Institut des hautes études en développement et aménagement et des territoires en Europe




Accueil > Cycle de formation > Cycles 2007-2016 > Cycle 2014 > Session 9 / 2014 - Paris


Session 9 / 2014 - Paris

Les nouveaux mondes agricoles

Coordination scientifique
Bertrand Hervieu  
Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER)

L’agriculture en France est l’une des plus belles réussites du colbertisme, exportée à l’échelle européenne. C’est aussi l’une des politiques qui a eu le plus d’impact sur l’organisation des territoires et des sociétés locales. Mais ce secteur est victime de son succès : difficultés de régulation, inégalités croissantes, coûts environnementaux et sociaux. Quels sont les nouvelles régulations et les nouveaux modèles sociaux et productifs qui participent de la transformation du modèle agricole français et européen ?


Bertrand Hervieu  
9:30 -10:00
Introduction générale : l’agriculture, un monde à part ?

Pour des raisons historiques, l’agriculture s’est construite en France comme un monde à part : une politique et un ministère dédiés, des organisations spécifiques très structurées, un accès privilégié à l’échelon communautaire. D’une certaine façon, on peut dire que l’agriculture s’est trouvée, à un moment de son histoire, isolée des sociétés locales et des territoires. L’heure n’est-elle pas, comme l’attestent de nombreuses initiatives, à une réinscription sociale et territoriale de l’agriculture ?


Marion Guillou
10:00 -11:15
Agricultures territorialisées : une composante de l’agro-écologie

La croissance de la population mondiale et l’accroissement des exigences de qualité alimentaire interrogent le mode de production agricole. Il faut à la fois augmenter la production et transformer le mode de production pour améliorer la gestion des ressources naturelles et limiter l’impact de l’agriculture sur l’environnement. Cette équation peut paraître insoluble, dès lors que la question environnementale apparaît comme une contrainte supplémentaire qui pèse sur des exploitations fragiles. Pourtant, les travaux et les innovations en agro-écologie ouvrent des pistes de transformation. Récit de quelques expériences pionnières et enseignements plus généraux.


René Souchon
11:30 – 12:45
Agricultures et territoires : le rôle des Régions

La situation de l’agriculture, en France, n’est pas très favorable : baisse des productions et croissance de l’usage d’intrants (engrais, pesticides, herbicides, etc.). Il y a là un risque majeur pour l’économie nationale. Comment une Région peut-elle, à son échelle, développer des politiques permettant de réduire cette tension, et mieux inscrire l’agriculture dans son environnement social, économique et naturel ?


Vincent Chatellier  
14:30 – 16:30
Entre territoires et internationalisation : quelle compétitivité des filières agricoles françaises ?
Quelle est la situation de la production et des exploitations agricoles en France ? Comment se situe l’agriculture française dans un marché et une compétition internationale ? Quelles sont les forces et les faiblesses des différentes filières ? Peut-on sortir par le haut de la tension entre productivité et contrainte environnementale ?


17:00-19:00
Séance de travail des ateliers

Vendredi 7 novembre

Bertrand Hervieu  
9:30 – 11:00
Les agricultures : décomposition et recomposition des modes d’organisation du travail en agriculture
A l’échelle mondiale, comme à l’échelle nationale, il devient de plus en plus difficile de parler de manière unifiée de « l’agriculture ». On perçoit des courants de différenciation, qui font apparaître des « mondes agricoles », de plus en plus contrastés. Entre l’usine agricole, l’exploitation familiale, l’agriculture comme projet de vie ou l’agriculture vivrière, existe-t-il encore des références communes ? Quels sont les rapports au territoire qu’entretiennent ces différentes figures agricoles, et quelles peuvent être les réponses des politiques publiques face à cette différenciation ?


Andy Smith
11:15 – 12:30
Le territoire comme maillon du marché
La politique agricole européenne s’est construite d’abord dans une approche sectorielle : productions végétales, productions animales, etc. Mais elle se trouve confrontée à un double enjeu territorial : d’une part, la consolidation des impacts territoriaux des politiques sectorielles fait apparaître des tensions et des contradictions fortes, qui peuvent avoir des effets non prévus sur les sociétés, les environnements et les modèles politiques territoriaux ; d’autre part, le territoire peut apporter une valeur supplémentaire aux produits, comme l’indique la multiplication des indications géographiques protégées ; enfin, le territoire peut-être une ressource pour les acteurs agricoles confrontés aux politiques nationales et communautaires et aux marchés mondialisés.


