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Session 8 - 16-17 octobre - Lyon

Les acteurs de la ville intelligente

Isabelle Baraud-Serfaty  
IBICITY, Sciences Po

Le thème de la « ville intelligente » est à la mode », sans que l’on sache pourtant très bien ce qu’il désigne. « Tout le monde utilise le terme smart city et presque personne n’en est content” . Deux définitions possibles se dégagent toutefois. Dans une première acception, la ville intelligente, c’est une ville qui se dote d’une stratégie pour optimiser, via l’usage du numérique, son fonctionnement quotidien, et alors seules les villes qui, d’une part, ont la volonté de développer cette dimension numérique, et d’autre part, qui ont les moyens de déployer les infrastructures techniques nécessaires, sont intelligentes. Dans une seconde acception, la ville intelligente, c’est la ville saisie par la révolution numérique, et toute ville est alors de fait intelligente. C’est cette deuxième définition que nous retiendrons dans ce séminaire.

L’enjeu est toutefois moins la définition du terme que la compréhension de ce que cette « transformation intelligente » (« cleverization ») de la ville change sur sa fabrique. Car la ville intelligente est d’abord une ville coproduite : les nouvelles technologies créent de nouvelles étapes dans les chaînes de valeur qui permettent l’arrivée de nouveaux entrants, tandis que le croisement entre secteurs (par exemple entre l’énergie et l’immobilier, ou entre l’énergie et la mobilité, ou entre l’immobilier et la mobilité) se développe sous l’effet aussi de l’impératif de la ville durable et de la montée en puissance de l’usager-utilisateur-consommateur. Les modes de faire évoluent vers davantage de coproduction, à la fois privée-privée et publique-privée, et la question-clé est alors celle de la manière dont chaque acteur s’organise pour garder la maîtrise de sa création de valeur.

Cette question de la création de valeur sera au cœur de ce séminaire sur les « acteurs de la ville intelligente ». Elle interpelle évidemment les acteurs privés, qui doivent adapter leur stratégie pour garder un avantage concurrentiel. Mais elle interpelle bien davantage les collectivités locales sur leur rôle et leurs modes de faire. Elle renvoie également à la notion de modèle économique, là encore aussi bien pour les acteurs privés (comment évolue leur business model ?) que pour les acteurs publics (qui paye quoi dans la ville ?).

Le séminaire cherchera ainsi à comprendre les défis que le saisissement de la ville par la révolution numérique pose aux acteurs publics et privés de la ville. Il a deux objectifs : sensibiliser les participants sur le fait qu’il « faut que tout change pour que rien ne change » ; leur donner des clefs de compréhension et des outils d’analyse sur les mutations en cours de la fabrique urbaine ; leur montrer enfin les opportunités et menaces que comprend la ville intelligente.


Introductions

Isabelle Baraud-Serfaty  
10:00 – 10:45

Présentation du séminaire

Cette introduction vise à présenter le fil conducteur du séminaire, les intervenants. Elle présentera également quelques premiers outils d’analyse (chaîne de valeur, modèle économique).


Nicolas Colin  
10:45-12:15

La révolution numérique a eu lieu

Cette intervention, qui pourra déborder du cadre strictement urbain, présentera l’état de l’art de la transition numérique dans toutes les filières de l’économie.


Les grands acteurs privés de la ville intelligente

Eric Gervais  
12:15 – 12:45

Les entreprises de TP et la ville intelligente

Le groupe Colas est présent dans tous les métiers liés à l’entretien des infrastructures de mobilité. Si la route intelligente s’applique à la ville intelligente, le numérique est-il le principal, voire le seul vecteur de cette stratégie dans la conception, la réalisation et l’entretien des réseaux urbains ?


Philippe Sajhau  
14:15 – 15:45

Les acteurs du numérique qui se tournent vers l’urbain

IBM est emblématique de ces grands groupes issus du secteur des nouvelles technologies qui rentrent dans la ville via « la smart city ». Quelle est sa stratégie ? Son business-model ? Selon quelles modalités contractuelles intervient-il auprès des villes ou des grands opérateurs traditionnels de services urbains ?


