Institut des hautes études en développement et aménagement et des territoires en Europe




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Session 2 - 12-13 février - Paris

Industrie et territoires

Industrie et territoires

Coordination scientifique
Pierre Veltz  

jeudi 12 & vendredi 13 février 2015
SANOFI
9, bd Romain Rolland – 75014 Paris (M° Porte d’Orléans)


Nous parlons de troisième (voire de quatrième) révolution industrielle. Mais de quelle révolution s’agit-il ? Celle du numérique ? Celle de l’économie de la connaissance ? Celle de la mondialisation ? Celle de la suprématie de l’industrie financière ? Dans la pratique, les phénomènes convergent pour brouiller le cadre de référence sur lequel s’étaient bâties les sociétés industrielles : la frontière entre industrie et services s’estompe ; le commerce international accompagne l’étirement mondial des chaînes de valeur et de production ; l’économie de la connaissance entraîne une transformation de la notion même de valeur. Les impacts territoriaux sont considérables et paradoxaux : plus les communications sont faciles, plus les activités tendent à s’agglomérer ; l’avènement de l’économie numérique s’accompagne d’une croissance très matérielle des échanges de marchandises. C’est une mondialisation paradoxale, qui, loin de produire de l’uniformité, tend à accentuer les spécialisations —et les inégalités— entre territoires.


Gilles Lhernoud
9 :15 – 10 :00
Quelles responsabilités territoriales pour une entreprise multinationale comme SANOFI ?
Comment SANOFI, multinationale de la santé, s’inscrit-elle dans les territoires ? Quelle est sa stratégie d’implantation (ou de retrait) ? Comment construit-elle des relations avec les acteurs territoriaux ? Quelle place occupe l’espace français dans sa géographie mondiale ?


Pierre Veltz  
10 :00 – 11 :15
Mondialisation et système productif

Qu’est-ce qu’une firme ? Qu’est-ce qu’un produit ? Peut-on inscrire les procès de production dans un périmètre délimité ? Qu’est-ce qui est échangé et qui échange ? Comment la gratuité devient-elle une valeur économique ? Les idées se vendent-elles ? Qui est rémunéré, et pourquoi ? Comment se trace la limite entre employé et employeur, entre client et fournisseur ? Ces questions simples n’ont pas, n’ont plus, de réponse simple. La mondialisation, ce n’est pas seulement le développement de nouveaux acteurs économiques, ce n’est pas non plus seulement la dictature des marchés financiers et des multinationales, c’est une transformation encore plus profonde de l’acte même de produire et d’échanger.


Antoine Frémont  
11 :30 – 12 :45
La mondialisation passe par la mer

Notre économie est très matérielle. Nous n’avons jamais autant échangé de marchandises. Les ports et leurs réseaux jouent un rôle déterminant dans l’organisation du système productif et la structuration des territoires. Les métropoles sont, de plus en plus, des nœuds de communication et d’échange, façonnés par leurs ports et/ou leurs aéroports. Ce qui soulève deux questions : comment se négocient la double insertion des grandes portes d’entrées à la fois dans les réseaux mondiaux et dans les territoires ? Les États ont-ils encore un rôle à jouer entre les opérateurs de flux mondialisés et les métropoles portuaires et aéroportuaires ?


Dorothée Kohler  
Jean-Daniel Weiss
14 :15 – 16 :15
Industrie et territoires : existe-t-il un « modèle allemand » ?

Pour une part importante, l’une des différences entre la France et l’Allemagne passe par la géographie et l’histoire économique. Cette histoire, liée à des formes d’organisation politique spécifiques, a construit un rapport particulier entre les territoires et les entreprises en Allemagne. Les écosystèmes territoriaux relient, dans la proximité, les entreprises —dont le fameux « Mittelstand », les banques, les pouvoirs publics et les universités. Ces réseaux industriels urbains sont confrontés aux mêmes problèmes que les industries françaises : concurrence, compétitivité, innovation, qualification. Mais ils les résolvent avec des méthodes différentes. Pas de leçon, donc, mais une mise en perspective.


