidec  
15:45 – 17 :15
La décentralisation, chantier permanent ?
Partout ailleurs en Europe, les mots de centralisation et de décentralisation revêtent un sens bien précis, même si conflictuel. En France, les définitions sont floues et nous ne sommes sans doute pas d’accord sur leur sens. La « centralisation » repose en France sur une étroite intrication entre le central et le local. La « décentralisation » a sans doute contribué à accroître cet enchevêtrement. Nous vivons d’ailleurs, depuis plus de trente ans, une forme de chantier permanent, comme s’il était devenu impossible d’atteindre un état sinon optimal, du moins stable. Qu’est-ce que les récentes réformes nous enseignent sur la « décentralisation » à la française ? Celle-ci correspond-elle à un développement démocratique ?


17 :15 – 18 :00
Présentation des ateliers


Vendredi 20 mai
Sciences Po


Claire Colomb  
9 :30 – 10 :45
De Barcelone à Londres : mobilisations sociales, nouvelles formes de participation citoyenne et transformation des politiques d’aménagement urbain

En 2015, les élections municipales de Barcelone sont remportées par un nouveau mouvement politique, Barcelona en Comú, ancré dans les mouvements sociaux urbains nés de la crise politique et économique qui affecte l’Espagne depuis 2008, notamment la plateforme anti-expulsions (PAH). La revendication d’un nouveau modèle d’urbanisme et de développement urbain pour la ville est au cœur du programme politique de Barcelona en Comú, nourri par les critiques du ‘Modelo Barcelona’ (le « modèle Barcelone ») des années 1990 et 2000, et par les contestations sociales récentes autour des transformations de la ville, notamment sous l’effet du tourisme de masse. Un an après l’arrivée au pouvoir de Barcelona en Comú, quels changements sont visibles dans les politiques publiques d’aménagement urbain et de logement, et comment s’articule le gouvernement municipal avec les mouvements sociaux urbains qui revendiquent un autre modèle de ville ?
En 2011 le gouvernement anglais introduit une nouvelle échelle de planification urbaine, le ‘Neighbourhood Planning’, donnant aux citoyens la possibilité de se constituer en ‘forum de quartier’ pour produire un ‘Neighbourhood Plan’ qui, soumis à certaines conditions, peut acquérir force de loi une fois approuvé par référendum local. Cette forme nouvelle de participation est-elle une innovation radicale dans les processus d’aménagement urbain ? Comment a-t-elle été utilisée et mobilisée jusqu’alors dans le cas de Londres ? Quelle marge de manœuvre et quels conflits peut-elle générer pour les citoyens ?


Bertrand Hervieu  
11 :00 - 12 :15
Du corporatisme au conflit : la transformation politique des mondes agricoles
La question agricole mobilise des enjeux démocratiques considérables. D’une part, l’agriculture, qui a longtemps bénéficié d’un traitement de faveur, se trouve aujourd’hui confrontée à un certain désamour dans l’opinion publique. D’autre part, le mode de production et la question alimentaire nourrissent de nombreux débats de société. Comment l’agriculture, et les agriculteurs, négocient-ils ce virage démocratique ?


Philippe Subra  
14 :15 - 15 :30
État et contestations : nouveaux conflits et nouvelles figures du débat public
L’État bâtisseur et producteur d’infrastructures semble attaqué de tous côtés : contestations au nom de la protection de la nature, au nom de la qualité des paysages, au nom de la légalité et de l’utilité même des grands projets. Il semble pratiquement impossible de réaliser une infrastructure nouvelle dans ce pays. Pourtant, les projets et les chantiers existent. Comment l’État, dans ses mécanismes traditionnels réagit-il à ces conflits qui ont pris une dimension territoriale spécifique ? Quelles sont les nouvelles formes de négociation et de compromis, voire de conception même des projets qui rendent néanmoins l’action possible ?


Les auditeurs
15 :30 - 16 :30
Discussion générale


Les intervenants

Patrick Le Galès   est politiste et sociologue, directeur de recherche CNRS au Centre d’études européennes de Sciences Po et professeur à Sciences Po, Corresponding Fellow of the British Academy. À Sciences Po, il est doyen de la nouvelle Ecole urbaine et il co-dirige le groupe de recherche « Cities are back in Town ». Il a été chercheur et professeur invité, notamment aux universités d’Oxford, de Milan Bicocca, au King’s college de Londres, à Ucla, au Max Plank Institute de Cologne, à l’Université de Sao Paulo, au Collegio de Mexico. Il a été le premier codirecteur scientifique de l’IHEDATE. Il est membre de son conseil scientifique. Ses recherches comparatives portent sur les questions de gouvernance, d’action publique et de restructuration de l’État en Europe, sur la formation d’une société de marché et sur les transformations des villes européennes et des grandes villes mondiales.
Publications récentes : Un monde à la carte, les cadres supérieurs dans les villes européennes Paris PUF 2016 - L’État recomposé, PUF, 2014 - L’instrumentation de l’action publique, Presses de Sciences Po 2014 - Sociologie de l’action publique, Colin, 2012 - Le retour des villes européennes, Presses de Sciences Po, 2011, L’expérience New Labour, Presses de Sciences Po 2010.


