Institut des hautes études en développement et aménagement et des territoires en Europe




Accueil > Cycle de formation > Cycles 2007-2016 > Cycle 2014 > Session 3 - 6-7 mars - Paris


Session 3 - 6-7 mars - Paris

Le monde des réseaux, convergence ou prolifération ?

Coordination scientifique

Nadine Cattan  
CNRS

Michel Savy  
École des ponts ParisTech

Siège du Groupe La Poste
La Poste – salle des expositions – 44 Boulevard de Vaugirard – Paris 15ème

Électricité, chemin de fer, autoroutes, télécoms… tous ces réseaux de communication semblaient s’inscrire dans l’éternité du colbertisme. L’alliance de la puissance publique et des ingénieurs avait tissé les voies de communication qui irriguaient l’hexagone en alliant performance technique, rentabilité économique et égalité des territoires. Puis vinrent les mutations technologiques, l’ouverture à la concurrence, la séparation entre « opérateur historique » et nouveaux acteurs, la montée en puissance des politiques territoriales. Le monde des réseaux semble sorti de la stabilité sécurisante, et de la longue durée, pour entrer dans le court terme des stratégies d’acteurs, du marché et de la régulation. État des lieux et perspectives d’un monde en mutation.


9:00 – 9:30
Accueil par le Président Directeur Général, Philippe WAHL ou son représentant


9:30 – 10:45
Michel Savy  
Réseaux et territoires, une histoire paradoxale

Les rapports entre réseaux de transport et territoire s’organisent selon un cycle long d’émergence, croissance, intégration et enfin achèvement d’un réseau d’infrastructures. A la différenciation initiale des régions selon qu’elles sont ou non branchées sur les nouveaux services succède à terme une homogénéisation du territoire : plus un réseau est puissant, moins il structure le territoire !


11:00 – 12:15
Jacques Savatier  
La Poste : redéploiement stratégique et repositionnement territorial

Tout en conservant un maillage territorial très serré, le réseau postal s’est considérablement redéployé, pour tenir compte des nouveaux marchés (baisse du courrier, augmentation des colis) et trouver les gains de productivité nécessaires. Ce redéploiement territorial a fortement transformé le rapport du système postal au territoire et a fait l’objet de longues négociations avec les acteurs internes et externes du système. Anatomie d’une stratégie territoriale.


14:00 – 15:15
Gwendoline Cazenave  
Les TGV : ouverture du marché et équilibre du territoire

Incontestable réussite industrielle et commerciale, le TGV a modifié le visage de l’hexagone depuis trente ans. Mais ce succès est aujourd’hui débattu : une rentabilité qui diminue à mesure que s’ouvrent des lignes nouvelles, un risque que se multiplient les effets « tunnel », une demande accrue de « maillage ». Le retour en grâce des « intercités » marque-t-il la fin de l’âge d’or du TGV et de la grande vitesse ?


15:30 – 17:00
Pierre Cardo  
L’autorité de régulation des activités ferroviaires (ARAF)

L’Autorité de régulation des activités ferroviaires a pour mission de contribuer au bon fonctionnement du service public et des activités concurrentielles au bénéfice des usagers et des clients des services de transport ferroviaire. Elle veille notamment à l’accès sans discrimination des entreprises ferroviaires au réseau ferré. Quel est l’état des forces en présences, quel est le pouvoir de l’ARCEP, où se situent les enjeux du service public et du service concurrentiel en matière ferroviaire ? Comment le chemin de fer négocie-t-il le virage du « post colbertisme » ?


18:00 – 20:00
Apéro-débat des territoires avec l’Association des auditeurs
sur le thème de la Ville durable
avec Claire-Anne David-Lecourt, directrice de projets Ville durale à la Caisse des dépôts
au restaurant « Le Messager » 28 rue du Général Bertrand – Paris 7ème.
Métro Duroc, Sèvres-Lecourbe ou Ségur


Vendredi 7 mars

La Poste – salle des expositions – 44 Boulevard de Vaugirard – Paris 15ème
Métros Montparnasse – Pasteur

9:30-11:00
Hervé Mignon  
RTE et le système d’électricité entre déséquilibres et solidarités territoriales

Le réseau de transport d’électricité s’inscrit au cœur d’une transformation profonde des enjeux énergétiques et de la gouvernance des systèmes en réseaux. Issu d’une tradition colbertiste, le réseau doit aussi composer avec l’échelle européenne et les politiques locales et régionales de l’énergie, tout en ouvrant son réseau à une diversité d’opérateurs et de sources d’énergie. Entre l’héritage du dessein unitaire et les imaginaires d’autonomie territoriale, comment le transporteur d’électricité joue-t-il sa mission de solidarité entre les territoires ?


11:15-12:30
Frédéric Rousseau  
Les autoroutes et territoires : conjuguer l’évolution des attentes sociales avec le temps long des infrastructures

L’histoire du réseau autoroutier traverse l’ensemble des « moments » politiques de l’aménagement du territoire dans la France contemporaine : au commencement était l’étoile nationale concédées à des sociétés d’économie mixte, puis est venu le temps du maillage territorial, puis celui de la privatisation. Dans le même temps, les réseaux d’autoroute se sont ramifiés, cherchent à mieux irriguer le territoire et à trouver plus de porosité avec leur environnement social, politique et environnemental.


