Institut des hautes études en développement et aménagement et des territoires en Europe




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Session 8, 8-9 novembre

Agricultures & territoires, « de la révolution verte à la croissance verte »

Agricultures & territoires

Coordination scientifique
Bertrand Hervieu  

Mairie de Paris
8-9 novembre 2012

Jeudi 8 novembre
Hôtel de Ville – Salle des conférences (sous-sol)
5 rue Lobau (porche côté rue de Rivoli)

Si l’agriculture est bien – plus que d’autres activités – productrice de territoire, celle-ci apparaît, en ce début de 21ème siècle, fragile dans cette fonction. Artificialisation des sols, délocalisations, mobilité des productions, affranchissement du sol... sont autant d’illustrations de ce découplage possible entre agriculture et territoire.

Le séminaire cherchera à mettre en évidence ces évolutions et s’attachera à comprendre le rôle joué par les politiques publiques dans leur gestion.

Vincent Chatellier  

La situation économique de l’agriculture en France : place mondiale, performances et risques

À partir d’une analyse des fondamentaux et des mécanismes économiques de l’agriculture en France, on se posera la question de sa capacité à affronter le double choc de la mondialisation et de la concurrence (notamment des pays émergents) et à renouer avec des pratiques plus respectueuses de la qualité des milieux.

Tomas Garcia Azcarate  

L’agriculture européenne dans le monde

Au moment d’une nouvelle étape dans la réforme des politiques agricoles communautaires, un bilan des forces et des faiblesses de l’agriculture européenne et de sa capacité à tenir sur « ses deux pieds » : le pied économique et le pied environnemental.

14:30 – 15 :30

Michel Griffon  

L’agriculture écologiquement intensive est-elle possible ?

La réconciliation entre l’agriculture et le territoire passe sans doute par des pratiques culturales « durables ». L’évolution vers une agriculture « écologiquement intensive » – expression apparemment oxymorique – constitue-t-elle une piste consistante pour sortir par le haut des apparentes impasses du système productif agricole ?

Henri Rouillé d’Orfeuil  

Exclusions paysannes et marché du travail international

L’agriculture mondiale emploie environ 40% du travail humain à l’échelle de la planète. L’évolution des sociétés riches s’est largement fondée sur un transfert de main-d’œuvre de l’agriculture vers l’industrie et les services, accompagnée par des mécanismes d’assistance au transfert (formation, retraites, aides à l’investissement, etc.). Une telle évolution est-elle possible dans des continents où l’agriculture rassemble 50 à 60% de la main-d’œuvre ? Faut-il que les pays émergents suivent la même tendance que les pays riches ? Et comment peut-on l’accompagner ?


Vendredi 9 novembre

Visite du marché de Rungis

RDV à 4h15, rue de la Légion étrangère (niveau statue du Général Leclerc)
Porte d’Orléans, Paris 14ème et retour en bus à la Mairie de Paris
Hôtel de Ville – Salle des conférences (sous-sol)
5 rue Lobau (porche côté rue de Rivoli)


Bertrand Hervieu  

L’agriculture en France : politique, économie, société

L’agriculture en France s’est constituée comme un monde spécifique, fortement intégré socialement, arrimée à l’État et à l’Union européenne, disposant d’une audience politique largement supérieure à son poids dans la société. Comment cette place s’’est-elle transformée dans ces trois registres ? Quelles en sont les perspectives d’évolution ? L’injonction environnementale vient-elle bouleverser le milieu ou accélérer des tendances déjà à l’œuvre ?

Jean-François Molle  

L’agriculture vue par un acteur de l’agro-alimentaire

L’industrie agro-alimentaire est-elle l’amie ou l’adversaire d’une agriculture mieux ancrée dans son territoire ? Les logiques industrielles ne poussent-elles pas l’agriculture à se détacher du sol ? Ne contribuent-elles pas à rompre le lien entre territoire et production ? Ou bien existe-t-il des modes d’organisation spécifiques qui maintiennent ou intensifient la présence agricole dans le territoire ?

Christiane Lambert  , Philippe Collin  , Henri Nallet  

Débat : quelles politiques publiques, pour quel(s) modèle(s) agricole(s) ?

Quel(s) est (sont) le(s) modèle(s) agricole(s) souhaitable(s) et possible(s) dans le cadre français et européen ? Dans l’espace français, peut-on envisager la cohabitation de plusieurs modèles agricoles également viables ? Les agriculteurs sont-ils les mieux placés pour définir le modèle agricole ? Quelles inflexions sont nécessaires dans les politiques publiques pour accompagner les transformations du modèle agricole ? Quelle place des acteurs territoriaux dans l’inflexion des politiques publiques ?


