Institut des hautes études en aménagement et développement des territoires en Europe

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Politique et territoires : qui est gouverné ?

18 - 19 mai, Paris

Coordination scientifique : Patrick Le Galès  
Jeudi 18 et vendredi 19 mai 2017
Hôtel de ville de Paris – 5 rue Lobau – 75004 PARIS
Salle Xavier Lacoste  
Accès métro 1 et 11 - Arrêt : Hôtel de ville

Politique et territoires : qui est gouverné ?

Dans un monde de mobilité et de réseau, que reste-t-il aux institutions nationales et locales ? Traversés par des usagers, touristes, consommateurs, navetteurs, migrants, étudiants, comment les territoires - urbains ou ruraux - s’adaptent-ils à des enjeux de plus en plus orientés par les flux et de moins en moins par les stocks ? Le gouvernement territorial a-t-il encore un avenir ?


Jeudi 18 mai
Hôtel de ville, Mairie de Paris – 5 rue Lobau – 75004 PARIS
Salle Xavier Lacoste  


Patrick Le Galès  
09h30 – 12h15

L’exercice de l’autorité politique dans un monde de flux

L’État a mis trois cents ans à s’imposer comme forme dominante de l’exercice du pouvoir politique, en Europe d’abord, dans le monde ensuite. C’est son efficacité, dans la guerre d’abord, dans la production des conditions de la croissance et du bien-être ensuite qui lui a donné cette suprématie. Cette hégémonie est-elle aujourd’hui contestée ? La mondialisation, les mobilités des hommes, des marchandises et des capitaux, les nouveaux aléas géopolitiques et environnementaux rendent-ils cette forme politique obsolète ? Partout, les États ne cessent de se réformer ; partout, les complexes architectures territoriales infra nationales sont en chantier permanent. Dans le même temps, certains courants politiques, de droite et de gauche, en appellent à un retour de l’État protecteur de la nation contre l’Europe libérale et la mondialisation sans frontière. Nous parlons encore de l’État, mais de quoi parlons-nous ? Quelles sont les formes politiques nouvelles qui émergent ? Peut-on parler d’une Europe post-étatique ?


12h15 – 12h30

Mot de Pierre Mansat  , Chargé de la métropole du Grand Paris auprès de la maire de Paris


14h00 – 14h30
Présentation des ateliers – 29 et 30 juin 2017


Claire Colomb  
14h30 – 16h00

Londres, « the world in one city » : grands enjeux de gouvernance et de planification urbaine dans la ville mondiale

Londres est souvent décrite comme l’archétype de la ville mondiale (global city), de par son héritage de capitale coloniale, son rôle-clef dans l’économie mondiale - notamment lié aux services financiers de la City, son attractivité pour les migrants du monde entier et son multiculturalisme assumé. Depuis les années 1980, la ville connaît un essor démographique et économique quasiment ininterrompu, passant de 6,6 millions d’habitants en 1981 à 8,2 millions en 2011, dont 55% se déclarent « non-blancs britanniques ». Cette croissance s’est accompagnée d’une augmentation drastique des inégalités socio-spatiales et d’une crise du logement endémique. La ville semble repousser les classes populaires en périphérie et devenir hors de portée des classes moyennes. Les flux de capitaux et d’investissements étrangers dans l’immobilier résidentiel et commercial reconfigurent le paysage urbain, encouragés par les acteurs publics. Quels sont les enjeux de cette position de « ville mondiale » pour la gouvernance et les politiques de planification urbaine ?


Tommaso Vitale  
16h15 – 17h45
La stratégie de Milan pour l’emploi

La ville de Milan a développé une stratégie originale de lutte contre le chômage et de création d’emploi “pour les classes moyennes”. Elle vise à soutenir les petites entreprises artisanales et développe une nouvelle approche de la production en ville. La politique publique adoptée combine différents instruments : formes de représentation des intérêts des artisans et des professionnels du secteur des technologies et de la communication, plateformes collaboratives de financement, mise à disposition de locaux et d’ateliers équipés, et fort investissement en formation professionnelle. Deux éléments structurent cette approche : (1) la mise en valeur, dans les politiques actives du travail pilotées par la ville, de principes de mutualisation et de partage ; (2) le développement des compétences des cadres techniques de la ville en matière de mise en œuvre d’instruments collaboratifs.


