Institut des hautes études en développement et aménagement et des territoires en Europe




Accueil > Cycle de formation > Cycle 2018 > Session 1 / 11 - 12 janvier


Session 1 / 11 - 12 janvier

Société du bien-être et société du risque


Coordination scientifique
Jean Viard  

La recherche constante de l’amélioration de l’état de santé, et son corollaire, l’allongement de la durée de vie, sont considérés comme le marqueur essentiel du progrès. Ce qui était autrefois perçu comme relevant de la fatalité est désormais de plus en plus considéré comme un droit, le droit à une vie longue et en bonne santé, dont la collectivité serait comptable. L’universalité de ce droit, qui doit s’actualiser à tous les âges de la vie, se heurte cependant à la diversité des territoires. Il suscite également de multiples débats, symptomatiques des rapports complexes que nous entretenons avec la solidarité, mais aussi avec la science et l’autorité des experts, face aux risques dont l’évolution technologique est porteuse.

09 :00 – 09 :30
Sandra Moatti
L’Ihedate, mode d’emploi
Comment aborder cette année à l’IHEDATE pour en tirer le meilleur parti ?

09 :30 – 11 :00
Présentation des auditeurs (1ère partie)


11 :15 – 13 :00
Jean Viard  
Portrait d’une France qui change

La question posée à nos sociétés en évolution rapide, aux appartenances multiples, aux mobilités accélérées, aux vies longues, au travail court, aux individus autonomisés, est de comprendre leurs propres changements. Nous vivons en France environ 700 000 heures chacun, nous travaillons peu ou prou 70 000 heures après avoir fait, de plus en plus souvent, 30 000 heures d’études. Nous respirons 15 000 litres d’air par jour, donnons naissance à deux enfants après 4000 à 6000 étreintes. 89 millions de touristes sont venus en France en 2017 alors que nous ne sommes que 63 millions à y vivre à l’année. Et la durée de vie ne cesse de s’allonger... Il s’agit, à travers ces données, de bousculer nos représentations et d’écrire le récit des changements que traverse notre société pour favoriser ce qui nous tient ensemble.


14 :00 – 15 :00
Marie-Anne Montchamp  
Adapter la société au vieillissement et au handicap

Le nombre de personnes âgées de plus 65 ans devrait passer de 12,5 millions aujourd’hui à 19 millions en 2040. Il est plus difficile de chiffrer la population des personnes handicapées. Parmi la seule population des 20 à 59 ans, 4,6 millions déclarent soit une limitation fonctionnelle, soit une reconnaissance administrative, soit un ressenti du handicap, et 730 000 personnes cumulent les trois facteurs. Comment accompagner ces personnes dans leurs projets de vie ? Les enjeux d’adaptation sont considérables, en termes d’aménagement (adaptation des logements, des villes et des transports, nouvelles formules d’hébergement) en particulier dans les territoires les plus vieillissants, de prévention, d’accompagnement, de solidarité nationale et familiale (avec le soutien aux aidants)… La perte d’autonomie est un aspect fondamental, mais un aspect seulement, des défis qu’il faudra relever.


15 :00 – 16 :30
Pierre-Henri Tavoillot  
Brouillage dans les âges de la vie

Une sortie de l’enfance de plus en plus en précoce, mais une entrée dans l’âge adulte de plus en plus tardive ; une jeunesse adorée, mais qui peine à s’intégrer dans la vie active ; une vieillesse ennemie, mais plus durable et confortable que jamais. Comment penser le brouillage des âges aujourd’hui dans le contexte d’une vie plus longue ? Jadis les étapes étaient claires et les âges des statuts, presque des « uniformes » ; aujourd’hui tout devient mouvant et « négociable », à tel point que plus personne ne semble vouloir « faire son âge ». Quels sont les enjeux des métamorphoses contemporaines des âges dans la vie familiale, professionnelle et civique ? Que signifie être adulte dans ce contexte d’incertitude et de changement permanent ?


16 :45 – 18 :00
Élection des représentants des adhérents actifs au conseil d’administration de l’Ihedate


18 :30 – 20 :00
L’IHEDATE et l’association des anciens auditeurs de l’IHEDATE vous convient à un débat avec Stéphane Cordobès  , responsable des activités prospective stratégique et d’étude du CGET et enseignant en prospective au CNAM, autour du thème
« Faut-il sauver l’aménagement du territoire ? »


Vendredi 12 janvier
Ihedate, 28 rue Joubert – Paris 9ème
Salle de réunion, rez-de-chaussée

09 :00 – 10 :30
Didier Tabuteau  
Le système de santé français en perspective

Les défis auxquels est aujourd’hui confronté le système de santé français font largement écho à son histoire singulière. L’intervention portera sur les évolutions en cours et abordera notamment les relations entre les professions de santé et l’État, les mutations du monde hospitalier, les logiques qui structurent l’assurance-maladie et les développements chaotiques de la santé publique en France.


10 :45 – 12 :15
Gérard Lasfargues  
Évaluation des risques sanitaires : l’expérience de l’ANSES

Les risques sanitaires actuels liés aux expositions environnementales sont caractérisés par leur complexité et de nombreuses incertitudes. L’importance d’une approche intégrative des risques telle que pratiquée par l’ANSES sera illustrée à partir d’exemples concernant des risques émergents ou controversés (perturbateurs endocriniens, nanomatériaux, pesticides...). Comment communiquer et interagir avec les parties prenantes sur ces risques ? Le processus d’expertise doit intégrer les préoccupations sociétales pour éclairer au mieux les décisions et les choix de gestion découlant de l’évaluation.


