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Session 4 - 23-24-25 avril - Paris

La politique de la ville ici et ailleurs : genèse et transformations

La politique de la ville ici et ailleurs : genèse et transformations

23 - 24 - 25 avril 2014

Thomas Kirszbaum   (ENS-Cachan, CNRS)

Un retour sur la genèse du « problème » des grands ensembles permettra d’éclairer certains enjeux dont ces quartiers et leurs habitants sont toujours porteurs aujourd’hui. Le détour par l’expérience d’autres pays sera l’occasion d’interroger d’éventuelles spécificités françaises de la politique de la ville. De façon plus prospective, les principales réformes en cours (loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine, nouvelle géographie prioritaire, création d’un Commissariat général à l’égalité des territoires) seront discutées.

Mercredi 23 avril

Les grands ensembles comme « problème public » : genèse et transformations de la politique de la ville

Raphaël Le Méhauté

Ouverture


Thomas Kirszbaum  

Introduction


Thibault Tellier  
De la normalisation des grands ensembles à la constitution d’une politique spécifique

Un retour sur la période de transition entre la modernité sociale qu’étaient censés incarner les grands ensembles et l’émergence progressive de la « banlieue » comme problème est essentiel pour appréhender les fondements de la politique de la ville. Cette démarche historique éclairera en particulier les tensions entre l’objectif de normalisation des quartiers et la spécialisation de leur peuplement.


Eric Marlière  
Des métallurgistes de l’entre-deux-guerres aux « jeunes des cités »

Comment est-on passé des « banlieues rouges » aux « quartiers sensibles » ? À travers la chronique du destin d’ouvriers venus s’installer dans un quartier de la région parisienne pour travailler dans les industries métallurgiques, il sera montré que le destin des « cités » ne peut être séparé des mutations du développement économique local, que ce soit dans l’entre-deux-guerres, les Trente glorieuses ou à partir des années 1980


Fatiha Belmessous  
Du "seuil de tolérance" à la "mixité sociale" : brève histoire du raisonnement proportionnel

En institutionnalisant un traitement différencié du logement des populations immigrées, principalement algériennes, les administrations ont contribué à légitimer, à partir des années 1950, une idéologie fondée sur les principes de « brassage » et de « seuil de tolérance ». On repère aujourd’hui encore l’empreinte de cette approche à la fois quantitative et sécuritaire de la question du peuplement des grands ensembles.


Thomas Kirszbaum  

Trente ans de politique de la ville : orientations stratégiques et lectures de l’intégration

Au fil de son histoire, la politique de la ville a sédimenté trois grandes orientations plus au moins restées à l’état d’intentions : la reconnaissance des habitants comme acteurs de la transformation sociale et urbaine ; la facilitation des parcours au sein des agglomérations ; la banalisation des quartiers populaires par la mixité. Chacune de ces orientations est porteuse d’une lecture de l’intégration des minorités ethniques : reconnaissance, anti-discrimination et assimilation.


Georges Guilbert, Nordine Nabili   et PlaNet Finances

Acteurs bondynois et innovation, table ronde animée par Youness Bourimech  

Jeudi 24 avril

Youness Bourimech  , Didier Ostré  , Nicolas Viennot, Ali Zahi  

Lecture de la transformation de l’est parisien à travers une balade fluviale commentée et discutée : de Bondy au bassin de la Villette


Comparaisons internationales sur la politique de la ville

Thomas Kirszbaum  

États-Unis : quelles stratégies de déségrégation ?

Depuis la fin des années 1960, les États-Unis ont juxtaposé plusieurs stratégies potentiellement contradictoires pour tenter de démanteler le ghetto noir : l’encouragement de la mobilité résidentielle, le développement communautaire et la gentrification volontaire. L’un des défis actuels, pour la politique fédérale est de parvenir à articuler ces différentes orientations.


Stephen Hall  

Grande Bretagne : entre État et marché, une histoire de la politique de régénération urbaine en Angleterre

L’intervention retracera l’évolution des politiques anglaises de régénération des quartiers depuis les années 1960 jusqu’au gouvernement Cameron. Les modèles d’action développés par les gouvernements successifs seront analysés au prisme de l’importance relative des interventions physiques, économiques et sociales, et de l’équilibre entre intervention publique et dérégulation marchande.


Florian Weber  

Allemagne : le programme Soziale Stadt

Le principal programme de la politique de la ville mis en œuvre en Allemagne présente reconnaît les différences culturelles et se donne un objectif explicite d’intégration des populations étrangères. Pour autant, la mixité résidentielle n’est pas envisagée comme un vecteur essentiel de cette intégration.