Les intervenants

Bertrand Hervieu  , diplômé de l’Institut d’études politiques et docteur en sociologie, est vice-président du conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux. Il a auparavant occupé le poste de secrétaire général du Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes pendant six ans. Il a également été Président de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) de 1999 à 2003 et conseiller de plusieurs ministres de l’Agriculture et de la pêche. Parmi ses publications : Les Mondes agricoles en politique, avec François Purseigle, Nonna Mayer, Pierre Muller, Jacques Rémy, Presses de Sciences Po, 2010. L’Archipel paysan, La fin de la république agricole, avec Jean Viard  , Éditions de l’Aube, 2001.

Vincent Chatellier   est économiste, ingénieur de recherche à l’INRA (Angers-Nantes). Ses travaux portent sur l’économie des filières agricoles et les politiques agricoles nationales et communautaires. Il est l’auteur de nombreux chapitres d’ouvrages collectifs et d’articles, dont « le bilan de santé de la PAC et le rééquilibrage des soutiens à l’agriculture française (ave V. Guyomard), Économie rurale, n°323, pp. 4-20, 2011 et « Pour une intervention publique ambitieuse en agriculture, avec davantage de coordinations internationales » (avec E. Pisani), Revue française d’économie, volume 25 (1), pp. 41-77.

Tomas Garcia Azcarate  , conseiller responsable de la coordination et de l’analyse économique à court terme des marchés agricoles à la Commission européenne, il a longtemps assumé les fonctions de chef de l’unité « fruits et légumes frais et transformés » à la Direction générale « Agriculture et développement rural » de la Commission européenne (2001 à 2005) puis de chef de l’unité « huile d’olive et produits horticoles » au sein de cette même direction. Il a été professeur d’économie agricole et européenne à l’université polytechnique de Madrid ; il enseigne à l’Institut d’études européennes de l’ULB.

Michel Griffon   ingénieur agronome et économiste, est vice-président de l’agence nationale pour la recherche (ANR). Chercheur, puis directeur scientifique du Centre international de recherche agronomique pour le développement (CIRAD), il a aussi exercé au ministère de la coopération. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, au rang desquels : La planète, ses crises, et nous, avec D. Dupré, Atlantica, 2008. Pour des agricultures écologiquement intensives, Conférence ESA Angers, 2008. Nourrir la planète, Odile Jacob, 2006.

Henri Rouillé d’Orfeuil   est ingénieur agronome et docteur en économie. Il a travaillé au ministère des Affaires étrangères et à la Banque mondiale. Membre du Centre international de recherche agronomique pour le développement (CIRAD), il préside Coordination SUD depuis octobre 2001. Parmi ses publications : La diplomatie non gouvernementale : les ONG peuvent-elles changer le monde, éditions de l’Atelier, 2005 ; Économie, le réveil des citoyens, Éditions la Découverte, 2002.

Jean-François Molle   est ingénieur en chef du GREF, ancien élève de l’École Polytechnique. Il a travaillé au Cemagref, au Ministère de la recherche et à Bruxelles (à la DG recherche). Il est aujourd’hui consultant indépendant dans les domaines de la sécurité des produits, le lobbying réglementaire, les affaires publiques, l’environnement et le Développement Durable. Il a eu la responsabilité de ces différents secteurs pour le groupe Danone pendant plusieurs années.

Christiane Lambert   est agricultrice, gérante d’une exploitation dans le Maine-et-Loire. Elle commence sa carrière dans le syndicalisme agricole au centre des jeunes agriculteurs, dont elle devient présidente nationale (1994-1998). Elle est première vice-présidente de la FNSEA, vice-présidente du Forum Agriculture raisonnée respectueuse de l’environnement.

Philippe Collin   est agriculteur, producteur de céréales dans l’Yonne, il participe à la création de la FNSP (Fédération nationale des syndicats paysans) issue d’une scission de la FNSEA. Il participera également à la fusion de la FNSP avec les "Paysans Travailleurs", qui donnera naissance à la Confédération paysanne en 1987. Membre du secrétariat national, il devient porte-parole de la Confédération paysanne après le congrès de Saint-Etienne en avril 2009.

Henri Nallet   est politiste de formation. Il a débuté sa carrière professionnelle comme chargé de mission à la FNSEA puis chercheur à l’INRA. Deux fois ministre de l’agriculture (gouvernements Fabius et Rocard) et Garde des Sceaux et député de l’Yonne, il est vice-président de la fondation Jean-Jaurès. Il est l’auteur de L’Europe gardera-t-elle ses paysans, Fondation Jean-Jaurès, 2010.