Institut des hautes études en aménagement et développement des territoires en Europe

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Économies territoriales : entre mondialisation et valorisation des ressources locales

9 - 10 mars, Paris

Coordination scientifique : Pierre Veltz  


Jeudi 9 et vendredi 10 mars 2017
SNCF Réseau, Immeuble Équinoxe - 174 avenue de France – 75013 PARIS

Chaque territoire est aujourd’hui pris dans le double jeu des forces de globalisation (étirement des chaînes de valeur, globalisation technologique, financière, productive) et d’un retour du local (circuits courts, recherche d’autonomie, valorisation des actifs locaux spécifiques), tantôt réactif, tantôt proactif. L’objet de la session est de présenter aux auditeurs les principaux éléments du contexte économique d’ensemble, ses conséquences spatiales pour la France, et des stratégies territoriales/productives possibles.

Jeudi 9 mars

SNCF Réseau, Immeuble Équinoxe - 174 avenue de France – 75013 PARIS


Accueil café
09:00


Pierre Veltz  
09 :30 – 11 :00
Le contexte mondial
La convergence industries/services/numérique rend caduque les thèses de la société post-industrielle. Une nouvelle économie et une nouvelle géographie émergent, combinant l‘éclatement transnational des chaînes de valeur (mondialisation à grain fin) et la concentration croissante dans l’archipel des grandes régions urbaines. De puissantes forces de dislocation territoriale en résultent, dont on vient de voir l’effet au Royaume-Uni et aux USA. L’Europe et la France sont aujourd’hui relativement protégées des formes les plus brutales de ces effets. Durablement ?


Laurent Davezies  
11 :15 – 12 :45
Les métropoles et le reste

La géographie de l’emploi et de la croissance françaises ne se comprennent pas si on fait abstraction de l’ampleur des redistributions publiques et privées (la circulation invisible des richesses) dans un pays où les prélèvements obligatoires représentent plus de la moitié du PIB. Depuis la crise de 2008, toutefois, la croissance de l’emploi privé s’est concentrée dans quelques grandes métropoles régionales, alors que les mécanismes de redistribution publics ne se développent plus – voire sont en repli. La question pressante est dès lors : quid des autres territoires ? Jusqu’à quel point les métropoles diffusent-elles la croissance ?


Ludovic Halbert  
14 :00 – 15 :30
La fabrique urbaine du développement économique

Pour bénéficier des externalités d’agglomération métropolitaines, les entreprises sont dépendantes de l’accès au foncier et donc des mécanismes de production de l’offre urbaine. La financiarisation de l’immobilier renforce les dynamiques de métropolisation en France, comme ailleurs. Quels rôles jouent les acteurs privés et les gouvernements urbains et nationaux dans ce processus géographique ?


Christophe Chevalier  
15 :45 – 17 :15
Romans, un exemple de redéveloppement local

L’exemple du groupe Archer et de Romans illustre la résilience de territoires durement frappés par la crise (ici de l’industrie de la chaussure). Aucune fatalité ne pèse sur les territoires locaux, dès lors que la capacité de projet active les potentiels de coopération et de valorisation des compétences.


Sofia Boufferou, Louis Cailleau, Elena Mejias, Anaëlle Suberbie
17 :15 – 18 :30
Présentation de la mission d’études dans la région de Tanger

Du 3 au 7 avril, la mission d’études nous emmènera autour du détroit de Gibraltar. Cet étroit bras de mer constitue à la fois une frontière de l’Europe et un carrefour stratégique. Il était déjà, il y a 700 ans, un territoire de transit dans le monde musulman, entre l’Émirat de Cordoue, Al-Andalus, et l’Afrique du Nord des Almohades. A la suite de la Reconquista qui porta le royaume d’Espagne jusqu’à ses rives, le détroit est devenu l’espace de confrontation entre plusieurs civilisations, la frontière entre le Nord et le Sud. Cependant, de nombreux flux humains, commerciaux, financiers, continuent à y transiter. Le détroit est aujourd’hui à certains égards le symbole de la territorialisation de la mondialisation : les phénomènes d’interconnexion, d’échanges et de mise en réseau global des territoires marque profondément le développement et la morphologie de la région.


Poursuite de la présentation des auditeurs


Vendredi 10 mars
SNCF Réseau, Immeuble Équinoxe - 174 avenue de France – 75013 PARIS

Accueil café
09:00


Jean-Luc Beal, Alexandre Montay  , Guy Mathiolon  , Bruno Grandjean  
09 :30 – 12 :15
L’enjeu décisif des Entreprises de Taille Intermédiaires (ETI)
Matinée préparée avec le Mouvement des ETI (METI), en lien avec l’Association des auditeurs de l’IHEDATE
Dans un pays dont l’économie est portée depuis les trente glorieuses par de grands groupes, qui investissent désormais moins en France, le tissu des ETI (entre 250 et 5000 salariés), patrimoniales et souvent familiales, constitue un enjeu central pour le maintien et le développement de l’activité sur les territoires, auxquels elles sont attachées, et la croissance de l’emploi (120 000 emplois nets créés de 2009 à 2016). Représentant moins de 0,2% des entreprises, les ETI pèsent un quart de l’emploi privé et un tiers des exportations françaises. Elles sont moins nombreuses qu’en Allemagne, souvent peu connues, mais affichent de multiples réussites.