Gedeon Bolt

Pays-Bas : la politique de la ville après le multiculturalisme

La politique urbaine néerlandaise a connu des transformations substantielles avec l’abandon de l’approche multiculturaliste, dominante jusqu’à la fin des années 1990. La présentation insistera particulièrement sur les tendances actuelles en matière de lutte contre la ségrégation résidentielle et la conception de la mixité sociale qui inspire ces politiques.

Vendredi 25 avril

La politique de la ville en réformes

Thomas Kirszbaum  

Introduction


Valérie Darriau  , Renaud Epstein   Marie-Christine Jaillet  , Bernard Morel  

Table ronde : la nouvelle géographie prioritaire de l’État

L’un des volets essentiel de la réforme en cours de la politique de la ville concerne les critères de choix de quartiers justiciables d’une intervention prioritaire de l’État. Le critère de concentration de la pauvreté est-il adapté aux enjeux urbains ? La notion même de ciblage prioritaire est-elle pertinente ?


Claude Brévan  , André Bruston  , Yves Dauge

Table ronde : l’égalité des territoires pour concilier politique de la ville et aménagement du territoire ?

Les trajectoires de la politique de la ville et de l’aménagement du territoire ont longtemps divergé, comme si l’aménagement du territoire traitait des fonctions supérieures et la politique de la ville des groupes sociaux et ethniques marginalisés dans certains quartiers. La création du Commissariat général à l’égalité des territoires sera-t-elle une opportunité pour faire entrer ces quartiers dans la problématique de l’aménagement du territoire ?


Conclusion du séminaire par Madame Najat Vallaud-Belkacem (sous réserve)
Ministre des droits des femmes, de la ville, de la jeunesse et des sports

Les intervenants

Thomas Kirszbaum   est sociologue, chercheur associé à l’Institut des Sciences sociales du Politique (École normale supérieure de Cachan-CNRS). Ses recherches portent sur les politiques urbaines d’intégration des minorités ethniques étudiées notamment dans le cadre d’une comparaison de la politique de la ville en France et aux États-Unis. Il a notamment publié : Mixité sociale dans l’habitat. Revue de la littérature dans une perspective comparative (HALDE, Etudes & Recherches, Paris, La documentation française, 2008), Rénovation urbaine. Les leçons américaines (PUF, coll. « La ville en débat », 2009), La politique de la ville ici et ailleurs : la tentation d’en finir avec une question interminable (in Politique de la ville. Perspectives françaises et ouvertures internationales, Centre d’analyse stratégique, La documentation Française, 2012) ; Les politiques de rénovation urbaine comme politiques de peuplement, Les Etats Unis et la France entre classe et « race », Métropole n°13, avril 2013.


Thibault Tellier   est maître de conférences à l’Université de Lille. Ses axes de recherches sont l’histoire du logement social et de la politique de la ville en France, l’évolution des politiques urbaines régionales depuis 1945, l’histoire de l’aménagement et de la décentralisation. Il est également membre du conseil scientifique du comité d’histoire du ministère de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie. Il a notamment publié Le temps des HLM (1945-1975), la saga urbaine des Trente Glorieuses, Edition Autrement et Aux origines de la Politique de la Ville : les opérations Habitat et Vie Sociale, 2010, Recherche sociale. Thibaut Tellier est membre du conseil scientifique du comité d’histoire du ministère de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie.


Eric Marlière   est maître de conférences en sociologie au sein du Centre de recherche Individus, Epreuves, Société de l’université Lille 3. Ses thèmes de recherche portent d’une part sur l’évolution et la fin du monde ouvrier et de son système social et, d’autre part, sur les modes de vie des dernières générations ouvrières des quartiers populaires. Il s’agit de s’interroger sur les perspectives socio-historiques des mutations propres aux quartiers populaires, notamment dans leurs traductions à l’égard des "jeunes des cités" qui apparaissent comme victimes d’un "déshéritage" à la fois de la classe ouvrière mais aussi du parcours migratoire des parents. Parmi ses publications récentes : 2011, Les jeunes et la discothèque. Entre fêtes urbaines et violences ritualisées (postface de Philippe Robert), Paris, Editions du Cygne, 210 p.


