Institut des hautes études en développement et aménagement et des territoires en Europe




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Session 3, 14-15 mars

L’État est-il toujours maître des horloges ?

L’impuissance publique est une expression à la mode. Les États ne gouverneraient ni l’espace —les territoires nationaux échapperaient de plus en plus à leur juridiction— ni le temps —il ne serait plus possible de « prévoir », or, « gouverner, c’est prévoir ». Tout semble entré en turbulence, et les citoyens, par les urnes, les sondages ou les mouvements sociaux, semblent rejeter des gouvernements élus qui paraissent n’agir que dans le sens unique des « marchés », de « l’Union européenne » ou de la « mondialisation ». Ce séminaire entend prendre du recul par rapport à ces idées reçues : plutôt que d’impuissance publique, ne faut-il pas parler de transformation profonde du rôle des États ? Plutôt que d’évanescence des gouvernants, ne faut-il pas parler de l’incertitude sur quoi et qui est gouverné ? Et au-delà d’une impression de « court-termisme » dominant, ne peut-on déceler des lignes de force, qui rendent lisibles les transformations permanentes du politique et de la politique ?

Coordination scientifique
Patrick Le Galès  

Jeudi 14 mars
Auditorium André Borie – FNTP – 3 rue de Berri – Paris 8ème
Métro Georges V

L’impuissance publique est une expression à la mode. Les États ne gouverneraient ni l’espace —les territoires nationaux échapperaient de plus en plus à leur juridiction— ni le temps —il ne serait plus possible de « prévoir », or, « gouverner, c’est prévoir ». Tout semble entré en turbulence, et les citoyens, par les urnes, les sondages ou les mouvements sociaux, semblent rejeter des gouvernements élus qui paraissent n’agir que dans le sens unique des « marchés », de « l’Union européenne » ou de la « mondialisation ». Ce séminaire entend prendre du recul par rapport à ces idées reçues : plutôt que d’impuissance publique, ne faut-il pas parler de transformation profonde du rôle des États ? Plutôt que d’évanescence des gouvernants, ne faut-il pas parler de l’incertitude sur quoi et qui est gouverné ? Et au-delà d’une impression de « court-termisme » dominant, ne peut-on déceler des lignes de force, qui rendent lisibles les transformations permanentes du politique et de la politique ?


Patrick Le Galès  

9:30 – 10:45

Le temps long des transformations de l’État : qui gouverne, qui est gouverné ?

L’État a mis trois cents ans à s’imposer comme forme dominante de l’exercice du pouvoir politique, en Europe d’abord, dans le monde ensuite. C’est son efficacité, dans la guerre d’abord, dans la production des conditions de la croissance et du bien-être ensuite qui lui a donné cette victoire. Cette hégémonie est-elle aujourd’hui contestée ? La mondialisation, les mobilités des hommes, des marchandises et des capitaux, les nouveaux aléas rendent-ils cette forme politique obsolète ?


Patrick Le Galès  

11:00 – 12:15

Les formes de la gouvernance en Europe

Pourtant, les États se réforment en permanence. Ils transforment à la fois leurs méthodes, leurs objets et leurs périmètres. Petit tour du monde des formules de gouvernance, et des innovations en matière de politique publique.


Philippe Bezès  

4:15 – 15:15

Les réformes de l’État et le gouvernement par la performance

Les États sont-ils entrés en turbulence récemment, après un âge d’or de stabilité et de longue durée ? Il y a pourtant longtemps que la réforme de l’État est devenue une activité à part entière, dont on peut tracer les genèses et les développements. Parmi les nombreux contenus de réforme, le gouvernement par la performance fait figure de matrice centrale dans de nombreux États. Quels en sont les enjeux et les effets ? Comment s’inscrit-il dans les transformations politiques, managériales et budgétaires des administrations publiques ?


Guy Gilbert  

15:30 – 16 :30

Les finances locales dans l’impasse ?

L’équation des finances locales est, sur le papier impossible à tenir. Peut-on à la fois garantir l’autonomie des collectivités locales, l’équité fiscale, un financement à hauteur des compétences tout en maîtrisant la croissance des budgets locaux et des transferts de l’État aux collectivités locales ? Évidemment non. Analyse des impasses qui régissent les finances locales.


Olivier Borraz  

16:30 – 17:30

Les États et les politiques du risque

Prévoir le risque, calculer l’aléa, prévenir les dommages : la question de l’assurance s’est largement déplacée, du champ social vers le champ économique, technologique et environnemental. Comment les États font-ils face à ce nouveau champ ? Quels en sont les acteurs et les techniques ? Et les conséquences politiques et démocratiques ?


Vendredi 15 mars
Auditorium André Borie – FNTP – 3 rue de Berri – 75008 Paris


Charlotte Halpern  

9:00 – 9:45

Que reste-t-il du Grenelle de l’environnement ?

L’élan initial d’une nouvelle forme de « gouvernance » et d’un changement de modèle s’est-il perdu dans les sables d’une mise en œuvre bureaucratique et tatillonne ? Au-delà des effets immédiats, le « Grenelle » permet-il d’espérer des transformations de long terme ?


Bertrand Hervieu  

10:00 – 11:15

Longue durée et court terme dans les politiques agricoles

Les politiques agricoles illustrent cet âge de turbulences, après une période d’apparente stabilité, comme un âge d’or. Les politiques agricoles, nationales et européennes sont-elles véritablement entrée dans une logique purement conjoncturelle ? Ou bien s’inscrivent-elles dans des transformations de longue durée que l’on peine encore à saisir ?