17h45 – 18h30

Discussion générale


Vendredi 19 mai
Hôtel de ville, Mairie de Paris– 5 rue Lobau – 75004 PARIS
Salle Xavier Lacoste  

Accueil
08h45 – 09h00


Francesca Artioli  
09h00 – 10h15

La régulation des plateformes numériques : une recherche comparative sur la régulation d’Airbnb dans plusieurs villes européennes
La très forte augmentation des locations touristiques au cours des cinq dernières années a été alimentée par l’émergence de plateformes facilitant les transactions. Ceci a encouragé les particuliers ou les entreprises à convertir des logements résidentiels en locations touristiques, légalement ou illégalement. Dans certains cas, les tensions dans les marchés locaux du logement en ont été exacerbées, avec une réduction du stock de logements disponibles pour des locations à long terme et une augmentation des loyers. En réponse, certains gouvernements municipaux ont récemment adopté de nouvelles réglementations visant à contrôler la démultiplication des locations et les activités des plateformes, avec des résultats mitigés. Quelles sont les instruments à disposition des politiques publiques ? Comment les acteurs locaux, nationaux et supranationaux cherchent-ils à influencer le cadre juridique ? Quels sont les défis posés par la mise en œuvre de ces régulations ?


Christine Lelèvrier
10h15 – 11h30
Gouverner la diversité dans les villes européennes : discours et politiques urbaines à Paris et à Londres
Dans un contexte de globalisation et de mobilités, les villes européennes sont confrontées à une diversité urbaine et sociale de plus en plus grande de leurs populations et de leurs espaces. Certains chercheurs parlent ainsi de « super-diversity », voire d« hyper-diversity » pour rendre compte non seulement d’une diversité sociale et démographique interne aux migrants, mais également d’une diversité de styles de vie et d’attitudes. Cette diversification soulève des enjeux autour d’une part de l’acceptation de la différence, du partage de normes et de valeurs, et d’autre part, d’accroissement des inégalités sociales et urbaines. Comment les villes européennes, dont les politiques sont aussi ancrées dans des contextes nationaux spécifiques plus ou moins pluralistes ou universalistes, gèrent-elles cette diversité ? Quels discours tiennent-elles et quelles politiques urbaines locales mettent-elles en œuvre ? Les résultats d’une recherche collective montrent les similitudes, convergences et contradictions dans la gouvernance de la diversité à l’échelle de quelques villes européennes, en particulier Londres et Paris.


Patrick Le Lidec  
11h45 – 13h00
Les réformes territoriales récentes : quel bilan ? et après ?

Le quinquennat qui vient de s’achever a été marqué par une avalanche de réformes territoriales qui n’ont pas été accompagnées d’un récit cohérent permettant d’esquisser un nouvel ordre ou un modèle territorial. Trois composantes principales se dégagent pourtant de cet ensemble d’initiatives désordonnées. Premièrement, des politiques massives de fusions (qui ont touché principalement, mais pas exclusivement, les échelons territoriaux les plus récents dont le nombre a été quasiment divisé par deux). Deuxièmement, des redistributions de compétences entre échelons territoriaux. Troisièmement, des tentatives du pouvoir central, partiellement abouties pour essayer de maîtriser la progression des dépenses publiques locales. Le moment est venu d’en faire un premier bilan et de présenter les évolutions probables de la gouvernance territoriale au cours du quinquennat qui débute, dans un contexte également marqué par l’entrée en application de la loi de 2014 relative à la limitation du cumul des mandats et des fonctions.