Fatiha Belmessous   est chercheur à l’Ecole Nationale des Travaux publics de l’Etat, au laboratoire RIVES. Ses recherches portent sur l’histoire architecturale et sociale de la politique de la ville. Elle a notamment publié en octobre 2003 Les méthodes du projet urbain au secours du Grand Ensemble, in Alinéa et en 2006, Les minorisés de la République. Enquête sur la discrimination des jeunes générations d’origine immigrée, La Dispute.


Guy Gilbert   est gérant d’entreprises, en seine-Saint-Denis et ailleurs, dans les domaines de maintenance bâtiment et du service aux particuliers. Il a participé à la création, en 1996, du syndicat des entreprises de services à la personne. Il est vice-Président, président de la Délégation de Seine Saint-Denis de la Chambre de commerce e d’industrie de Paris, vice-président de la CRCCI Paris – Ile de France. Il est également président honoraire des Ecoles de la seconde chance en seine-Saint-Denis.


Nordine Nabili   est journaliste depuis 1995. Au sein du Bondy Blog depuis 2006, il en est le président. Il est directeur de l’antenne de l’école supérieure de journalisme de Lille à Bondy.


PlaNet Finance est une organisation de solidarité internationale à but non lucratif dont la mission est de lutter contre la pauvreté au travers de la promotion de la microfinance.


Youness Bourimech   est co-fondateur du Club des entrepreneurs de Bondy, co-fondateur de plusieurs entreprises depuis 13 ans, huit à ce jour, toutes implantées à Bondy. Il siège au bureau du conseil de développement de la communauté d’agglomération Est Ensemble au titre des personnalités qualifiées. Il a été auditeur de l’Ihedate en 2012.


Nicolas Viennot, administrateur territorial est responsable des études et de la prospective au sein de la direction de l’aménagement et des déplacements de la communauté d’agglomération Est Ensemble. Il a auparavant eu en charge la question de la définition de l’intérêt communautaire.


Didier Ostré   est directeur général des services de la ville de Bondy.


Ali Zahi   est adjoint au maire de Bondy et vice-président de la communauté d’agglomération Est ensemble, chargé du développement économique. Son parcours professionnel l’a conduit à travailler dans différents domaines de politiques publiques, vie associative, jeunesse, politique de la ville. Il a été auditeur de l’Ihedate en 2013.


Stephen Hall   est professeur en aménagement du territoire à l’université de West of England (UWE), à Bristol. Ses principaux axes de recherches sont l’aménagement du territoire, la politique de rénovation urbaine et le développement économique local en Angleterre et en Europe. Il est de plus en plus impliqué dans des recherches comparatives, notamment à travers des projets de l’Union européenne (LEONARDO), la British Academy, le British Council, le PUCA et le CNRS. Il a notamment publié en 2008, “Birmingham : Whose Urban Renaissance ? Regeneration as a response to economic restructuring” in Policy Studies.


Florian Weber   travaille à l’université de Kaiserslautern (Allemagne) où il s’occupe du développement d’un réseau de six universités partenaires. Dans sa thèse, il a comparé les politiques urbaines Soziale Stadt en Allemagne et la politique de la ville en France en mettant l’accent sur les questions d’intégration et de migration. Il a notamment publié : La politique de la ville en France et la ville sociale en Allemagne - une étude comparative (i.ville.gouv.fr), Krise der Banlieues und die politique de la ville in Frankreich (Geographische Rundschau 2012, avec Hervé Vieillard-Baron), Soziale Stadt - Politique de la Ville - Politische Logiken (SpringerVS 2013).


Gideon Bolt   est professeur adjoint de géographie urbaine à l’université d’Utretch, aux Pays-Bas. Il est également rédacteur en chef du « Journal of Housing and the Built Environment ». Ses recherches portent sur les politiques urbaines et la ségrégation résidentielle. Il a notamment publié en 2010, Ethnic segregation and residential mobility : Relocations of minority ethnic groups in the Netherlands in Journal of Ethnic and Migration Studies ; 2009, Social cohesion, social mix, and urban policies in the Netherlands in Journal of Housing and the Built Environment.


Valérie Darriau   est responsable de l’observation des territoires en politique de la ville au Commissariat général à l’égalité des territoires. Issue de l’Insee, elle a travaillé plusieurs années en région Rhône-Alpes, où elle a publié des études liées aux thématiques des bassins de vie, de la desserte et de l’accessibilité en transports en commun des différents territoires. Elle a également piloté la réalisation d’enquêtes statistiques et de traitements de source administrative dans les domaines de l’emploi, du tourisme et du développement économique.


