Institut des hautes études en développement et aménagement et des territoires en Europe




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Session 2, 14-15 février

Les territoires et les temps du système productif

Jeudi 14 février

« Dans l’espace multi-échelle, où partout le global et le local sont amenés à se téléscoper, les rythmes temporels sont et seront incroyablement divers, du High Frequency Trading, caricature de la finance auto-centrée, aux cycles longs des infrastructures (y compris numériques) et des grands systèmes (aéronautique, spatial, énergie) dont la durée de vie continuera à se mesurer en décennies. Le monde urbain et rural réglé par le rythme diurne a depuis longtemps cédé le pas à une vie métropolitaine qui tend vers l’ouverture continue (7/24). Le rythme mondial est encore réglé par les fuseaux horaires (la ronde des bourses, par exemple, ou le travail tertiaire externalisé et réalisé pendant la nuit de l’Amérique ou de l’Europe…). Mais la planète 24 sur 24 ne saurait tarder… ». Quelles figures territoriales et quelles formes d’organisation du travail et de la production peuvent surgir de cette « polychronie » ?


9:30 – 10:45
Antoine Frémont  

Le transport maritime : quelles incidences sur l’espace et les territoires ?

Les longues routes du transport maritime tracent un circuit mondial accroché à quelques grands hubs qui assurent le groupement et la distribution entre les émetteurs et les destinataires finaux, entreprises ou consommateurs. Si quelques points suffisent, comment les autres territoires s’inscrivent-ils dans ce système ? En quoi le transport maritime conduit-il à reconfigurer les logiques de transport terrestre et fluvial, dans l’hinterland des grands ports ? Et quelle est la place pour les ports français dans cette vaste redistribution des cartes ?


11:00 – 12:15

Laetitia Dablanc  

La logistique urbaine

Au cœur des villes, la logistique s’inscrit dans des tensions et contradictions croissantes. Le souci global de limitation des trafics conduit à ralentir les temps de livraison et à limiter les circulations ; mais les préoccupations de « juste à temps », le retour du commerce au cœur des villes et l’explosion des commandes à distance conduisent à une forte croissance des trafics. Après le temps de l’externalisation de vastes plateformes logistiques en périphérie, le temps est-il venu de la « réinternalisation » de la logistique dans les villes ?


14:15 – 16:00

Pierre Veltz  

Temps, production et territoires, une mise en perspective globale

De la première révolution industrielle à l’économie de la connaissance, les territoires sont inscrits dans les cycles longs du système productif. Les cycles courts de l’économie impactent aussi les territoires. Enfin, plus récemment, de nombreux travaux montrent que les configurations des territoires, leurs mode d’aménagement et de gestion ont une influence forte sur leur productivité et leur compétitivité. Quelles leçons tirer, pour nos territoires, de cette longue histoire ?


16:15 – 17:15
Pierre Tambourin  

Économie de la connaissance et de l’innovation, le cas des biotech

Les biotechnologies sont-elles un nouveau mythe contemporain ? Partout, on présente les « biotech » comme une nouvelle frontière, un formidable gisement d’innovation et d’activités nouvelles, une chance pour l’industrie des pays du Nord, etc. En quoi ces biotech sont-elles nouvelles par rapport aux industries de la santé et du médicament ? Qu’est-ce que le terme « biotech » recouvre exactement ? Et qui est véritablement dans la course ?


Les étudiantes du Master STU
Présentation du programme du voyage en Pologne

Vendredi 15 février

9:00 – 10:30
Yves Clot  

La qualité du travail contre les risques psychosociaux

Paradoxe français : nous témoignons d’un grand attachement au travail, tout en déclarant des niveaux de stress psychologique très élevés. Les travailleurs ont-ils les ressources nécessaires pour faire face aux exigences croissantes des organisations du travail ? Faut-il multiplier les soutiens psychologiques au sein des organisations, au risque du « despotisme compassionnel » ? N’est-ce pas plutôt l’organisation du travail qu’il faut changer, afin de prévenir le gaspillage des ressources psychologiques et sociales des travailleurs ? Ne vaut-il pas mieux des organisations qui apportent la satisfaction du travail bien fait plutôt que d’ouvrir des « corridors humanitaires » ?


10:45 – 12:15

Christophe Chevalier  

Coopération économique et développement territorial

L’économie sociale et solidaire est-elle un levier de développement territorial ? Au moment où l’on ne parle que de compétitivité et d’innovation, les acteurs ancrés dans des territoires disposent-ils des ressources (humaines, financières, techniques et organisationnelles) pour conduire des stratégies de développement ? Une stratégie, celle du groupe Archer, entreprise coopérative entre la Drôme et l’Ardèche.


14:15 – 15:30
Stéphane Veyer  

Coopaname : nouvelle forme d’entreprise coopérative et mutualiste

Tous auto-entrepreneurs ? La création d’entreprises a fait un bond spectaculaire depuis la crise de 2009. Mais à quel prix pour les individus ? Et ce statut est-il véritablement adapté à tous les parcours ? Peut-on concilier l’autonomie des individus dans leur activité économique et des formes de sécurité collective ? Un début de réponse avec l’exemple de Coopaname.