Dorothée Kohler  , Jean-Daniel Weisz  
14 :00 – 15 :30
Apprendre de l’Allemagne ? Mittelstand et Industrie 4.0
La révolution industrielle promue par les Allemands s’appuie sur l’irruption du numérique au sein des chaînes de valeur et des filières. L’expérience montre que l’enjeu principal est moins dans la diffusion et l’articulation de briques technologiques que dans la capacité à « expérimenter ensemble » en s’appuyant sur les ressorts de la « compétitivité relationnelle » entre acteurs économiques.
Cette évolution à l’œuvre sur tout le territoire allemand concerne l’ensemble du tissu du Mittelstand (PME et ETI) et questionne la capacité des différentes parties prenantes à faire de cette transformation numérique un projet de société.


Quels enseignements pouvons-nous en tirer pour accompagner les ETI et les PME en France ?
15 :30 – 16 :30
Questions, réponses, débriefing de la session


Les intervenants

Pierre Veltz  
est ingénieur des Ponts et Chaussées et docteur en sociologie, ancien directeur de l’ENPC et de l’IHEDATE. Il a enseigné à l’École des Ponts et à Sciences Po. Après avoir dirigé la mission région capitale auprès du Secrétariat d’Etat à la région capitale, il a été de 2010 à 2015 président directeur général de l’Etablissement public de Paris-Saclay, en charge de concevoir et de mettre en œuvre le projet de cluster. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur les rapports entre système productif et territoires. Dernières publications : La société hyperindustrielle. Le nouveau capitalisme productif, Seuil-La république des idées, 2017. Petite ensaclaypédie, La Découverte, 2015. L’industrie notre avenir (co dir T Weil) Eyrolles 2015. Paris, France, Monde. Repenser l’économie par le territoire, Éditions de l’aube, 2012. Mondialisation, villes et territoires, une économie d’archipel, PUF 1996 (rééd. 2014). La grande transition, Editions du Seuil, 2008. Le nouveau monde industriel, Gallimard, 2000 (rééd. 2008). Pierre Veltz   est président du conseil scientifique de l’Ihedate.

Laurent Davezies   est professeur au Conservatoire national des arts et métiers et expert indépendant. Ses travaux de recherche portent essentiellement sur les politiques régionales, les politiques urbaines et de développement économique local et les politiques financières publiques, aussi bien en France, dans les pays industriels que dans les pays en développement. Il a construit un modèle empirique et théorique permettant de comprendre la production et la circulation des richesses dans et entre les territoires, qui a donné lieu à de nombreuses publications, parmi lesquelles : La République et ses territoires : la circulation invisible des richesses (2008) ; La crise qui vient. La nouvelle fracture territoriale (2012), Le nouvel égoïsme territorial : le grand malaise des nations (2015), tous publiés aux éditions du Seuil, collection « la République des idées ».

Ludovic Halbert   est docteur en géographie économique (Paris-1 Panthéon-Sorbonne), ancien élève de l’École Normale Supérieure, chargé de recherche au CNRS. Ses travaux portent sur la transformation des systèmes productifs (globalisation, financiarisation,…) et les nouvelles géographies urbaines, notamment dans les métropoles. Ses travaux actuels portent sur l’impact de l’industrie de l’immobilier sur la production des villes contemporaines. Il travaille principalement sur les villes européennes (particulièrement la région parisienne) et les villes asiatiques (notamment Bangalore en Inde). Dernier ouvrage paru : L’avantage métropolitain, Paris, PUF, 2010.

Entrepreneur social de l’année 2011 selon le Boston Consulting Group et la Fondation Schwab, Christophe Chevalier   rejoint dès sa création « Archer » situé à Romans dans la Drôme, dont il se voit proposer la direction en 1991. Sa stratégie : adjoindre à des activités d’insertion une action de développement économique en s’appuyant sur les savoir-faire de ce bassin industriel. Archer intervient pour reprendre des entreprises, propose des relocalisations aux industriels locaux, se lance dans la fabrication de chaussures et transforme son siège social en Pôle territorial de coopération économique, regroupant une vingtaine d’acteurs du territoire. Impliqué au quotidien dans le développement économique local, Christophe CHEVALIER   est à l’initiative de la dynamique Start Up de Territoire qui ambitionne d’accompagner 100 Start-Up en 24 mois. Le Groupe Archer rassemble 110 actionnaires et salarie plus de 500 équivalents temps plein à travers ses diverses activités.