Marie-Christine Jaillet   est directrice de recherche au CNRS. Spécialiste de la ville, elle a mené de nombreux travaux sur la périurbanisation et en particulier sur les modes de vie pavillonnaires. Elle s’intéresse également à la "politique de la ville" et à la requalification des quartiers "en difficulté". Elle développe actuellement des réflexions sur les processus de métropolisation et leur impact sur l’organisation des modes de gouvernance urbaine. Elle travaille aujourd’hui au développement d’un Institut de la Ville à Toulouse et à la refondation du réseau français de recherche sur l’habitat et le logement (REHAL). Elle vient d’être nommée à la présidence du Conseil de Développement de Toulouse Métropole. Elle a écrit de nombreux articles, dont plusieurs ont été publiés dans la revue Esprit et a contribué ou dirigé plusieurs ouvrages dont en 1999, La nouvelle question urbaine, Editions PUCA2008, Diversité sociale, ségrégation urbaine, mixité, Editions PUCA. Elle est conseillère scientifique de l’Ihedate.


Renaud Epstein   est maître de conférences en sciences politiques à l’université de Nantes et enseignant à Sciences Po. Ses recherches portent sur la gestion publique des territoires, les politiques urbaines et les réformes néo-managériales de l’État. Il a récemment publié : 2013, La rénovation urbaine. Démolition-reconstruction de l’État, Presses de Sciences Po ; 2012, « Anru : mission accomplie ? » (in À quoi sert la rénovation urbaine, PUF). Il est l’auteur (en collaboration avec Irène Mboumoua) d’un rapport intitulé Les indicateurs de la politique de la ville : comparaison entre trois pays (France, Grande-Bretagne, Pays-Bas), pour le Centre d’analyse stratégique et le Secrétariat général du Comité interministériel des villes.


Inspecteur général de l’Insee, ancien élève de l’école polytechnique, Bernard Morel   a successivement occupé des postes d’encadrement au sein du service statistique public dans différents domaines, notamment ceux de la santé, puis de l’environnement et du développement durable en tant que directeur de l’Institut Français de l’environnement de 1994 à 2000. Directeur à la DATAR de 2000 à 2003 en charge des études, où il a en particulier mis en place « l’observatoire des territoires », il a ensuite été responsable du département de l’action régionale de l’Insee jusqu’en 2011 avant de rejoindre le service de l’Inspection générale. Bernard Morel   assure également depuis 2010 un enseignement à "l’École Nationale des Ponts et Chaussées", dans le cadre du cours "Dynamique des populations" du Mastère Politiques et Actions Publiques pour le Développement Durable".


Claude Brévan  , architecte, est inspectrice générale honoraire de la Construction. Elle a été déléguée interministérielle à la Ville (1998 – 2005). Elle est membre de la commission nationale du débat public.


Maître de conférences en urbanisme, André Bruston   a été à partir de 1979 responsable de la Mission de la recherche urbaine et des Sciences sociales au ministère de l’Environnement et du cadre de vie, puis adjoint et chef de département des Sciences de l’Homme et de la Société au Ministère de la Recherche et de la Technologie. A partir de 1987, il a été sous-directeur des politiques nationales d’aménagement, responsable du Plan Urbain au Ministère de l’Equipement, et de 1998 à 2002 Conseiller scientifique au Ministère de la Ville. André Bruston   s’intéresse en particulier aux débats sur l’évaluation et la recherche pour les politiques publiques.


Ancien Maire de Chinon, urbaniste de formation, Yves Dauge a mené une carrière politique associant les questions de l’aménagement du territoire, des enjeux culturels et plus spécifiquement de la sauvegarde du patrimoine et des paysages, tant en France qu’à l’étranger. Il a notamment été Directeur de la Direction de l’Urbanisme et des Paysages et présidé la Mission Interministérielle de Coordination des Grandes Opérations d’Architecture et d’Urbanisme avant d’être Chargé de Mission auprès de François Mitterrand. Au cours de ses différents mandats de Député (1997-2001) et Sénateur (2001-2011) tout comme dans son action d’élu territorial, il a eu à cœur de mettre en œuvre une vision dynamique, transversale et ouverte des territoires, insistant sur les nécessités de développement et d’ouverture à l’international. Il est actuellement Conseiller Spécial auprès du Centre du Patrimoine Mondial à l’UNESCO et co-préside aujourd’hui le Partenariat Français pour la Ville et les Territoires.