Frédéric Gilli  
Hervé Le Bras   (à confirmer)
14h30 – 16h00
La France est-elle « coupée en deux » ?
Deux France se feraient face : une France des villes vivant bien la mondialisation et une France périphérique en train de dépérir, telle serait l’opposition dessinée par la géographie du vote. C’est du moins le discours porté par certains observateurs et relayés par les médias au lendemain des élections présidentielles. Après le vote en faveur du Brexit au Royaume-Uni, l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, les élections françaises apporteraient une nouvelle preuve de la polarisation du corps électoral et de la société autour d’une fracture majeure, à la fois culturelle (ouverture vs repli), sociologique (gagnants vs perdants) et territoriale (grandes villes vs reste du territoire). Une analyse plus fine des résultats montre que la réalité est nettement plus complexe.


Les intervenants

Patrick Le Galès   est politiste et sociologue, directeur de recherche CNRS au Centre d’études europ
éennes de Sciences Po, professeur à Sciences Po et Corresponding Fellow of the British Academy. À Sciences Po, il est doyen de la nouvelle école urbaine et il co-dirige le groupe de recherche « Cities are back in Town ». Il a été chercheur et professeur invité, notamment aux universités d’Oxford, de Milan Bicocca, au King’s college de Londres, à UCLA, au Max Plank Institute de Cologne, à l’Université de Sao Paulo, au Colegio de Mexico. Il a été le premier codirecteur scientifique de l’IHEDATE et est membre de son conseil scientifique. Ses recherches comparatives portent sur les questions de gouvernance, d’action publique et de restructuration de l’Etat en Europe, sur la formation d’une société de marché, et sur les transformations des villes européennes et des grandes villes mondiales.
Parmi ses publications récentes : Un monde à la carte, les villes des cadres supérieurs, PUF, 2016 ; L’État recomposé, PUF, 2014 ; L’instrumentation de l’action publique, Presses de Sciences Po, 2014 ; Sociologie de l’action publique, Colin, 2012 ; Le retour des villes européennes, Presses de Sciences Po, 2011


Claire Colomb   est enseignante-chercheuse en sociologie urbaine, urbanisme et en aménagement du territoire à la Bartlett School of Planning, University College London (UCL), depuis 2005. Elle est diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, docteur en aménagement urbain et régional de la UCL, et membre du Royal Town Planning Institute (l’ordre des urbanistes britannique). Ses activités de recherches portent sur l’analyse comparée des systèmes et pratiques de planification et d’aménagement en Europe ; la gouvernance urbaine et les politiques urbaines au Royaume Uni, en France, en Allemagne et Espagne ; les mobilisations citoyennes et conflits sociaux autour des questions d’urbanisme dans les villes européennes ; la coopération transfrontalière et l’influence de l’Union Européenne sur l’aménagement.
Elle est l’auteur des ouvrages European Spatial Planning and Territorial Cooperation (avec S.Dürh and V.Nadim), 2010 ; Staging The New Berlin : Place Marketing and the Politics of Urban Reinvention post-1989, 2011 ; et a assuré la direction de l’ouvrage Protest and Resistance in the Tourist City (avec J.Novy), en 2016. Voir https://www.ucl.ac.uk/bartlett/planning/dr-claire-colomb.


Tommaso Vitale   est professeur associé de sociologie à Sciences Po, et directeur scientifique du master « Governing the Large Metropolis ». Ses thèmes de recherche principaux s’inscrivent dans les champs de la sociologie urbaine comparée. Il a notamment publié des ouvrages et des articles sur les conflits et le changement urbain, la ségrégation spatiale, la planification spatiale des services sociaux, sur les élites et la gouvernance locale de la restructuration industrielle, sur le rapport entre innovation et inclusion.
Ses articles peuvent être téléchargés ici : spire.sciencespo.fr. Ses livres les plus récents : De la Ville à la Métropole. Les défis de la gouvernance, (avec C. Lefevre, et N. Roseau), L’œil d’or, Paris, 2013 ; Italia civile ; Associazionismo, partecipazione e politica, (avec R. Biorcio) Donzelli, 2016.


