Institut des hautes études en développement et aménagement et des territoires en Europe




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Session 4 - 21-22 mai - Paris

Pouvoirs publics et entreprises

Coordination scientifique : Patrick Le Galès  

jeudi 21 & vendredi 22 mai 2015

Tour ERDF – 34 place des Corolles – Paris La Défense


L’économie ne se fait pas à la corbeille, disait un fameux dirigeant du pays. Et pourtant… nous avons aujourd’hui le sentiment que c’est la finance qui gouverne le monde, au détriment des politiques publiques et des entreprises elles-mêmes. Cependant, tous les pays sont engagés, depuis plusieurs années dans des politiques volontaires en faveur des entreprises, et particulièrement des entreprises de production, seules à même, dit-on, de restaurer la compétitivité des pays et de maintenir le niveau de richesse nécessaire à la cohésion sociale. Quelles sont les réelles marges de manœuvre des pouvoirs publics et des entreprises dans le maintien ou le développement d’activités économiques « nationales » ou locales ? Et comment les acteurs économiques eux-mêmes se positionnent-ils par rapport aux pouvoirs publics nationaux et territoriaux ? Ce séminaire abordera successivement les deux dimensions : que peuvent encore les Etats ? Quelle est la valeur ajoutée de politiques territoriales de développement économique ? L’exemple de l’Île-de-France et de Paris sera sollicité pour illustré ces questionnements.


Patrick Le Galès  
9:30 – 11:00

Le temps long des transformations de l’État : qui gouverne, qui est gouverné ?

L’État a mis trois cents ans à s’imposer comme forme dominante de l’exercice du pouvoir politique, en Europe d’abord, dans le monde ensuite. C’est son efficacité, dans la guerre d’abord, dans la production des conditions de la croissance et du bien-être ensuite qui lui a donné cette victoire. Cette hégémonie est-elle aujourd’hui contestée ? La mondialisation, les mobilités des hommes, des marchandises et des capitaux, les nouveaux aléas rendent-ils cette forme politique obsolète ?


Patrick Le Galès  
11:15 – 12:30

Le temps long des transformations de l’État : l’économie est-elle gouvernable ?

C’est notamment en matière économique que semble se marquer le plus l’usure du pouvoir de l’Etat. Peut-on encore parler de politiques « nationales » ? Pourtant, lorsque l’Etat continue de recycler plus de la moitié de la richesse produite, il est, dans chaque pays, un acteur majeur. Comment expliquer alors ce sentiment d’impuissance ?


Frédéric Gilli  

14:15 – 15 :45

Entreprises, territoires et pouvoirs publics en Île-de-France

Territoire mondialisé, caractérisé par des flux intenses, très imbriqué à l’économie nationale : quel sens y a-t-il de parler d’économie régionale et, plus encore, de politique économique régionale dans ce contexte ? Quelle est la place des entreprises dans la gouvernance régionale ?


16:00 – 17:00

Présentation des ateliers du 2 et 3 juillet.


19:30

Dîner « en Ville » de l’AA IHEDATE à la Questure de l’Assemblée Nationale.
128 rue de l’Université – Paris 7ème (pièce d’identité)


Vendredi 22 mai

Accueil
9:00 – 9:15


Carine Saloff-Coste  
9:15 – 10:30

Un écosystème parisien ?

Comment se nouent les relations entre le territoire et les entreprises dans le contexte d’une métropole comme Paris ? Comment constituer un « terreau » de nature à faciliter l’éclosion des activités ? Quelles sont les marges de manœuvre et la stratégie de la Ville de Paris ? Comment cette politique se projette-t-elle à l’échelle de la métropole ?


Jean-Pierre Fine  

10:45– 11:30

Partenaires sociaux et pouvoirs publics : vers un dialogue social territorialisé ?

Le dialogue social s’est, en France, contrairement à d’autres pays, construit de manière centrale et verticale. Cependant, les évolutions économiques et sociales, la montée en capacité des collectivités locales et les enjeux de mutations économiques territoriales conduisent à une territorialisation croissante du dialogue social. Comment le territoire s’inscrit-il dans le dispositif national, ritualisé, de dialogue social et quelle peut-être la place des collectivités territoriales face aux partenaires sociaux ?


Ludovic Halbert  

11:30 – 12:45

La métropole financiarisée ?

Dans les très grandes villes, l’immobilier économique est toujours plus saisi par la finance et une logique spéculative. Cette financiarisation de la ville conduit à des offres immobilières très stéréotypées, qui tendent à formater le type d’entreprises destinataires. Comment maintenir la diversité du tissu économique et comment d’autres territoires peuvent-ils jouer dans ce mécanisme qui semble difficilement contrôlable ?


Nicolas Portier  

14:15– 15:30
Que nous réserve la réforme territoriale ?

