Institut des hautes études en développement et aménagement et des territoires en Europe




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Session 7 - 18-19 septembre - Nantes

Villes durables : quel projet social ?

Coordination scientifique
Nathalie Blanc  , CNRS
Cyria Emelianoff  , Université du Maine

jeudi 18 & vendredi 19 septembre 2014
Hôtel de ville


La « ville durable » questionne les pratiques et les référentiels de l’urbanisme, de l’aménagement, de la planification et plus largement, des politiques urbaines. Pour autant, le champ de la ville durable n’est pas exempt de tensions internes, où se confrontent des logiques colbertistes et techniciennes —qui s’appuient sur la complexité de la régulation des systèmes urbains ; des stratégies d’entreprises —qui proposent des solutions « clefs en mains » ; et des positions politiques pour qui le développement durable est un projet de transformation sociale. Ainsi, se pose la question du compromis social qui pourrait fonder la « ville durable ». L’État providence proposait un pacte de cohésion sociale fondé sur la croissance économique et la redistribution. Le développement durable s’inscrit dans une période où les taux de croissance sont en berne et l’État providence en déficit, ce qui alimente le sentiment général d’un pacte social en lambeaux. Dans ce contexte, les politiques de ville durable peuvent-elles contribuer à refonder des solidarités entre les groupes sociaux ? Comment rendre visible le nouveau compromis social qui fonde la ville durable ? Nantes métropole, capitale européenne verte 2013 est un terrain particulièrement propice pour cette réflexion et pour saisir comment, en actes, ces nouveaux rapports sociaux se construisent.

Programme


Johanna Rolland  
9:00 – 9:30

Rester en mouvement : les partis pris stratégiques nantais

Innovation économique, excellence culturelle, capitale verte européenne : Nantes semble collectionner les honneurs. Au-delà des labels et des récompenses, une introduction politique aux partis-pris et aux lignes de force de la stratégie nantaise.


Cyria Emelianoff  
9:30-10:30

L’invention des politiques « ville durable »

Depuis les écrits fondateurs de Patrick Geddes, les rapports que l’urbain et la ville construisent avec la « nature » ont fait l’objet de multiples approches, toutes fondées sur une conception critique du système productif dans ses impacts sur l’homme et l’environnement. Ce qui apparaissait comme utopique jusqu’au milieu du vingtième siècle est devenu aujourd’hui un impératif qui figure à l’agenda des gouvernements nationaux et locaux dans la plupart des pays. Mais que recouvre exactement cette expression de « ville durable » ? Et en quoi peut-elle nourrir un projet social ?


Lydie Laigle  
10:45 – 11:45

Transition écologique et sociétés locales

Au moment où le gouvernement parle de transition écologique, la crise sociale n’a jamais autant sévi. La transition écologique implique une mobilisation de la société. Comment, dans une période où croît l’inquiétude sur l’avenir des solidarités instituées, penser le rapport entre écologie et capacité collective d’action ? Quelles sont les implications sociétales de l’objectif de transition écologique ?


Denis Trassard  
11:45 – 12:45

La CDC, un acteur du développement urbain durable

La Caisse des dépôts est un acteur majeur des politiques de développement urbain durable, à la fois comme financeur, investisseur et fournisseur d’expertise et d’ingénierie. Elle est progressivement devenue le bras armé des politiques nationales de développement urbain durable : explication d’ensemble et revue de détail à partir d’exemples nantais.


Albert Lévy  
14:15 – 15:30
Santé et qualité urbaine
La qualité écologique de la ville comme condition de la santé et du bien-être est à l’origine de l’urbanisme moderne. Encore aujourd’hui, les inégalités sociales face aux risques sanitaires engendrés par l’environnement sont considérables. L’hygiénisme a été fortement critiqué en son temps. Le développement urbain durable est-il un nouvel hygiénisme ?


