Institut des hautes études en développement et aménagement et des territoires en Europe




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Session 1 - 16-17 janvier 2014 - Paris

Société mobile, temps long, travail court

Jean Viard  
CNRS

La société française semble être en guerre contre l’État. Aux attentes démesurées d’une capacité quasi démiurgique d’un État capable de la transformer, la société tout en la protégeant répond la déception face à un État qui paraît incapable de résoudre ce dilemme. Cette tension parcourt tous les domaines de l’action publique et de la vie sociale : solidarité, éducation, organisation territoriale, relations entre les générations, laïcité, immigration. Revisiter les transformations sociales, explorer les représentations et les pratiques concrètes peut nous aider à mieux comprendre ce dilemme très franco-français d’une société inquiète de son État, et peut-être de progresser vers une nouvelle laïcité…


Jean Viard  
9:45 – 11:00

Vie longue, travail court

Nous avons, depuis 100 ans, gagné 200 000 heures de vie. Et nous avons, dans le même temps, considérablement diminué le temps passé à la production. Qu’avons-nous fait de ce temps libéré ? Et quelles sont les conséquences de ce gain de temps sur notre relation aux autres, au travail, à la consommation et à la politique ?


Pierre-Henri Tavoillot  
11:15 – 12:15

Pour une nouvelle politique des âges de la vie

Guerre des âges ou fin des âges ? Les politiques publiques ont conçu des politiques des âges sédimentées qui distinguent la jeunesse et le troisième âge mais s’abstiennent de prendre en compte le continuum de l’existence. Une nouvelle politique des âges devrait s’appuyer sur une compréhension de la réalité des parcours de vie et ainsi sortir par le haut de l’alternative guerre des âges/fin des âges.


Danièle Hervieu-Léger  
14:15 – 15:15

Territoires du religieux en France : une lecture spatiale du religieux contemporain
Nos sociétés laïques et, en Europe, largement déchristianisées, n’ont pas fini, et de loin, avec le fait religieux. Non seulement la demande (et l’offre) de spiritualité est forte et se renforce, mais la demande de religieux (avec ce que cela suppose d’organisation, d’institution, de rapports aux autres) ne faiblit pas. Elle prend de nouvelles formes et surtout, s’inscrit de façon plurielle et complexe dans l’espace, où se dessinent de nouveaux territoires du religieux.


François Dubet  
15:30 – 16:30

Pourquoi payer pour les autres ?

La solidarité, dans la deuxième moitié du XXème siècle s’incarne dans un consentement à payer lui-même fondé sur un imaginaire de réciprocité. Plus que les défaillances, répétées à l’envi, des régimes de sécurité sociale et de retraite, la solidarité souffre aujourd’hui d’une crise de représentation, à l’instar de la démocratie représentative. En quoi le fait de payer pour les autres garantit-il ma protection ? C’est sans doute le plus grand défi auquel sont aujourd’hui confrontés les régimes de solidarité issus de l’après deuxième guerre mondiale.


18h – 20h : Apéro-débat des territoires avec l’Association des auditeurs
« Quel financement pour les collectivités territoriales »
autour de Olivier Landel, délégué général de l’association des communautés urbaines de France
au restaurant « Le Messager » 28 rue du Général Bertrand – Paris 7ème


Vendredi 17 janvier
CERI-Sciences Po – Grande salle de conférence (rdc) – 56 rue Jacob – Paris 6e


Jean Viard  
9:00 – 10:30

L’expérience du territoire : les nouveaux horizons d’un monde mobile

Notre expérience du territoire s’est profondément transformée sous l’effet d’une mobilité accrue et d’une montée en puissance des pratiques de consommation et de loisirs. Nous étions enracinés dans des lieux, nous sommes devenus producteurs de territoires, débordant en permanence les périmètres administrés, qui peinent à suivre nos mouvements et nos pérégrinations. Comment se concilient aujourd’hui les logiques d’enracinement et celles de mobilité ? Comment, dans cet entre deux jouent les pouvoirs publics territoriaux et nationaux ? La société des mobilités est-elle durable et quels nouveaux territoires dessine-t-elle ?


Patrick Simon  
11:00 – 12:30

Pratiques et politiques migratoires : tensions sur le modèle français ?

Le modèle français d’intégration vit dans une tension permanente : dans sa dimension universaliste, il propose une communauté de citoyens, unis par leur adhésion à un projet politique national, indépendamment de leur culture, origine, religion ou couleur de peau ; dans la pratique, il suppose une prise de distance individuelle avec les appartenances d’origine et l’adoption d’un modèle qui, à bien des égards, repose sur des caractéristiques locales, loin de l’universalisme affiché. Ce modèle est-il « efficace » au regard de sa capacité à faire vivre ensemble des individus et des groupes d’origines diverses ? Et surtout, est-il en phase avec les aspirations des individus et leurs pratiques migratoires ?