12 :15 – 12 :45
Présentation des auditeurs (suite)


14 :15 – 15 :45
Daniel Benamouzig  
La régulation du secteur de la santé, entre État et marché

La régulation du secteur de la santé engage une multiplicité d’acteurs ainsi que le recours fréquent à des formes d’expertise scientifique. Les formes de la régulation ont singulièrement évolué ces dernières années, notamment à travers le renforcement de nombreuses agences sanitaires. Dans ce contexte évolutif, la régulation est parfois l’objet de contestations, voire de défiance. Elle sera interrogée dans une perspective critique et prospective posant, à partir d’une pluralité de questions sanitaires (hôpital, assurance maladie, agences d’expertise…), la question transversale des frontières de l’Etat et du marché dans le secteur de la santé.


15 :45 – 16 :30
Synthèse de la session


Les intervenants

Jean Viard   est sociologue, directeur de recherche associé au Centre de recherches politiques de Science Po (CEVIPOF). Ses domaines de spécialisation sont les temps sociaux, les campagnes, le tourisme et le politique. Il préside les éditions de l’Aube, dont il est le fondateur avec Marion Hennebert. Derniers ouvrages parus (aux Éditions de l’Aube) : Chroniques françaises (2018) ; Quand la Méditerranée nous submerge (2017) ; Le moment est venu de penser à l’avenir (2016) ; Triomphe d’une utopie. Vacances, loisirs, voyages : la révolution des temps libres, (2015) ; La France dans le monde qui vient (2013) ; Penser la nature. Tiers espace entre ville et campagne (2012) ; Nouveau portrait de la France. La société des modes de vie (2012).

Marie-Anne Montchamp   est présidente de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) depuis octobre 2017. Après avoir été consultante et directrice des ressources humaines, elle est élue députée en 2002, réélue en 2007. Elle est nommée secrétaire d’État en charge des Personnes handicapées en 2004 et fait adopter la loi du 11 février 2005 "pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées". Elle quitte le gouvernement le 31 mai 2005 et devient conseillère spéciale auprès du Président de la République. Elle est secrétaire d’État aux solidarités et à la cohésion sociale de 2010 à 2012. Elle préside également l’association Entreprises & handicap qui œuvre, avec les grandes entreprises, au développement de l’emploi des personnes en situation de handicap.

Pierre-Henri Tavoillot   est agrégé et docteur en philosophie. Il est maître de conférences HDR à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV), chargé de cours à SciencesPo et président du Collège de philosophie. Ses travaux portent sur les âges de la vie ainsi que sur l’autorité et l’art politique à l’âge démocratique. Il a été conseiller auprès du ministre de l’Education nationale (2000-2002), membre du Conseil national des programmes (1993-2004) ainsi que du Conseil d’analyse de la société (2004-2013). Parmi ses ouvrages récents : De mieux en mieux ET de pire en pire. Chroniques hypermodernes (Odile Jacob, 2017) ; La guerre des générations aura-t-elle lieu ? (en coll. avec Serge Guérin, Calmann-Lévy, 2017) ; L’abeille (et le) philosophe, (en coll. avec F. Tavoillot, Odile Jacob, 2015) ; Faire ou ne pas faire son âge (Ed. de L’Aube, 2015).

Didier Tabuteau  , conseiller d’État et responsable de la chaire santé de SciencesPo, est un spécialiste des questions de santé et de sécurité sociale. Il est également professeur associé et codirecteur de l’Institut droit et santé de l’université Paris Descartes, rédacteur en chef de la revue Les tribunes de la santé et codirecteur de la rédaction du Journal de droit de la santé et de l’assurance maladie (JDSAM). Il est ancien élève de l’École polytechnique et de l’ENA, docteur en droit et titulaire HDR. Il a publié ou coordonné une quarantaine d’ouvrages parmi lesquels Traité de santé publique (avec G. Brücker et F. Bourdillon, Lavoisier, 2016), Droit de la santé (PUF, Thémis, 2012), Traité d’économie et de gestion de la santé (avec P.-L. Bras et G. de Pouvourville, Presses de Sciences Po-Editions de santé, 2009), ainsi que trois Que-sais-je ? aux PUF, La santé publique, avec A. Morelle (2010), Les assurances-maladie, avec P.-L. Bras (2012) et Les droits des malades, avec A. Laude (2016)

Gérard Lasfargues   est directeur général délégué du pôle « Science pour l’expertise » de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), médecin hospitalo-universitaire et professeur de médecine et de santé au travail (Université de Paris-Est Créteil). Après des études de médecine à Paris, il a exercé comme médecin et professeur au CHU et à l’université de Tours et s’est spécialisé en toxicologie industrielle. Au cours des vingt dernières années, il a dirigé des travaux cliniques, de recherche et d’évaluation dans les domaines de la santé au travail et de la santé environnementale. A partir de 2007, il crée et dirige le département d’évaluation environnementale et de santé au travail de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) avant d’être nommé en 2009 directeur général adjoint aux affaires scientifiques de l’Afsset puis de l’Anses. Il est l’auteur de nombreuses publications dans le domaine de la santé au travail.

Daniel Benamouzig   est sociologue, chercheur au CNRS, au centre de sociologie des organisations à Sciences Po. Il est co-directeur de l’ITMO santé publique de l’Alliance de recherche AVIESAN (Alliance pour les sciences de la vie et de la santé). Á Sciences Po, il dirige le programme Santé du laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques (LIEPP-LABEX – avec H. Bergeron). Il anime le programme interdisciplinaire PRINCEPS de l’Université Sorbonne Paris Cité sur la thématique des crises et de la sécurité sanitaire. Impliqué auprès d’organismes publics dans le champ de la santé, notamment la Haute Autorité de Santé, l’Institut national des données de santé ou la Conférence nationale de santé, il participe à de nombreux travaux d’expertise. Il poursuit ses recherches sur les politiques de santé, l’économie et la gouvernance institutionnelle.