Luc Abbadie  
15:45 – 16 :45

La ville comme système écologique et social

Les villes apparaissent comme des espaces recélant parfois une surprenante biodiversité. Pourtant, les politiques urbaines, jusqu’à une période récente, ont plutôt tendu à ignorer les relations systémiques entre la nature et la société telles qu’elles se construisent dans les villes. Or les villes doivent prendre leur part du maintien de la biodiversité, ne serait-ce que pour faire face à des transformations écologiques encore inconnues. Quelles sont les politiques urbaines qui contribuent à la biodiversité et en quoi la biodiversité est-elle une question de société ?


17:00-19:00

Séance de travail des ateliers

Salle Kervégan : atelier 1
Salle du bureau municipal : atelier 2
Salle A 129 : atelier 3


Vendredi 19 septembre
Hôtel de Ville, salle du Conseil, 2 rue de l’Hôtel de Ville – Nantes


Stéphane Bois  
Philippe Marest  
Alain Robert

Comment faire partager une stratégie urbaine ?

Le cas nantais permet de mettre en lumière la façon dont les différents enjeux —sociaux, environnementaux et économiques— se conjuguent, « font système » ou entrent en contradiction. Il permet aussi d’analyser des modes d’action collective qui tentent de faire partager ces enjeux et de les mettre en débat avec les habitants/citoyens/usagers du territoire. Deux exemples illustreront ce propos : l’élaboration du projet Nantes 2030 et l’expérience de capitale européenne verte en 2013.


Fabrice Berthereaux  , SAMOA
11:00 – 13:00

L’île de Nantes

L’île de Nantes est l’un des plus grands chantiers de rénovation urbaine en Europe, mis en route en 1989. Il constitue un objet central pour la ville et l’agglomération, un lieu où se croisent les questions de transformation urbaine et écologique. Ce projet met à l’épreuve l’équation du développement durable —social, écologie, économie : présentation du projet urbain au Hangar 32, visite du « Karting » et de Solilab.


Marilyne Guillard
Virginie Thune  
14:15 – 15:15

Les politiques énergétiques territoriales

La ville et la communauté urbaine sont engagées dans une politique de transition énergétique qui affiche des objectifs d’économie d’énergie et d’équité sociale. À Nantes, le choix a été fait, notamment, de rénover le réseau de chaleur afin que 50% des logements sociaux soient alimentés en énergie renouvelable à l’horizon 2017 et que les factures des foyers modestes diminuent. Récit d’une politique publique, de sa conception à sa mise en œuvre


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Nathalie Blanc  
15:00 – 16:30

Environnementalisme civique, perspectives d’action


Conclusion et discussion générale

Les intervenants

Johanna Rolland   est maire de Nantes et présidente de la communauté urbaine de Nantes Métropole. Formée à l’Institut d’études politiques de Lille, titulaire d’un master « politique de la ville et démocratie locale », Johanna Rolland   fait ses premières armes au Creusot, en dirigeant le service politique de la ville. Elle devient assistante parlementaire de Jean-Marc Ayrault en 2004. Elue municipale en 2008, elle prend la délégation de l’éducation et de la jeunesse, puis, sous le mandat de Patrick Rimbert, elle devient première adjointe en charge du développement urbain. Elle est élue maire de Nantes en 2014.

Cyria Emelianoff   est professeur d’aménagement et d’urbanisme à l’Université du Maine, membre du laboratoire Espaces Géographiques et Sociétés. Sa recherche porte sur les politiques urbaines de développement durable en Europe, le tournant vers un urbanisme durable, les politiques locales de transition énergétique. Il s’agit notamment de cerner les formes émergentes d’un pilotage local et décentralisé du « global change ». Elle travaille aussi sur des thèmes ou modalités d’action qui mobilisent encore peu les collectivités locales : inégalités environnementales, modes de vie écologiques, fabrique habitante de l’environnement urbain.

Lydie Laigle   est directrice de recherche au CSTB (centre Scientifique et Technique du Bâtiment)-Université Paris Est. Elle enseigne aussi à l’Ecole des Ponts Paris-Tech. Ses recherches ont principalement été consacrées à l’analyse des inégalités écologiques, des trajectoires de développement durable des villes européennes, et plus récemment aux politiques d’adaptation au changement climatique et à la transition écologique. Elle explore les dynamiques de transition écologique portées par des citoyens, le milieu associatif et celui de l’économie sociale et solidaire.