Francesca Artioli   est maître de conférences en aménagement et urbanisme à l’Université Paris Est-Créteil (Ecole d’Urbanisme de Paris) et membre du Lab’Urba. Elle a soutenu une thèse en science politique à Sciences Po Paris, qui portait sur les réorganisations territoriales du ministère de la Défense et les politiques urbaines de reconversion des sites militaires en France et en Italie. Plus récemment, elle a commencé à travailler sur les plateformes numériques, en s’intéressant tant aux débats sur les « sharing/smart cities » qu’à la capacité effective de régulation, par les gouvernements urbains, de ces nouveaux acteurs et activités économiques.


Christine Lelévrier  , est sociologue-urbaniste, professeure à l’Ecole d’Urbanisme de Paris (Université Paris-Est-Créteil) et directrice du Laboratoire Lab’urba. Avant d’entrer à l’Université en 2000, elle a été responsable pendant quatorze ans des études sur la politique de la ville à l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région Ile-de-France. Spécialiste de la ségrégation, des mobilités résidentielles et des politiques urbaines, ses travaux de recherche ont porté ses dernières années sur les effets sociaux des politiques de mixité et de rénovation urbaine des quartiers populaires et sur la gouvernance de la diversité en Europe. Parmi ses publications récentes : Divercities : dealing with urban diversity. The case of Paris, (avec A. Escaffre-Dublet, C. Rivière, G. Shokry) Utrecht University, 2016 ; « Casser le ghetto, chasser les pauvres ? Les effets paradoxaux de la rénovation urbaine », in T. Kirszbaum (dir.), En finir avec les banlieues, le désenchantement de la politique de la ville, Paris, Ed. l’Aube, 2015 ; Rénovations urbaines en Europe (avec A. Deboulet), PUR, 2014.


Patrick Le Lidec   est chargé de recherche CNRS au Centre d’études européennes de Sciences Po et enseignant à l’Ecole urbaine de Sciences Po. Ses principaux thèmes de recherche sont la recomposition de l’Etat, de la gouvernance territoriale et du pouvoir local, les politiques de décentralisation et de réforme des collectivités territoriales, la sociologie des relations financières Etat-collectivités territoriales, les transformations du travail politique.
Parmi ses publications : « Politiques de l’organisation. Les nouvelles divisions du travail étatique », (avec P. Bezes), Revue française de science politique, 2016 ; Les mondes du travail politique : Les élus et leurs entourages (avec D. Demazières), Presses Universitaires de Rennes, 2014 ; « Decentralisation and Territorial Reforms in France : How Constitutional Constraints Impact Strategies for Reform » in Changing Federal Constitutions. Lessons from International Comparison, ed. Arthur Benz and Felix Knüpling, Verlag Barbara Budrich, 2012.


Docteur en économie, ancien élève de l’ENSAE (École nationale de la statistique et de l’administration économique), Frédéric Gilli est lauréat du prix du jeune urbaniste en 2010. Chercheur associé au centre d’études européennes de Sciences Po où il enseigne, il est directeur associé de l’agence Grand Public, spécialisée dans l’accompagnement du changement. Il est l’auteur d’articles et ouvrages sur l’organisation des systèmes productifs et la géographie de l’emploi. Il a notamment travaillé sur la géographie des filières industrielles et des chaînes de valeur dans le bassin parisien, sur l’organisation de la métropole parisienne et sur la gouvernance du grand Paris et réfléchit à la façon de dynamiser les projets économiques et urbains au moyen de processus participatifs plus performants (Territoires et innovation, La Documentation française, 2012).
Publications récentes : « Grand Paris : l’émergence d’une métropole », Presses de Sciences Po, collection Nouveaux Débats, 2014, Paris ; « Deux France se feraient face ? C’est un peu rapide ! », Le monde, 27 avril 2017.


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