Institut des hautes études en aménagement et développement des territoires en Europe

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Mission d’études Tanger / Gibraltar

Migrations marocaines

Le Maroc, terre de départ, de transit et d’accueil

Longtemps pays d’émigration, riche d’une importante diaspora à travers le monde, le Maroc est également une voie de passage privilégiée de la migration subsaharienne vers l’Europe. Aujourd’hui, l’externalisation des politiques migratoires européennes inaugure une nouvelle ère pour le Maroc, qui devient malgré lui une terre d’accueil.

Mohamed Charef est docteur en géographie de l’aménagement de l’université de Poitiers et docteur en sciences de l’université Libre de Bruxelles. Il est professeur de géographie à la Faculté des lettres et des sciences humaines d’Agadir et directeur du Laboratoire d’études sur les migrations, anthropologie, espaces et sociétés (LEMASE). Il est membre du Conseil national des droits de l’homme (CNDH) dont il préside la Commission de la Région d’Agadir.
Professeur invité dans plusieurs universités étrangères, il est également consultant et expert des questions migratoires auprès du Fonds des Nations Unies pour la population, le Conseil de l’Europe, la division de la population des Nations Unies, le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).



Cinq millions de Marocains constituent une importante diaspora : "Au Maroc, on bouge...". L’émigration massive remonte à la fin du XIXe siècle, renforcée ensuite par la mobilisation des Marocains pendant la première guerre mondiale, puis au milieu des années 50, par le besoin des pays européens - en premier lieu de la France - de force de travail. Les flux décroissent en France au début des années 1970, apparaît "l’aide au retour" (10 000 francs !).
Cette émigration représente la première source de revenus du Maroc. Les transferts, en premier lieu, sont une aide pour la famille. Ils s’investissent dans le logement - la maison comme "présence de l’absent", moins souvent dans de petites entreprises. Ils sont surtout utiles aux investissements collectifs, à travers des associations qui créent des routes, installent des groupes électrogènes, gèrent l’approvisionnement en eau. Et depuis quelque temps, ils autorisent la création d’écoles, promeuvent tourisme solidaire et produits du terroir (huile d’argan, safran...).