Denis Trassard   est directeur interrégional adjoint de la Caisse des dépôts pour les régions Pays de Loire, Bretagne et Centre. Son parcours à la CDC l’a conduit du Secrétariat général à la Direction des prêts et de l’habitat. Il est ancien auditeur de l’IHEDATE.

Albert Lévy   est architecte et urbaniste, chercheur au CNRS (laboratoire LAVUE, ENSA Paris val de Seine). Ses travaux portent sur la conception architecturale, l’histoire des théories de l’urbanisme et l’analyse des grands projets d’urbanisme.
Il a dirigé l’ouvrage Ville santé, urbanisme, Les trois révolutions, Editions Pascal/ Mutualité Française, 2012.

Luc Abbadie   est biologiste, titulaire d’une thèse en écologie. Il est directeur de recherche au CNRS, directeur de l’Institut de Paris d’écologie et de sciences environnementales (Université Pierre et Marie Curie. Bioemco, Ecole Normale Supérieure, AgroParisTech, University Paris-Est Créteil, IRD, INRA). Ses travaux portent sur la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes. Il est impliqué dans des travaux sur l’ingénierie écologique et l’écologie urbaine.

Philippe Marest   est directeur général adjoint de Nantes métropole, en charge de l’environnement et des services urbains. Il a fortement contribué à la réflexion sur l’évolution de la conception et du management des services urbains, pour répondre à des impératifs de qualité sanitaire et environnementale, de performance économique et surtout de présence des usagers-citoyens dans la conception et la mise en oeuvre des services urbains.

Stéphane Bois   est directeur du Pôle Métropolitain Nantes Saint-Nazaire. Il a conduit successivement : la mise en place du premier schéma de cohérence territoriale de la métropole Nantes Saint-Nazaire approuvé en 2007, la candidature de Nantes Saint Nazaire à l’appel à projet Ecocités et en 2011 le processus de transformation du syndicat mixte en pôle métropolitain. Effectif depuis juillet 2012, le pôle métropolitain dispose depuis l’été 2013 de son premier programme d’action d’intérêt métropolitain.

Maryline Guillard   est directrice Énergies, Environnement, Risques à Nantes Métropole, en charge de la mise en oeuvre des politiques transversales du développement durable (agenda 21, plan climat) et de la biodiversité (trame verte et bleue), de la politique de l’énergie (concessions de distribution électricité et gaz, réseaux de chaleur, développement des énergies renouvelables), des risques et pollutions (prévention des risques technologiques et naturels majeurs).

Alain Robert est adjoint au maire de Nantes, vice-président de Nantes métropole, en charge des grands projets et des grands équipements. Il préside le conseil d’administration de Nantes habitat.

Fabrice Berthereaux   est Directeur Général Adjoint de la Samoa, SPL en charge du projet de transformation de l’Ile de Nantes. Il pilote le projet du Quartier de la Création dont l’ambition est de favoriser l’émergence d’un pôle d’excellence européen sur les industries créatives et culturelles, de favoriser le développement de nouvelles formes d’activités et de croissance, en associant les acteurs de la culture, de la recherche et de l’économie.

Virginie Thune   est responsable du pôle Énergies à Nantes Métropole. Elle pilote la politique publique de l’énergie de la Métropole. Elle a en particulier en charge le développement massif de réseaux de chaleur renouvelable à tarif maîtrisé, la gestion des services publics de la distribution de gaz et d’électricité, le développement des énergies renouvelables toutes filières confondues au vu des potentiels du territoire, et la maîtrise de la demande en énergie du patrimoine des collectivités.

Nathalie Blanc   est directrice de recherche au CNRS et directrice de l’UMR LADYSS. Sa recherche porte sur l’investissement des milieux de vie par les habitants en Europe et aux États-Unis, sur la nature en ville dans une perspective interdisciplinaire, sur l’esthétique environnementale à partir de la vision d’une Ville Durable. Il s’agit notamment de cerner les modalités émergentes de l’action politique écologique au sens large. Elle travaille également sur le rôle de la culture et des
cultures dans la transition écologique à l’échelle européenne.