Guy Mathiolon   est Président du Groupe SERFIM depuis 1987. SERFIM est un groupe spécialisé dans les travaux publics et les métiers de l’environnement, employant 1 600 personnes et réalisant 260 M€ de chiffre d’affaires (2016). Guy MATHIOLON   exerce par ailleurs différentes fonctions dans des organisations professionnelles (administrateur de la Fédération nationale des travaux publics et du Syndicat de France depuis 2003), consulaires (Président de la Chambre de commerce et d’industrie de Lyon de 2007 à 2011) et interprofessionnels (administrateur du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire et président de la commission nationale « ETI et territoires » depuis 2014).

Jean-Luc Béal   est directeur de la prospective du Groupe SERFIM depuis 2014. Il est également Vice-président d’INDURA, cluster dédié à l’innovation dans le domaine des infrastructures (Auvergne- Rhône-Alpes), depuis 2016. Auparavant, il a occupé différentes fonctions au sein des fédérations régionales et de la fédération nationale des travaux publics. Il a été auditeur IHEDATE – promotion 2005 – et est secrétaire du bureau de l’association des anciens auditeurs.

Bruno Grandjean   est président du Directoire de REDEX S.A. leader européen de la « mécanique fine » depuis 2005. REDEX a été créée en 1949 par le grand père de Bruno Grandjean  , Paul Defontenay. Le groupe réalise aujourd’hui 90% de ses ventes hors de France, vers plus de 50 pays.

Alexandre Montay   est délégué général (depuis 2012) du Syndicat des entreprises de taille intermédiaire et des entreprises patrimoniales (Asmep-ETI) devenu en 2015 Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI). Il a exercé précédemment différentes fonctions en administration centrale (direction de la réforme budgétaire puis direction générale de la modernisation de l’Etat) et en cabinet ministériel, en particulier auprès de Luc Chatel (secrétaire d’État chargé de l’Industrie et de la Consommation, puis ministre de l’Education nationale).

Dorothée Kohler   est directtrice générale de Kohler Consulting & Coaching, cabinet de conseil en stratégie et développement des organisations. Elle est docteur en géographie économique (Paris 1 - Panthéon-Sorbonne) et diplômée de Sciences Po Urba. Chercheur au Centre Marc Bloch à Berlin, elle poursuit sa carrière en 2001 dans l’industrie. Elle est nommée General Manager Human Resources du segment Inox d’ArcelorMittal puis du segment Asie, Afrique, CTO, Growth Projects. En 2009, elle fonde le cabinet KOHLER C&C, spécialisé dans l’appui stratégique aux chefs d’entreprise de PME et ETI. Elle est auteur et co-auteur de nombreux articles et ouvrages dont Paris-Berlin, regards croisés, Economica (2000), « Anatomie des "modèles" industriels », in Pierre Veltz   et Thierry Weil (dir.) : L’industrie, notre avenir, Eyrolles (2015).

Jean-Daniel Weisz  , associé au sein du cabinet Kohler Consulting & Coaching, est diplômé de l’EM-Lyon et docteur en économie. Il est expert du Mittelstand et de la transformation numérique (Industrie 4.0) en France et en Allemagne. Il a débuté sa carrière professionnelle dans l’industrie chez ArcelorMittal. Il a ensuite rejoint le cabinet de conseil BearingPoint. A partir de 2009, il devient Associé du cabinet KOHLER C&C et accompagne des entreprises familiales, PME et Entreprises de taille intermédiaire (ETI), dans la réflexion sur l’évolution de leur business model et dans leur transformation numérique. Il est co-auteur avec Dorothée Kohler   des ouvrages suivants : Pour un nouveau regard sur le Mittelstand, Rapport au Fonds Stratégique d’Investissement, la Documentation française (2012), ETI 2020, trajectoires de croissance, Bpifrance le Lab (2014) et Industrie 4.0 – Les enjeux de la transformation numérique du modèle industriel allemand, la Documentation française (2016).


Éléments de bibliographie
- Laurent Davezies   : La république et ses territoires, Seuil-La république des idées, 2008
- Laurent Davezies   : La crise qui vient, la nouvelle fracture territoriale, Seuil-La république des idées, 2012
- Ludovic Halbert   : L’avantage métropolitain, PUF, 2010
- Pierre Veltz   : La société hyperindustrielle. Le nouveau capitalisme productif, Seuil-La république des idées, 2017
- Dorothée Kohler  , Jean-Daniel Weisz  , Industrie 4.0, les défis de la transformation numérique du modèle industriel allemand, La documentation française, 2016