Institut des hautes études d’aménagement des territoires




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Session 1 - 15-16 janvier 2015 - Paris

Travail, temps et territoires : produire et partager

Jean Viard  
CNRS


Caisse des dépôts et consignations
Salle Solferino
15, quai Anatole France– Paris 7e

Ce séminaire d’ouverture ne porte pas directement sur le thème de l’année, mais se propose de donner la parole à des sociologues, des économistes, et des philosophes qui portent un regard différent sur notre monde social. Il est organisé en quatre phases. Une première phase consacrée au temps vécu, à l’échelle des sociétés (Jean Viard  ) et dans l’expérience individuelle des âges de la vie (P.H. Tavoillot). Une deuxième phase s’intéresse à l’activité humaine et aux finalités de la production : quelle place, dans l’économie, pour la sollicitude (Fabienne Brugère) et pour le bonheur (Claudia Sénik) ? Une troisième phase proposera un regard sur l’expérience de l’espace : quelles transformations induisent nos pratiques de l’espace (Jean Viard  ) et comment s’articulent identités territoriales, mobilités des personnes et institutionnalisation des territoires. Le séminaire se conclura par une lecture des cheminements individuels de conversion religieuse (Danièle Hervieu-Léger  ), métonymie de la relation individu-collectif.


Jeudi 16 janvier


Jean Viard  
9:30 – 11:00

Vie longue, travail court

Nous avons, depuis 100 ans, gagné 200 000 heures de vie. Et nous avons, dans le même temps, considérablement diminué le temps passé à la production. Qu’avons-nous fait de ce temps libéré ? Et quelles sont les conséquences de ce gain de temps sur notre relation aux autres, au travail, à la consommation et à la politique ?


Pierre-Henri Tavoillot  
11:15 – 12:30

Pour une nouvelle politique des âges de la vie

Guerre des âges ou fin des âges ? Les politiques publiques ont conçu des politiques des âges sédimentées qui distinguent la jeunesse et le troisième âge mais s’abstiennent de prendre en compte le continuum de l’existence. Une nouvelle politique des âges devrait s’appuyer sur une compréhension de la réalité des parcours de vie et ainsi sortir par le haut de l’alternative guerre des âges/fin des âges.


Fabienne Brugère
14:15 – 15:30

Une économie de la sollicitude ?

L’attention aux autres et l’échange non marchand existent comme un contrepoint nécessaire —et domestique— à la compétition et au marché. Ce champ d’activité tend cependant à sortir de la sphère domestique et devient une question sociale et économique : les métiers du « care » prennent une importance croissante dans les activités économiques et les solidarités financières instaurées par les États providence atteignent leurs limites humaines et financières. Peut-on dès lors parler d’une économie de la sollicitude ? Ne s’agit-il pas d’un oxymore ?


Claudia Sénik
15:45 – 17:00

Le bonheur est-il une grandeur économique ?

Le bonheur de l’individu est devenu un objectif politique. Mais peut-on mesurer quelque chose d’aussi subjectif et impalpable que le bonheur ? Depuis une trentaine d’années, les économistes ont tenté de relever ce défi. Mesurer le bonheur tel qu’il est ressenti et déclaré par les individus eux-mêmes est une gageure : l’argent fait-il le bonheur ? la croissance rend-elle les gens plus heureux ? Dans le cas contraire, faut-il opter pour la décroissance ou, du moins, mesurer le bien-être au-delà du PIB ? Ce champ de recherches permet de comprendre pourquoi la France, pays objectivement riche, souffre d’un tel « déficit de bonheur ».

17h : Présentation de l’ouvrage : En finir avec les banlieues
avec Thomas Kirzsbaum, coordonnateur de l’ouvrage

Vendredi 17 janvier


Jean Viard  
9:00 – 10:30

L’expérience du territoire : les nouveaux horizons d’un monde mobile

Notre expérience du territoire s’est profondément transformée sous l’effet d’une mobilité accrue et d’une montée en puissance des pratiques de consommation et de loisirs. Nous étions enracinés dans des lieux, nous sommes devenus producteurs de territoires, débordant en permanence les périmètres administrés, qui peinent à suivre nos mouvements et nos pérégrinations. Comment se concilient aujourd’hui les logiques d’enracinement et celles de mobilité ? Comment, dans cet entre deux jouent les pouvoirs publics territoriaux et nationaux ? La société des mobilités est-elle durable et quels nouveaux territoires dessine-t-elle ?