Mise en perspective

Elisabeth Grosdhomme Lulin  
16:00 – 17:15

Le numérique, une révolution totale ?

Avec le numérique (parmi d’autres facteurs), l’action publique va devenir non seulement plus collaborative mais aussi plus personnalisée et plus prédictive/ préventive. Quelques exemples permettront de comprendre la nature de ces trois mutations, qui remettent profondément en cause certains des principes fondamentaux de notre vie collective.


17:30-19:00
Séance de travail des ateliers

Vendredi 17 octobre 2014
Colas Rhône-Alpes Auvergne


Les acteurs publics locaux au défi de la ville intelligente


Benoît Quignon  , Marie-Anne Serve  
9:00 – 10:30

La stratégie « intelligente » des collectivités locales

Le Grand Lyon est l’une des principales collectivités françaises à s’être saisie de la problématique de la ville intelligente, à travers notamment son partenariat avec le NEDO, agence publique japonaise, sur une des opérations de Lyon Confluence. Quels sont les défis et les opportunités que représente la « ville intelligente » pour les acteurs publics ? Comment peuvent-ils s’en saisir ?


Yves Aguiton  
10:45 – 12:15

Les outils de la coproduction public-privée

Institution financière publique, la Caisse des Dépôts a souvent été le lieu où ont été imaginés puis testés les principaux outils d’une coproduction public-privé au service des territoires (sociétés d’économie mixte, prise de participation dans des investissements d’intérêt général, etc.). Dans un contexte de recomposition des chaînes de valeur et de coproduction généralisée, comment ces outils permettent-ils d’aider les collectivités locales à faire face aux défis de la ville intelligente ?


Start-ups, habitants : les autres acteurs de la ville intelligente

Laure Wagner  
14:15 – 15:45

La révolution des usages

Désormais, le principal concurrent de la SNCF n’est plus son homologue allemand, mais le covoiturage. Comme Airbnb dans le domaine de l’hébergement touristique, Blablacar est emblématique de ces start-ups qui s’inscrivent dans l’économie du partage et révolutionnent les usages de la ville ou de la mobilité. Quelle est la stratégie de ces acteurs ? Comment se positionnent-ils par rapport aux grands groupes et aux acteurs publics ? Comment créent-ils la confiance avec les usagers, qui est au cœur de leur modèle ?


Laure Wagner  ,
Emile Hooge  ,
15:45 – 17:00

Discussion générale

Les intervenants

Isabelle Baraud-Serfaty   est maître de conférences à Sciences Po (Master Stratégies Territoriales et Urbaines), où elle a monté et anime un cours sur les acteurs privés de la ville. Consultante en économie urbaine (IBICITY), elle travaille notamment sur la mise en œuvre des projets urbains complexes, qui mêlent plusieurs acteurs, plusieurs dimensions et plusieurs échelles. Elle tient un blog sur son site ibicity.fr, structure dédiée à la conduite de missions stratégiques sur les problématiques urbaines.

Nicolas Colin   est ingénieur en télécommunications, diplômé de l’IEP de Paris, ancien élève de l’ENA, inspecteur des finances. Il est actuellement associé fondateur de la société d’investissement TheFamily. Il est également commissaire à la commission nationale de l’informatique et des libertés, où il a été nommé par le président de l’Assemblée nationale en janvier 2014. Auteur spécialisé sur la transition numérique de l’économie, il a co-écrit, avec Henri Verdier  , mai 2012, L’Âge de la multitude, Entreprendre et gouverner après la révolution numérique, éd. Armand Colin et, avec Pierre Collin (conseiller d’Etat), un rapport d’expertise sur la fiscalité de l’économie numérique, remis au Gouvernement en janvier 2013. Il est également enseignant à l’IEP de Paris et membre du comité exécutif du think tank Droit & Croissance.