La réforme territoriale (loi NOTRe) a été conduite au nom de l’économie de moyen tout en affirmant la nécessité de créer des collectivités territoriales capables de conduire des politiques de développement ambitieuses. N’y a-t-il pas une contradiction dans les termes ? Quelles sont, vu du côté des intercommunalités, les potentialités et les risques, dans le domaine du développement économique, de cette réforme qui reconnaît le fait métropolitain, élargit les Régions et souhaite agrandir les intercommunalités ?


15:30-16:30
Débat général et conclusion


Les intervenants

Patrick Le Galès   est politiste et sociologue, directeur de recherche CNRS au Centre d’études européennes de Sciences Po et professeur à Sciences Po, Fellow of British Academy.
Il a été le premier directeur scientifique de l’IHEDATE. Il est membre de son conseil scientifique. Parmi ses publications récentes : The New Labour Experiment, Stanford University Press (avec Florence Faucher-King), Le retour des villes européennes (Presses de Sciences Po), L’instrumentation de l’action publique (Presses de Sciences Po), Globalising minds, roots in the cities, upper middle classes in Europe ? (avec Alberta Andreotti et Javier Moreno Fuentes) Wiley/ Blackwell en 2015.

Frédéric Gilli  , docteur en économie, ancien élève de l’ENSAE (École nationale de la statistique et de l’administration économique). Chercheur associé au Centre d’études européennes de Sciences Po, où il enseigne, il est directeur associé de l’agence Campana Eleb Sablic. Il a notamment travaillé sur la géographie des filières industrielles et des chaînes de valeur dans le bassin parisien, sur l’organisation de la métropole parisienne et sur la gouvernance du grand Paris (Paris, métropole hors les murs : aménager et gouverner le Grand Paris, avec Jean-Marc Offner, Presses de Sciences Po, 2009 ; Une région de projets : l’avenir de Paris, avec Paul Chemetov, La Documentation française, 2006 Grand Paris. L’émergence d’une métropole, Presses de Sciences Po, coll. « Nouveaux débats », 2014) et réfléchit à la façon de dynamiser les projets économiques et urbains au moyen de processus participatifs plus performants (Territoires et innovation, La Documentation française, 2012).

Ingénieure Supélec diplômée de Sciences Po Paris et de l’INET, Carine Saloff-Coste   a commencé sa carrière comme ingénieure en télécommunication chez SIEMENS transport sur la mise au point de la ligne 14 du métro parisien. Elle a ensuite travaillé pour la Banque de France. Administratrice Territoriale, elle part à Boston pour le compte de la Région Ile de France et du Département de l’Essonne pour y monter un bureau de promotion-prospection du secteur des biotechnologies. De retour en France, elle devient Directrice de l’aménagement et du Développement au conseil Général de l’Essonne. Elle rejoint en 2007 la Mairie de Paris en tant que chargée de la sous-direction du développement économique. Elle est aujourd’hui Directrice du Développement Économique, de l’Emploi et de l’Enseignement Supérieur.

Jean-Pierre Fine  , occupe depuis 2006 la fonction de Secrétaire général de l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM). Diplômé d’Economie appliquée (1984, Paris IX Dauphine) et de Ressources humaines (1987, Toulouse), il entre en 1986 à l’UIMM comme responsable de la communication et des études économiques et sociales. En janvier 2006 Jean-Pierre Fine   devient le Secrétaire général de l’UIMM. Il est alors chargé des relations avec les pouvoirs publics et les partenaires sociaux, et représente l’UIMM auprès des instances patronales et paritaires interprofessionnelles. Après le changement de direction survenu en 2007, il participe à la réorganisation de l’institution auprès du Président et du Délégué général. Il impulse notamment une réforme des statuts et de la gouvernance de l’UIMM. Il anime au quotidien les services de l’UIMM et son réseau de terrain.

Ludovic Halbert   est docteur en géographie économique (Paris-1 Panthéon-Sorbonne), ancien élève de l’École Normale Supérieure, chargé de recherche au CNRS. Ses travaux portent sur la transformation des systèmes productifs (globalisation, informationnalisation, financiarisation) et les nouvelles géographies urbaines, notamment dans les métropoles. Ses travaux actuels portent sur l’impact de l’industrie de l’immobilier sur la production des villes contemporaines. Il travaille principalement sur les villes européennes (particulièrement la région parisienne) et les villes asiatiques (notamment Bangalore en Inde). Dernierouvrage paru : L’avantage métropolitain, Paris, PUF, 2010.

Nicolas Portier   est délégué général de l’Assemblée des communautés de France (ADCF). Titulaire d’une maîtrise de droit des affaires, du diplôme de Sciences Po Paris et d’un DEA de sociologie des organisations, il a entamé son parcours professionnel comme consultant. Spécialisé dans les questions d’aménagement du territoire et de décentralisation, il a été conseiller de 1997 à 2002, à la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (Datar) et a travaillé à la direction du développement local de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) avant de prendre ses fonctions actuelles à l’ADCF au début de l’année 2004. Il enseigne à l’IEP de Paris au sein du Master Stratégies territoriales et urbaines et contribue à plusieurs revues spécialisées (Pouvoirs locaux, Intercommunalités, AJDA…).