Noémie Condomines, Antonio Mesina Pierres-Gilles Saby, Melissa Vergara
16 :30-17 :00
La troisième Italie : présentation de la mission d’études
Pourquoi, où et comment ? Par les étudiants en charge de la préparation du voyage.


Vendredi 7 février


Pierre Veltz  
9 :15 – 11 :15
Les conséquences territoriales de la mondialisation économique

La mondialisation est paradoxale en ceci que, bien que les systèmes de communication abolissent les distances, des « grumeaux » se sont formés, confirmés, coagulés. La mondialisation économique passe par les très grandes villes, et par des formes nouvelles de proximité. Cette concentration métropolitaine —qui est souvent contestée— pose évidemment des questions s’agissant de l’organisation et de l’efficacité du territoire. Comment concevoir des organisations territoriales performantes ; quelle place l’industrie, et la dimension manufacturière peuvent-elles encore occuper dans nos territoires ?


Eric Rebiffé
11 :30-12 :15
La gestion territoriale des emplois et des compétences

L’industrie perd des emplois, mais continue de recruter et ses demandes de qualification évoluent constamment. La gestion prévisionnelle des emplois et des compétences est-elle une des méthode qui permet de traiter ce paradoxe et, peut-être, de redorer le blason de l’industrie auprès des actifs ?


Noémie de Grenier  
14 :00-15 :15
Coopaname : enjeux territoriaux des nouvelles formes de travail

Dans les très grandes villes, la part des salariés dans l’emploi recule au profit des indépendants. Fruit d’un désir d’autonomie et de mutations dans l’organisation du travail, cette évolution permet certes une émancipation des individus, mais s’accompagne aussi d’une précarité croissante. Peut-on concilier l’indépendance et la sécurité ? C’est le pari de Coopaname, mutuelle de travail. Un produit typiquement métropolitain ?


15 :15-16 :00
Discussion générale et suite de la présentation des auditeurs


Les intervenants

Pharmacien et titulaire d’un DEA en Pharmacie Industrielle, Gilles Lhernould   est entré chez Sanofi en 1983 en qualité de Responsable de production, puis Directeur de site. Il a occupé différents postes dans le groupe Sanofi, et notamment Directeur des Ressources Humaines. Après la fusion avec Synthélabo, il a été nommé Vice-Président pour l’Intégration, puis Vice-Président des Systèmes d’Information, avant d’être nommé Senior Vice-Président des Affaires Industrielles de Sanofi-Synthélabo en 2001. En 2004, il a été nommé Senior Vice-Président des Affaires Industrielles de sanofi-aventis, et en 2008, Senior Vice-Président des Ressources Humaines de sanofi-aventis.


Pierre Veltz   est ingénieur des Ponts et Chaussées et docteur en sociologie, ancien directeur de l’ENPC et de l’IHEDATE. Il a enseigné à l’École des Ponts et à Sciences Po. Il est actuellement président directeur général de l’Établissement public de Paris-Saclay, en charge de concevoir et de mettre en œuvre le projet de cluster. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur les rapports entre système productif et territoires, parmi lesquels : Mondialisation, villes et territoires, une économie d’archipel, PUF, (rééd. 2005) ; Des lieux et des liens. Politiques du territoire à l’heure de la mondialisation, Editions de l’aube, 2002 ; La grande transition, Editions du Seuil, 2008 ; Paris, France, Monde, aux éditions de l’Aube, 2012, L’industrie, notre avenir (dir.), 2015, Eyrolles.