15:30 – 16:30
Discussion générale


>>> Chronique : Prendre la mer sans prendre l’eau


Les intervenants

Pierre Veltz   est ingénieur des Ponts et Chaussées et docteur en sociologie, ancien directeur de l’ENPC et de l’IHEDATE. Il a enseigné à l’École des Ponts et à Sciences Po. Il est actuellement président directeur général de l’Établissement public de Paris-Saclay, en charge de concevoir et de mettre en œuvre le projet de cluster. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur les rapports entre système productif et territoires, parmi lesquels : Mondialisation, villes et territoires, une économie d’archipel, PUF, (rééd. 2005) ; Des lieux et des liens. Politiques du territoire à l’heure de la mondialisation, Editions de l’aube, 2002 ; La grande transition, Editions du Seuil, 2008 ; Paris, France, Monde, aux éditions de l’Aube, 2012.

Antoine Frémont   est géographe. Il est chargé de mission aménagement du territoire à RFF. Il a été directeur de recherche à l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux. Ses travaux de recherche porte sur l’industrie du transport maritime en lien avec la mondialisation. Derniers ouvrages parus : « Le transport maritime à la croisée des enjeux économiques et environnementaux », in Pierre Jacquet  , Rajendra Kumar Pachauri, Laurence Tubiana (Editeurs), Océans, la nouvelle frontière, Rapport annuel sur le développement durable, Paris, Armand Colin, 2011. « L’avenir des ports maritimes », Futuribles, n°358, décembre 2008.

Laetitia Dablanc   est directrice de recherche à l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTTAR), où elle travaille sur le transport des marchandises, la logistique urbaine, les politiques de transport et d’environnement. Diplômée de Sciences Po Paris, elle est docteure de l’École des Ponts-ParisTech et diplômée de Cornell University (Master of City and Regional Planning). Elle était récemment chercheuse invitée aux Etats-Unis, à Georgia Tech en 2010-2011 puis à USC/METRANS en 2011-2012 où elle a travaillé sur les phénomènes d’étalement urbain des activités logistiques et les politiques des grandes villes américaines qui leur sont associées.

Pierre Tambourin   intègre l’École polytechnique en 1964, puis obtient une maîtrise ès sciences (1968) et un diplôme d’études approfondies de biologie moléculaire (1970). Chargé de recherche à l’Inserm (1967), il travaille dans l’unité Inserm dirigée par François Zajdela (Physiologie cellulaire, cancer et radiobiologie) localisée sur le campus d’Orsay, au sein de l’Institut Curie.
Directeur de recherche à l’Inserm, Pierre Tambourin  , 66 ans, est, depuis 1998, directeur général de Genopole® à Évry. Il préside le conseil d’administration de l’École normale supérieure de Cachan et est également vice-président du Pôle Medicen Paris Région.

Projet collectif
Master STU Sciences Po : Katie Barrett, étudiante, Valentine Bouissières, étudiante
Constance Lauffet, étudiante, Alix Ménard, étudiante
Romain Guizard, tuteur

Yves Clot   est professeur de psychologie du travail, titulaire de la chaire de psychologie du travail du CNAM, Centre de recherche sur le travail et le développement du CNAM.
Il est notamment l’auteur de "Le Travail sans l’homme ? Pour une psychologie des milieux de travail et de vie" (La Découverte, 1995, 2008) et de "Travail et pouvoir d’agir" (PUF, 2008). Il a été lauréat du Prix du Meilleur Ouvrage sur le monde du travail pour la catégorie « expert » en 2011 pour son livre "Le Travail à Cœur : pour en finir avec les risques psychosociaux."

Christophe Chevalier  , éducateur et titulaire d’une maîtrise de gestion, rejoint dès sa création l’association intermédiaire « Archer » située à Romans dans la Drôme, dont il se voit proposer la direction en 1991. Sa stratégie : adjoindre à des activités d’insertion une action de développement économique en s’appuyant sur les savoir-faire de ce bassin industriel. Archer intervient pour reprendre des entreprises, propose des relocalisations aux industriels locaux, se lance dans la fabrication de chaussures et transforme son siège social en Pôle territorial de coopération économique, regroupant une vingtaine d’acteurs économiques, politiques et sociaux. Le groupe Archer rassemble 82 actionnaires et salarie plus de 310 équivalents temps plein à travers ses diverses activités.

Stéphane Veyer   est âgé de 41 ans, diplômé de droit et de sciences politiques. Il vient du monde des études et des sondages. Après quelques années passées chez McKinsey&Company, il a rejoint Coopaname à sa création pour y pratiquer l’activité d’aiguiseur de plumes. Il est depuis l’une des chevilles ouvrières de cette coopérative de travail originale, qui rassemble 600 personnes.