Tommaso Vitale  

11:15 – 12:15

Recentraliser pour sauver l’Italie ?

Recentraliser pour sauver l’Italie, c’était le pari du gouvernement Monti. Pari paradoxal si l’on considère l’État italien comme un poids supporté par une société active et innovante. Pari apparemment raté si l’on en juge le résultat des dernières élections. Pari pourtant nécessaire, face à un système institutionnel qui atteint ses limites.


Patrick Le Lidec  

14:15 – 15:15

Décentralisation : plus ça change, plus c’est pareil ?

Une nouvelle loi, en préparation, trois ans après la précédente. Le système territorial est-il véritablement condamné à l’immobilisme, incarnation jusqu’à la caricature d’une France « non réformable » ? Quelles sont les transformations en préparation, et quelle est leur portée ?


15:15 – 16:15
Discussion générale en présence de Nicolas Portier  , délégué général de l’ADCF


16:15 – 16:30
Présentation des ateliers


Les intervenants

Patrick Le Galès   est politiste et sociologue, directeur de recherche CNRS au Centre d’études européennes de Sciences Po et professeur à Sciences Po, FBA et part time professor à King’s College London (2010-2012).
Ses recherches portent sur les questions de gouvernance, d’action publique et de restructuration de l’État en Europe, sur la formation d’une société de marché (notamment en Grande-Bretagne) et sur les transformations des villes européennes et des grandes villes mondiales.
À Sciences Po, il a créé et co-dirigé les masters "Stratégies territoriales et urbaines", le double diplôme de Master Sciences Po/LSE "urban policy" et "Governing the large metropolis". Il a été le premier codirecteur directeur scientifique de l’IHEDATE. Il est membre de son conseil scientifique.

Philippe Bezès   est docteur en science politique de Sciences Po Paris et diplômé de l’École supérieure de commerce de Paris (ESCP-EAP). Chargé de recherche CNRS au CERSA, ses principaux thèmes de recherche sont la sociologie de l’administration et des réformes administratives, les politiques de réforme de l’État, les transformations des systèmes administratifs, les théories de la bureaucratie et l’analyse des politiques publiques. Dernier ouvrage paru : Gouverner (par) les finances publiques, avec Alexandre Siné, Paris, Presses de Sciences Po, 2011.

Guy Gilbert   est professeur agrégé des facultés en économie. Il a enseigné l’économie publique et les finances publiques à l’École normale supérieure de Cachan, et en tant que professeur invité aux Universités de Genève et de Montréal ainsi qu’au Haut Collège d’économie à Moscou. Il a dirigé notamment le Groupement de recherches sur l’administration locale en Europe. Ses publications portent sur l’économie publique et l’économie des finances publiques, et particulièrement sur les finances locales, la fiscalité et les transferts entre les collectivités locales, la péréquation financière entre les collectivités locales.

Olivier Borraz  , directeur de recherche au CNRS (Centre de sociologie des organisations) poursuit ses recherches dans le domaine des risques, notamment en santé environnement. Après avoir étudié une série de controverses et de crises, des processus de décision en matière de sécurité sanitaire, la mise en place et le fonctionnement des agences de sécurité sanitaire, il s’intéresse aujourd’hui à la production de savoirs et de connaissances en matière de gouvernance des risques (au sens large). En 2008, il a publié Les politiques du Risque (Presses de Sciences Po).

Charlotte Halpern   est chercheure de la Fondation nationale des sciences politiques au laboratoire PACTE / IEP de Grenoble. Ses travaux portent sur les transformations de l’action publique dans les États européens (Royaume-Uni, France, Allemagne et Union européenne). Chercheure associée à la Chaire ville de Sciences Po, elle a contribué au Programme Villes et Territoires de Science-Po dont elle co-édite la série des Cahiers de recherche.

Bertrand Hervieu  , diplômé de l’Institut d’études politiques et docteur en sociologie, est vice-président du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux. Il a été président de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) de 1999 à 2003 et conseiller de plusieurs ministres de l’Agriculture et de la pêche. Parmi ses publications : Les Mondes agricoles en politique, Presses de Sciences Po, 2010. L’Archipel paysan, La fin de la république agricole, Éditions de l’Aube, 2001, Sociologie des mondes agricoles, Paris, Armand Colin, U sociologie.

Tommaso Vitale   est "Associate Professor" de sociologie à Sciences Po où il est directeur scientifique du master biannuel “Governing the Large Metropolis”. Ses thèmes de recherche portent sur la sociologie urbaine comparée et des politiques urbaines. Il a été chercheur invité au Workshop in Political Theory and Policy Analysis (Indiana University), à l’UMR Éducation et Société (INRP, Lyon) et au Groupe de Sociologie Politique et Morale (EHESS, Paris).

Patrick Le Lidec   est chargé de recherche CNRS au Centre d’études européennes de Sciences-Po. Ses principaux thèmes de recherche sont la sociologie de l’action publique, la sociologie politique, l’administration publique. Il enseigne à Science Po (Master STU) et à l’École des ponts.
Il a publié de nombreuses contributions sur la décentralisation et le fédéralisme, la réforme des structures territoriales, les transformations de la gouvernance locale en France, les recompositions de l’État et des systèmes d’administration publique.