Antoine Frémont   est géographe. Il est chargé de mission aménagement du territoire à RFF. Il a été directeur de recherche à l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux. Ses travaux de recherche porte sur l’industrie du transport maritime en lien avec la mondialisation. Derniers ouvrages parus : « Le transport maritime à la croisée des enjeux économiques et environnementaux », in Pierre Jacquet  , Rajendra Kumar Pachauri, Laurence Tubiana (Editeurs), Océans, la nouvelle frontière, Rapport annuel sur le développement durable, Paris, Armand Colin, 2011. « L’avenir des ports maritimes », Futuribles, n°358, décembre 2008 ; « Le Havre, l’axe Paris-Seine et les routes maritimes mondiales », Esprit, La mondialisation par la mer, Juin 2013.


Dorothée Kohler  , docteur en géographie, diplômée de Sciences Po Urba, a été chercheur au sein du Centre Marc Bloch à Berlin, a exercé des fonctions dirigeantes au sein d’Arcelor puis d’ArcelorMittal, puis fondé en 2009 l’entreprise KOHLER Consulting & Coaching. Elle intervient en stratégie et management auprès de dirigeants d’entreprise et de leurs équipes. Elle est membre du comité d’orientation de la Fabrique de l’industrie. Parmi ses publications : Paris-Berlin, regards croisés, Economica, 2000, Pour un nouveau regard sur le Mittelstand, Rapport pour le Fonds stratégique d’investissement, La documentation Française, 2012, coécrit avec Jean-Daniel Weisz  , ETI 2020, trajectoires de croissance, réalisée pour Bpifrance, 2014, coécrit avec Jean-Daniel Weisz  , »Anatomie des "modèles" industriels », in Pierre Veltz   et Thierry Weil (dir.) : L’industrie, notre avenir, Eyrolles, 2015


Jean-Daniel Weisz  , docteur en économie, diplômé de l’EM Lyon, est spécialiste des questions économiques et industrielles en Allemagne et en France. Après une expérience dans la recherche et l’industrie, il intervient aujourd’hui au sein de Kohler C&C.
Parmi ses publications : Institutional Economics in France and Germany - German Ordoliberalism versus the French Regulation School, Springer Verlag (2001), coédité avec Agnès Labrousse ; Allemagne : un nouveau modèle ?, in Pierre Veltz   et Thierry Weil (dir.) : L’industrie, notre avenir, Eyrolles, 2015.


Éric Rebiffé   est diplômé de l’ECSP et l’ESSEC. Il a assuré des responsabilités au sein des directions internationales, Export et Marketing de la CCIP, de Diagnostics Pasteur puis du groupe Sanofi, en Afrique, au Proche et Moyen-Orient, en Amérique latine, en France et en Europe. Il est désormais directeur de l’emploi territorial et de l’essaimage au sein du groupe Sanofi et directeur général de Sanofi développement où il conduit la politique d’appui au développement économique local et la gestion prévisionnelle territoriale des emplois et des compétences.


Noémie de Grenier   est Diplômée de l’IEP de Lille et de l’Université de Louvain-la-Neuve, elle a commencé sa vie professionnelle en Argentine, auprès de structures de développement local et d’entreprises récupérées. Elle a rejoint Coopaname en octobre 2008 comme responsable de la coopérative en Seine-Saint-Denis. Co-pilote de la commission recherche, administratrice, elle a aussi été en charge des programmes d’éducation à la citoyenneté économique destinés aux jeunes. Après un an de recul consacré à la musique et à l’action militante, Noémie est devenue directrice générale de la SCOP-SA en décembre 2014.


Éléments de bibliographie

Pierre Veltz  
http://www.scienceshumaines.com/une-economie-d-archipel-entretien-avec-pierre-veltz_fr_14286.html

http://www.latribune.fr/blogs/la-tribune-du-grand-paris/20140328trib000822511/le-potentiel-de-recherche-de-l-ile-de-france-est-aussi-important-que-celui-de-la-silicon-valley-pierre-veltz.html

Antoine Frémont  
http://www.cairn.info/publications-de-Fr%C3%A9mont-Antoine—2885.htm

Dorothée Kohler  
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/espos_0755-7809_2001_num_19_3_1998