14:30 – 16:30
Discussion générale et première présentation des auditeurs


Les intervenants

Jean Viard   est directeur de recherches CNRS au Cevipof (Centre d’études de la vie politique française) et chargé de cours à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence.
Diplômé en économie (DES Aix-en-Provence), docteur en sociologie (EHESS Paris), ses domaines de spécialisation sont les temps sociaux (vacances, 35 h), l’espace (aménagement, questions agricoles) et le politique. Ancien président des groupes de prospective tourisme au Commissariat au plan et à la Datar, membre du Conseil national du tourisme, président des éditions de l’Aube, dont il est le fondateur avec Marion Hennebert, il réalise aussi du conseil aux entreprises et aux collectivités territoriales. Conférencier, il est également l’auteur de nombreux ouvrages. Derniers ouvrages parus : Éloge de la mobilité – 2011, Éditions de l’Aube ; Nouveau portrait de la France – 2011, Éditions de l’Aube ; La société des modes de vie, Paris, Éditions de l’Aube, 2012, coll. « L’urgence de comprendre ».


Pierre-Henri Tavoillot   est maître de conférences en philosophie à l’université de Paris-Sorbonne (Paris-IV) ; directeur adjoint de l’UFR de philosophie & sociologie, chargé de conférences à l’IEP de Paris, membre du Conseil d’analyse de la société (auprès Premier Ministre) et président du collège de philosophie. Il collabore à la société de conseil, Eurogroup Institute. Parmi ses ouvrages :
Qui doit gouverner ? Une brève histoire de l’autorité, Grasset, 2011.
Les femmes sont des adultes comme les autres. Éditions de l’Aube, 2011.
Philosophie des âges de la vie, avec E. Deschavanne, Hachette Pluriel, 2008.


Danièle Hervieu-Léger   est sociologue, docteur d’État ès lettres et sciences humaines, directrice d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) dont elle a été présidente de 2004 à 2009. Elle a étudié les processus de recomposition des croyances religieuses dans les mouvements anti-institutionnels et communautaires des années 1970. Elle a poursuivi par l’étude des formes contemporaines de la mobilité religieuse (mobilité des croyances et des pratiques, mobilité des identités, des quêtes du sens), puis, à travers la question des sectes, elle a analysé les formes nouvelles de religiosité et de sociabilité religieuse et leurs implications pour le modèle français de la laïcité. Après divers travaux sur les ritualités funéraires et le rapport à la mort, elle poursuit actuellement une recherche sur les réformes et (re)créations monastiques contemporaines. Derniers ouvrages parus : Qu’est-ce que mourir ? (dir.), 2010, Editions le Pommier ; Dictionnaire des faits religieux (dir.), 2010, Presses universitaires de France.


François Dubet   est sociologue, professeur à l’université Victor Segalen Bordeaux 2, directeur d’études à l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales) de Paris, chercheur au Cadis (Centre d’analyse et d’intervention sociologiques, CNRS) et membre senior de l’Institut universitaire de France (1992-2003). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment :
Les sociétés et leur école. Emprise du diplôme et cohésion sociale, (avec M. Duru-Bellat et A. Vérétout), Paris, Seuil, 2010 ; Les places et les chances, Repenser la justice sociale, Seuil, La République des idées, 2010 ; Le travail des sociétés, Seuil, 2009 ; Injustices. L’expérience des inégalités au travail, Seuil, 2006 ; L’école des chances. Qu’est-ce qu’une école juste ? coll. La République des idées, Seuil, 2004.


Patrick Simon   est socio-démographe à l’Institut national d’études démographiques (INED) (Paris, France) où il dirige l’unité de recherche « Migrations internationales et minorités » et chercheur associé au Centre d’études européennes de Sciences Po. Il a coordonné le projet MEDIS sur la mesure des discriminations aux États-Unis, Canada, Australie, Grande-Bretagne et Pays-Bas. il est engagé actuellement dans une enquête comparative européenne sur l’intégration des « secondes générations ». Il co-dirige à l’INED l’enquête « Trajectoires et Origines » sur la diversité des populations en France. Expert pour le Conseil de l’Europe (ECRI), il réalise une étude sur le cadre légal, politique et méthodologique de collecte des données dites « ethniques » dans les 43 pays du Conseil. Publications récentes : Meer N., Modood T., Sala Pala V. Simon P. « Cultural diversity, muslims, education in France and in England : two contrasting models in western Europe », in Bank J. (Ed) Routledge International Companion to Multicultural Education, London and NY : Routledge, 2009. Fassin D., Simon P. « Un objet sans nom : l’introduction des discriminations raciales dans la statistique française », L’Homme, 187-188/ 2008, p.271-294.