Marco Cremaschi  , est professeur des universités en urbanisme et chercheur au Centres d’Études Européennes de Sciences Po. Il directeur du Cycle d’urbanisme au sein de l’École Urbaine de Sciences Po. Il a enseigné au Royaume-Uni, aux États-Unis et à l’Université Degli Studi de Rome. Il dirige la revue Planum. Ses travaux portent sur l’organisation spatiale des villes européennes, le changement des politiques urbaines, les attentes pour l’Agenda urbain de l’Union européenne et les migrants dans les petites municipalités italiennes ; la concurrence entre régions et métropoles, la prospective comparée entre Italie et la France, la représentation symbolique de la crise (et la crise de la représentation) et ses implications pour les politiques et l’élaboration des politiques. Ses dernières publications récentes : Cremaschi, Marco, ed(s). 2015. Rapporto sulle città, Metropoli attraverso la crisi. Bologne, Il Mulino. Cremaschi, Marco, Aurélien Delpirou, Dominique Rivière and Carlo Salone, ed(s). 2015. Métropoles et régions, entre concurrences et complémentarités. Regards croisés France/Italie. Milano, Planum.


Patrick Le Lidec   est chargé de recherche CNRS au Centre d’études européennes de Sciences Po. Ses principaux thèmes de recherche sont la sociologie de l’action publique, la sociologie politique, l’administration publique. Il enseigne à Science Po (Master STU) et à l’École des ponts.
Il a publié de nombreuses contributions sur la décentralisation et le fédéralisme, la réforme des structures territoriales, les transformations de la gouvernance locale en France, les recompositions de l’État et des systèmes d’administration publique.


Claire Colomb   est enseignante-chercheuse en sociologie urbaine et en aménagement du territoire européen à la Bartlett School of Planning, University College London (UCL), depuis 2005. Elle est diplômée de l’Institut d’Études Politiques de Paris et docteur en aménagement urbain et régional de UCL, et membre du Royal Town Planning Institute (l’ordre des urbanistes britannique). Ses activités de recherches portent sur l’analyse comparée des systèmes et pratiques de planification et d’aménagement en Europe ; l’influence de l’Union Européenne sur l’aménagement ; la gouvernance urbaine et les politiques urbaines au Royaume-Uni, en France, en Allemagne et Espagne ; et les mobilisations et conflits sociaux autour des questions d’urbanisme. Elle est l’auteur des ouvrages : European Spatial Planning and Territorial Cooperation (avec S. Dühr and V. Nadin), Routledge, 2010 ; Staging The New Berlin : Place Marketing and the Politics of Urban Reinvention post-1989, Routledge, 2011 ; elle a assuré la direction de l’ouvrage Protest and Resistance in the Tourist City (avec J. Novy), Routledge, 2016.


Bertrand Hervieu  , diplômé de l’Institut d’études politiques et docteur en sociologie, est vice-président du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux. Il a auparavant occupé le poste de secrétaire général du Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes pendant six ans. Il a également été Président de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) de 1999 à 2003 et conseiller de plusieurs ministres de l’agriculture et de la pêche. Parmi ses publications : Les Mondes agricoles en politique, avec François Purseigle, Nonna Mayer, Pierre Muller, Jacques Rémy, Presses de Sciences Po, 2010. L’Archipel paysan, La fin de la république agricole, avec Jean Viard   Éditions de l’Aube , 2001.


Philippe Subra   est professeur à l’Institut français de géopolitique (université Paris-8). Membre du comité de rédaction de la revue Hérodote. Il est l’auteur de Géopolitique de l’aménagement du territoire (2007, Paris : Armand Colin, nouvelle édition automne 2012) et co-auteur de Nouvelle géopolitique des régions françaises (Giblin, B. (dir.), 2005, Paris : Fayard) et du Dictionnaire des banlieues (Giblin, B. (dir.), 2009, Paris : Larousse).