Eric Gervais   est directeur technique et développement de Colas Rhône-Alpes Auvergne.
Il a effectué l’essentiel de sa carrière dans la filière technique et a donc contribué à la conception et à la construction de nombreux projets d’aménagements dans les secteurs publics et privés, aux côtés d’élus et de décideurs locaux, de bureaux d’ingénierie, de maîtres d’oeuvre et de représentants du réseau scientifique et technique. Il est chargé depuis 2012 de créer et d’animer la direction commerciale et développement pour la marque SACER, à l’échelle nationale.

Philippe Sajhau   est depuis 2012 vice-président IBM France en charge du programme "Smarter Cities - Pour des villes plus intelligentes ». Diplômé de Supelec et président du groupe numérique de cette école, il a rejoint IBM à l’usine de Montpellier puis a occupé différentes positions, notamment responsable du secteur Télécommunication, Media et Energie pour la France et la Belgique et vice-président pour l’Europe du Sud sur les offres de stockage et serveurs. En parallèle de son activité professionnelle, Philippe Sajhau   est aussi conseiller municipal délégué à l’aménagement durable et à l’efficacité énergétique pour la commune de Nogent-sur-Marne.

Elisabeth Grosdhomme Lulin   est directeur général de Paradigmes et caetera, société d’études et de conseil qu’elle a fondée en 1998, consacrée à la prospective et à l’innovation. Elle est aussi présidente du conseil d’administration de l’Ecole nationale supérieure de création industrielle- ENSCI et administrateur des groupes Safran, Bongrain et Ciments Français. Elle tient un blog sur son site www.paradigmes.com.

Benoît Quignon   est directeur général des services de la communauté urbaine de Lyon depuis 2001 (hormis de 2009 à 2011 où il était directeur général du groupe Logement français). Diplômé de Sciences-Po Paris et d’HEC, il a commencé sa carrière comme secrétaire général adjoint, d’abord à la mairie de Bourguenais en 1981, puis à Chartres en 1982. Il a ensuite occupé différentes fonctions à la Caisse des dépôts et consignations et au Crédit local de France. Il a également été directeur général des services du conseil général de l’Aisne de 1998 à 2001.

Marie-Anne Serve   est depuis 2013 chef de projet Ville intelligente du Grand Lyon. A la fois ingénieur informaticien et architecte, spécialisée en développement durable, elle a précédemment été en poste à l’Ambassade de France en Inde au titre de conseiller adjoint énergie et nouvelles technologies.

Yves Aguiton   est depuis 13 ans à la Caisse des dépôts, d’abord comme expert investisseur fonds propres dans l’Ouest, puis comme directeur régional Centre et, depuis 3 ans, en charge de la gestion des participations et de l’économie mixte de la direction du développement territorial et du réseau. Diplômé de l’IEP de Paris et titulaire d’une maîtrise de droit, il a commencé sa carrière dans le groupe Saint-Gobain en reconversion industrielle, puis a travaillé à l’Agence nationale pour la création d’entreprises et en agence et comité d’expansion au service du développement économique des territoires.

Laure Wagner   est Head of communication & équipe fondatrice de BlaBlaCar. Optimiste et éco-responsable, Laure Wagner   est convaincue que le covoiturage peut et doit devenir mainstream. Dès 2009, Laure s’associe aux 3 fondateurs de BlaBlaCar pour démocratiser ce qui aurait pu rester une utopie : mettre en relation des millions de personnes en toute confiance afin qu’ils puissent partager les frais de route et vivre des moments d’échange enrichissants. Revenir au bon sens, optimiser les ressources et s’ouvrir aux autres sont autant de raisons qui la poussent à diffuser cette pratique qui mêle consommation collaborative et mobilité durable.

Emile Hooge   est consultant et directeur associé de l’agence Nova7. Il conseille et accompagne de nombreux projets d’innovation partenariaux (tourisme, services urbains, innovation sociale, ville et numérique…). Il est notamment expert en prospective auprès du Grand Lyon sur les enjeux de développement économique et de services publics et auteur de plusieurs articles et ouvrages sur l’innovation territoriale, le marketing public et la concertation. Il enseigne à l’EM Lyon et dans le Master Altervilles de l’Université de Lyon. Il est un membre actif de la FING (think tank sur les transformations numériques et la société) et vous pouvez le retrouver sur Twitter : @ehooge