14:00 – 15:15
Benoît Loutrel  
Rôle de l’ARCEP et perspective des télécoms en France et en Europe

En quelques années, le monde des télécoms s’est profondément transformé, sous l’effet d’innovations techniques, économiques et sociales et par l’ouverture considérable des marchés et la concurrence des opérateurs. Le dispositif très colbertiste, héritage de la Direction générale des télécommunications, a laissé place à un univers complexe, concurrentiel et innovant, dans lequel l’autorité de régulation joue un rôle central. Comment cet univers fonctionne-t-il, comment est-il organisé, quelles en sont les impacts territoriaux et les enjeux des années prochaines ?


15:30 – 16:30
Nadine Cattan  
Quels enjeux pour les villes dans un monde d’échange ?

Les villes ne sont plus des échelons pertinents pour comprendre et analyser les dynamiques territoriales. L’enjeu est de pleinement intégrer, dans les réflexions sur le développement urbain et métropolitain, la réalité mobile. L’espace est (re-)pensé dans une approche relationnelle où les territoires sont appréhendés en termes d’interdépendances et d’articulation et non en termes de répartition. L’approche par systèmes urbains, où le fondement même de l’urbain est le lien, est construite grâce à la mise en œuvre d’une méthodologie originale qui analyse conjointement plusieurs indicateurs de l’échange. Les systèmes urbains et métropolitains associent trois échelons territoriaux montrant le nécessaire dépassement d’une conception de l’aménagement du territoire basée sur la proximité.


16:30 – 17:00
Discussion générale

Les coordonnateurs et intervenants

Nadine Cattan   est géographe, directrice de recherche au CNRS. Ses travaux de recherche proposent des modèles de compréhension de la façon dont la mobilité et l’échange modifient les rapports des sociétés à l’espace et conduisent à une réinterprétation de nos représentations spatiales classiques. Publications récentes : Cattan N., 2007, Cities and networks in Europe : a critical approach of polycentrism, Montrouge, J. Libbey Eurotext - Responsable scientifique et technique du LabEx DynamiTe, Nadine Cattan   vient de publier : Cattan, N., Leroy, S., 2013, Atlas mondial des sexualités - Libertés, plaisirs et interdits, Paris, Éditions Autrement.

Michel Savy   est ingénieur de l’École centrale et docteur d’État en sciences économiques, professeur à l’Université Paris Est (à l’Université de Paris Est Créteil et à l’École des ponts).
Il est codirecteur du Centre franco-chinois Ville et Territoire (Université de Paris Est, Université de Nankin). Il dirige l’Observatoire des politiques et des stratégies de transport en Europe, et la revue Transports/Europe. Il est membre de son conseil scientifique. Michel Savy   est actuellement membre du collège des experts de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires.
Dernier ouvrage paru : Freight transport and the modern economics, avec June Burnham, Londres, Routledge, 2013.

Jacques Savatier  , ingénieur général des Ponts, des eaux et des forêts. Il a rejoint La Poste début 2003, y occupe aujourd’hui les fonctions de directeur général adjoint chargé du Développement territorial et des Instances de gouvernance. Depuis bientôt onze ans, il participe ainsi, au sein de sa direction générale, à l’évolution de l’entreprise au moment où celle-ci affronte des mutations profondes liées principalement au développement de la société numérique et à l’ouverture totale de ses marchés traditionnels.

Gwendoline Cazenave  , diplômée de Sciences Po Grenoble, de Reims Management School et de l’Université Mc Gill (Canada), entre à la SNCF en 1994. Elle occupe plusieurs postes de responsabilité en Bretagne, entre autres, directrice déléguée TER de la région Bretagne. Depuis 2012, elle est directrice de la direction finance, stratégie juridique de la branche SNCF Voyages (depuis septembre 2012) et préside SNCF Voyages développement.

Pierre Cardo   a été maire de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) de 1983 à 2009, puis président de la Communauté d’agglomération des deux rives de la Seine, député des Yvelines de 1983 à 2010. Il préside l’autorité de régulation des activités ferroviaires (ARAF).

Hervé Mignon   est diplômé de l’École polytechnique et de l’École des mines de Paris. Il a été directeur d’un département à l’Autorité de sureté nucléaire et conseiller technique au ministère de l’Environnement. Hervé Mignon   a rejoint RTE en juin 2002. Il y est actuellement directeur Économie, prospective et transparence.

Frédéric Rousseau   est diplômé de l’ESTP et de L’ENPC. Auditeur de l’IHEDATE 2010. Il enseigne la maîtrise d’ouvrage transdisciplinaire à l’ESTP. Après quelques années de maîtrise d’œuvre, puis de recherche et développement dans les nouvelles technologies, au sein de Cofiroute filiale de Vinci il a dirigé la maîtrise d’ouvrage des autoroutes A28 et A85, puis du tunnel Duplex A86. Il y est maintenant directeur de la prospective, du patrimoine et de la construction.

Benoît Loutrel   est ancien élève de l’École polytechnique, de l’École nationale de la statistique et de l’administration économique et de l’université de sciences sociales de Toulouse. Après avoir exercé à l’INSEE, de 1993 à 1996, il entre à la Banque mondiale en 1996. Benoît Loutrel   rejoint l’ARCEP en 2004 dont il devient directeur général en 2013.