Bertrand Hervieu  
14:15 – 16 :00
L’impossible deuil de la France rurale
En parallèle aux transformations de l’agriculture, se joue un drame national, celui de la perte de la « ruralité ». Historiquement identifié à l’agriculture, l’espace rural a longtemps bénéficié d’un traitement de faveur dans le système politique français. Mais la « ruralité » se transforme : elle n’est plus, et de loin, le monopole des agriculteurs, elle accueille une grande diversité de groupes sociaux et d’activités, et elle n’a plus comme seule vocation celle de produire et de nourrir la France. Faut-il faire le « deuil » de la France rurale, accepter sa métropolisation, et peut-on, collectivement, en accepter la disparition ?


16:00 – 17:00
Discussion générale


Les intervenants

Bertrand Hervieu  , diplômé de l’Institut d’études politiques et docteur en sociologie, est vice-président du conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux. Il a auparavant occupé le poste de secrétaire général du Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes pendant six ans. Il a également été président de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) de 1999 à 2003 et conseiller de plusieurs ministres de l’agriculture et de la pêche. Parmi ses publications : Les Mondes agricoles en politique, avec François Purseigle, Nonna Mayer, Pierre Muller, Jacques Rémy, Presses de Sciences Po, 2010. L’Archipel paysan, La fin de la république agricole, avec Jean Viard  , Éditions de l’Aube, 2001.

Marion Guillou est polytechnicienne, docteur en sciences des aliments, ingénieur des eaux et forêts. Elle débute sa carrière sur le terrain et conduit des recherches dans un laboratoire CNRS -Université Nantes. De 1996 à 2000, elle est directrice générale de l’alimentation, puis dirige et préside l’Institut national de la recherche agronomique jusqu’en 2012. Elle préside désormais Agreenium (établissement coopératif regroupant acteurs de la recherche et de l’enseignement supérieur agronomiques et vétérinaires). Elle a rendu un rapport sur le projet agro-écologique au ministre de l’agriculture en mai 2013 (www.agreenium.org). Elle a publié Neuf milliards d’hommes à nourrir, Ed Bourrin, 2011.

Vincent Chatellier   est économiste, ingénieur de recherche à l’INRA (Angers-Nantes). Ses travaux portent sur l’économie des filières agricoles et les politiques agricoles nationales et communautaires. Il est l’auteur de nombreux chapitres d’ouvrages collectifs et d’articles, dont « le bilan de santé de la PAC et le rééquilibrage des soutiens à l’agriculture française (avec V. Guyomard), Economie rurale, n°323, pp. 4-20, 2011 et « Pour une intervention publique ambitieuse en agriculture, avec davantage de coordinations internationales » (avec E. Pisani), Revue française d’économie, volume 25 (1), pp. 41-77.

René Souchon, après des études de psychologie, d’histoire et de géographie, poursuit une carrière au sein de l’éducation nationale qui le conduira à devenir inspecteur général de l’agriculture en 1990. Il suit en parallèle un parcours politique : maire d’Aurillac (1977), député du Cantal (1980), secrétaire d’État puis ministre de l’agriculture (1985). Il est président du conseil régional d’Auvergne depuis 2006.

Andy Smith est enseignant-chercheur à la Fondation nationale des sciences politiques, attaché à Sciences Po Bordeaux et directeur du centre Émile Durkheim. De nationalité britannique, il a vécu en Nouvelle Zélande, et vit en France depuis 1989. Docteur en sciences politiques (1995), il exerce à Bordeaux depuis 1996. Ses recherches portent sur la dimension européenne des politiques publiques, à travers l’analyse des politiques industrielles, l’émergence des leaders et la question des identités dans l’Europe communautaire. Derniers ouvrages parus : L’industrie pharmaceutique, règles, acteurs et pouvoirs, La Documentation française, 2014 ; The EU’s Government of Industries. Markets, Institutions and Politics, London, Routledge, 2014.