Jacques Lévy  
11:00 – 12:30

Territoires : pratiques, identités, institutions

La fabrique institutionnelle des territoires court après « la bonne échelle », celle qui permet aux institutions de disposer d’une véritable assise démocratique et d’être des producteurs de politiques publiques efficaces. Mais peut-on véritablement concilier des exigences contradictoires : adapter des territoires à des sociétés mobiles, respecter et valoriser les identités culturelles territoriales, et produire des institutions stables et durables ? Ne fait-on pas là face à une équation dont les inconnues sont trop nombreuses ? En quoi la vague de réformes territoriales en cours permet-elle de résoudre cette équation ?


Danièle Hervieu-Léger  
14:15– 15:30

Figures contemporaines du religieux : le pèlerin et le converti

L’interrogation sur la laïcité s’alimente d’un renouveau du religieux. Mais tout autant qu’à une recrudescence du fait religieux, nous assistons à sa mutation radicale. Il est moins le fait d’institutions établies et plus le produit de constructions individuelles, singulières qui sont autant de parcours personnels. Les figures du pèlerin et du converti, illustrent ce nouveau rapport au religieux. Elles nous apportent aussi des clés de compréhension sur la façon dont aujourd’hui se construisent les rapports entre l’individu et ses différents collectifs d’identification et d’appartenance.


15:30 – 16:30

Discussion générale et première présentation des auditeurs


Les intervenants

Jean Viard   est directeur de recherches CNRS au Centre d’études de la vie politique française. Ses domaines de spécialisation sont les temps sociaux, l’espace (aménagement, questions agricoles) et le politique. Il préside les éditions de l’Aube, dont il est le fondateur avec Marion Hennebert, Derniers ouvrages parus : Éloge de la mobilité – 2011, Éditions de l’Aube ; Nouveau portrait de la France – 2011, Éditions de l’Aube ; La société des modes de vie, Paris, Éditions de l’Aube, 2012, coll. « L’urgence de comprendre ».

Pierre-Henri Tavoillot   est philosophe, maître de conférences à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV) et président du Collège de Philosophie. Directeur du master « Métiers de l’entreprise », il est aussi membre du Comité d’éthique du CNRS (Comets) et chargé de cours à Sciences-po.
Parmi ses ouvrages : Faire ou ne pas faire son âge (Editions de l’Aube, 2014), Petit almanach du sens de la vie (Livre de Poche, 2013), Qui doit gouverner ? Une brève histoire de l’autorité (Grasset, 2011) et Philosophie des âges de la vie (avec E. Deschavanne, Hachette Pluriel, 2008).

Fabienne Brugère est philosophe, professeure à l’université de Paris VIII, titulaire de la chaire « philosophie des arts modernes et contemporains », après avoir enseigné à Bordeaux, où elle a présidé le conseil de développement de la communauté urbaine. Ses travaux portent sur les philosophies du XVIIIe siècle, sur la philosophie de l’art et sur la philosophie morale et politique. Derniers ouvrages parus : Le sexe de la sollicitude, Seuil, 2008 ; L’éthique du care, QSJ ?, PUF, 2011 ; Faut-il se révolter ?, Bayard, 2012 et en collaboration avec Guillaume le Blanc, Dictionnaire politique à l’usage des gouvernés, Bayard, 2012.

Claudia Senik est professeure à l’université Paris-Sorbonne et à l’École d’économie de Paris. Auteure de nombreux articles de référence, elle est l’une des spécialistes internationales de l’économie du bien-être et de l’économie comportementale. Dernier ouvrage paru : L’économie du bonheur, Paris, éditions du Seuil, coll. « La République des idées ».

Jacques Lévy   est géographe. Fondateur de la revue Espaces Temps, il se spécialise dans la géographie politique. Il enseigne à l’école polytechnique fédérale de Lausanne, où il dirige le laboratoire Chôros. Parmi ses publications : L’espace légitime, Presses de Sciences Po, 1994 ; Réinventer la France : trente cartes pour une nouvelle géographie, Paris, Fayard.

Danièle Hervieu-Léger   est sociologue, directrice d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Ses travaux portent sur les formes contemporaines de la mobilité religieuse (mobilité des croyances et des pratiques, mobilité des identités, des quêtes du sens), puis, à travers la question des sectes, sur les formes nouvelles de religiosité et de sociabilité religieuse et leurs implications pour le modèle français de la laïcité. Derniers ouvrages parus : Qu’est-ce que mourir ? (dir.), 2010, Editions le Pommier ; Dictionnaire des faits religieux (dir.), 2010, Presses universitaires de France